‹ Les camées parisiens (volume 2)Chapitre 52 sur 128 · THERESA · texte numérisé non relu

THERESA

Cette célèbre cantatrice n'est certes pas laide ; on ne saurait l'être avec ce regard intelligent, avec ce sourire affable, et avec la conscience de posséder un talent de virtuose, qui, à cinq pour cent, représente un capital de trois millions ; mais, enfin, ce n'est pas non plus sous cet aspect un peu mâle et abrupte de figure comme taillée au couteau qu'on se représente Psyché enfant ou Salmacis ! Il ne faut

grand front plein d'orages montrent clairement que riche, heureux enfin, maître de son succès et de son art, propriétaire d'un beau château et d'un nom qui voltige sur les bouches des hommes, roi absolu du théâtre du Gymnase et du théâtre du Vaudeville, assez affermi dans sa tyrannie légitime pour pouvoir ne faire qu'une bouchée d'Edgard Poe et de Cervantes, ^t pour contraindre les poètes morts à lui gagner les droits d'auteur, — il ressent encore les souffrances passées du temps où les directeurs de spectacles, aujourd'hui ses esclaves ! lui refusaient ses pièces. 11 semble qu'il soit sorti meurtri de sa lutte avec cette pieuvre énorme et horrible appelée le Travail littéraire, et ses beaux cheveux sont de ceux qui consolent les gens chauves d'être chauves, car on voit que cette noire, lourde, charmante et fabuleuse chevelure le dévore !

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