‹ Les Camées ParisiensChapitre 26 sur 54 · LE PÈRE HYACINTHE · texte numérisé non relu

LE PÈRE HYACINTHE

Le mot de Figaro, affirmant que la misère Ta engraissé, est empirique peut-être, mais non pas tant qu'il le paraît, puisque ni les austérités, ni les veilles, ni les fatigues de l'étude n'ont pu empêcher le léger embonpoint qui, par une antithèse singulière, donne un caractère d'originalité inattendu au visage sérieux et sévère du père Hyacinthe, si calme et réfléchi dans les moments où les ardeurs et la passion

de l'éloquence ne lui communiquent pas cette vie tumultueuse dont l'effet est irrésistible. La largeur des joues dissimule un peu celle du front, vaste et lumineux pourtant sous sa courte et mince couronne de cheveux plats; mais la bouche, où la lèvre supérieure se montre de beaucoup la plus développée, est toute spirituelle; le menton, comme l'oreille fine, achevée et délicate, dénote une intelligence prodigieuse, et l'œil, quoique gonflé et rapetissé, % est éclairé par je ne sais quelle puissante vision. L'illustre prédicateur a commencé par être poète, et en lui , comme en tout orateur digne de ce nom, il y a un grand comédien : quel comédien doit être celui dont la parole a pu convaincre Marguerite Thuillier et Sylvanie Plessy, ces deux charmeresses qui donnaient la flamme et ne la recevaient pas !

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