‹ Les Camées ParisiensChapitre 17 sur 54 · PAUL DE SAINT-VICTOR · texte numérisé non relu

PAUL DE SAINT-VICTOR

En regardant le célèbre auteur à' Hommes et Dieux, ne songeton pas à un de ces portraits du seizième siècle, au visage pâle, mieux accuse encore par des vêtements noirs ; à Y Homme au gant, par exemple, qui laisse dans l'esprit une impression si profonde? Il y a dans ces traits fortement accentués et qui restent calmes ; dans ce nez d'aigle, mais dont l'arête est large ; dans cette bouche ferme où

parfois s'ébauche un rapide sourire, la froideur du gentilhomme très -sévère pour tout ce qui touche à sa dignité, et jaloux de garder sa vie contre le flot des sottises courantes. En même temps, le front haut et vaste, malgré les ondulations d'une belle chevelure ; les yeux grands, saillants, lumineux, prompts à s'impressionner; les sourcils larges et fins pourtant; les tempes vastes décèlent .le grand artiste qui, en d'autres temps, peintre ou poète, eût donné la véritable mesure de sa force créatrice, mais qui, aujourd'hui, en cet âge de doute où péniblement s'enfante je ne sais quel avenir, croit avoir le droit de garder une sorte de réserve hautaine, et de montrer seulement par quelques échantillons, parfaits comme les plus pures médailles antiques, son incontestable parenté avec toute la vaillante race des inventeurs et des génies.

Page 1