‹ Les Camées ParisiensChapitre 8 sur 54 · EUGÈNE GIRAUD ET SON FILS · texte numérisé non relu

EUGÈNE GIRAUD ET SON FILS

Celui-là, Eugène Giraud, dont les portraits valent mille fois ceux que mon outil essaye ici de faire vivre, est bien l'homme de la peinture et de la poésie qu'il aime. Comme son œil aimable est brave! comme sa chevelure d'un dessin bien accusé, comme son nez hardi, sa lèvre virile et affable, cette taille déliée, svelte et mince, et cette moustache, et ce bouquet de barbe si récemment devenu blanc par une co-

quetterie du hasard, sont bien d'un heureux capitaine d'aventure à la Dumas, fait pour triompher toujours en se jouant, intrépide comme une épée, gai comme une chanson, ingénieux et varié comme les tons délicieux d'une riche palette! Et ?on jeune fils dont la beauté est comme un superbe épanouissement de force et de joie, avec son œil calme, son cou robuste, son visage de lutteur où foisonne un léger duvet, et sa chevelure bouclée, aux larges masses gracieuses et farouches, nous donne l'idée de ce que fut Héraclès enfant lorsque le vigilant Eurytos lui enseignait à tendre l'arc et lorsqu'Eumolpos Philamonide l'instruisait à assouplir ses doigts sur la lyre de buis !

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