‹ Les camées parisiens (volume 2)Chapitre 46 sur 128 · SAINTE-BEUVE · texte numérisé non relu

SAINTE-BEUVE

Ce poëte qui, lorsqu'il était jeune, n'a pu obtenir rien de ce qu'il désirait, si ce n'est le don d'écrire de beaux vers, a tout obtenu dans son âge mûr : popularité, gloire, honneurs, et même la beauté, car le succès, le contentement intérieur, la joie du devoir accompli , ont éclairé sa tête naguère souffrante, poli l'ivoire de ses joues, allumé son regard et rendu ses lèvres aussi spirituelles, ses fiers sourcils — qui,

très-victorieusement , le dispensent de toute chevelure , — aussi beaux que ceqx de Boileau. D'ailleurs, dans le paradis des poètes, ce critique-poëte qui a si bien connu, pénétré et peint de main de maître le dix-septième siècle, n'aurat-il pas le droit, si cela lui convient, de s'asseoir à côté de ses maîtres, et de porter comme eux, pour achever d'ennoblir son nez tout moderne, la majestueuseperruque blonde àla Louis X IV ?

Page 1