‹ Les camées parisiens (volume 2)Chapitre 58 sur 128 · MARIE DUPLESSIS · texte numérisé non relu

MARIE DUPLESSIS

C'est-à-dire laDame aux Camellias.

Même après le roman et le drame dont elle est l'héroïne, que de chefsd'œuvre a inspirés cette Parisienne d'une élégance si rare, dont la mort éveilla une profonde tristesse, et qui, par un miracle impossible à renouveler jamais, avait su conserver dans sa triste vie quelque chose de la simplicité et de la grâce virginales! Quelques lignes impérissables de Nestor Roqueplan la

montrent petite enfant, coiffée d'une tignasse ébouriffée et dévorant une grosse pomme rouge devant la boutique des pommes de terre frites. Et si vite elle allait devenir cette jeune fille dont le visage gracieux et chaste sous ses bandeaux plats, dont le long col de cygne , dont les grands yeux doux et rêveurs nous donnent malgré tout une idée de pureté, et dont le corps souple et mince semble si bien à Taise dans cette robe collante et sans ornements, à pèlerine plate, dont la forme ne convient qu'à une nonne ou à une duchesse ! Ah ! la Comédie moderne est d'autant plus compliquée et difficile, que personne n'y porte plus le costume ni même le physique de son rôle. Mais ici le visage ne ment plus, car cette blanche Marie Duplessis est vraiment devenue, dans la légende passionnée et vivante, quelque chose de mystérieux, de tendre et de suavement délicat et fragile, comme une fleur!

Cy finist la Deuxième Douzaine des nouveaux Camées Parisiens; c'est à

vous, Mesdames, que je les dédie encore, car il vous appartient de faire de rien quelque chose, par un seul regard tombé de ces beaux yeux où sont la douce flamme inspiratrice et les rayons qui donnent la vie.

TROISIÈME DOUZAINE

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