CORA PEARL
Ceci est une tête amusante, non pas belle comme celles de Niobé ou d'Hélène, — car ces petits yeux de feu enfoncés et rapprochés des sourcils^ ce nez au vent, ce front un peu large, * cette bouche aux plans accusés, ne constituent qu'une beauté de fantaisie, — mais aimable, originale, assaisonnée par tous les piments du ragoût moderne. L'énorme tresse qui fait diadème sur les bandeaux ondés par le fer,
représente bien le diadème d'une reine de la mode, et cette robe, toute envahie par une dentelle au dessin singulier et fastueux,, tel qu'aurait pu le faire une araignée qui serait fée, agace agréablement l'œil comme une muraille de PAlhambra. Puis, ô gloire sans égale ! Cora Pearl a introduit au monde cette teinture, grâce à laquelle une femme brune peut se donner le plaisir d'entendre un poëte comparer ses cheveux, devenus rouges et roses, à une rose du Bengale et à un voile de pourpre. Ne fût-ce que pour l'amour du rouge, 6 Cora Pearl, je vous salue !