‹ Les camées parisiens (volume 2)Chapitre 54 sur 128 · CATULLE MENDÈS · texte numérisé non relu

CATULLE MENDÈS

Avec son jeune visage apollonien, et son menton ombragé d'un léger duvet frissonnant que n'a jamais touché le rasoir, rien n'empêcherait ce jeune poëte d'avoir été le prince Charmant d'un des contes de madame d'Aulnoy, ou mieux encore d'avoir été dans la Sicile sacrée, à l'ombre des grêles cyprès et du lierre noir, Damoitas ou le bouvier Daphnis, jouant delà syrinx et chantant une chanson buco-

lique alternée, si ses yeux perçants et calmes, et sa lèvre féminine, résolue, d'une grâce un peu dédaigneuse, n'indiquaient tous les appétits modernes d'un héros de Balzac. Son front droit, bien construit, que les sourcils coupent d'une ligne horizontale , est couronné d'une chevelure blonde démesurée, frisée naturellement, et longue comme une perruque à la Louis XIV. C'est sans doute d'une pareille chevelure dorée, ensoleillée et lumineuse qu'était coiffé le fils de la muse Calliope, quand cet excellent musicienMéménageaitles arbres tout venus par un procédé élégant et économique dont il n'a malheureusement pas légué le secret à nos jardiniers actuels.

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