DELAUNAY
Doué de la jeunesse éternelle, avec ces traits d'adolescent-poëte, avec cette lèvre gracieuse, avec ce regard qui s'emplit de ciel, avec ces dents qui ont l'air d'amandes blanches, il eût été beau, d'une manière abusive : aussi le Statuaire, considérant qu'il y avait là un excès, lui fit le teint un peu rouge et foncé, et inclina un peu de côté le nez, sculpté d'ailleurs avec une grâce irréprochable. Mais le soir, avec le
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blanc, ce visage redevient divin : c'est celui de l'Amour, celui de Dorante, celui de Cœlio, celui de Fortunio, celui de Perdican et celui de Valentin, éclairé par la pure flamme de la Poésie. Aussi, en voyant ce jeune homme dont l'attitude est rhythmée comme une vibration de lyre, trouve-t-on juste de penser que, devant une foule assemblée, sous l'éclair des lustres, il aura l'honneur inouï et fabuleux de pouvoir dire en se désignant lui-même :
Je suis Fantasio, bourgeois de Munich!