M- ARNOULD-PLESSY
Des traits aristocratiques dans le vrai sens du mot, c'est-à-dire d'un grand caractère et faits pour les apothéoses durables de la Statuaire. Ces yeux proéminents et si bifen fendus, ce nez ui* peu long, à la bosse spirituelle, ces lèvres épaisses, minces du haut, fortement arquées et formant une toute petite bouche, ce menton fin, mais où pourtant la chair s'affirme, ce contour du visage qui échappe à l'ovale vulgaire, méritent que le sculpteur couronne sa belle tête d'une de ces coiffures immor-
telles et compliquées, faites de touffes, de tresses et de boucles, comme celle de la Diane de Poitiers, que le génie seul invente et qui semblent avoir existé réellement, tant elles sont plus vraies que la nature ! Oui, c'est ainsi que les Germain Pilon, les Jean Goujon et les Coysevox représentaient dans leur gloire les amantes des rois, grandes, fières, portant sur leur cou divin quelque joyau étrange et tenant dans leur longue main, aux doigts en fuseau, Tare d'or de la déesse Diane. A la Comédie, Sylvia, Célimène et Cydalise, madame Plessy (qui de son vrai nom se nomme Sylvanie) a toujours l'air d'être prête à dire au héros qui va entrer les mots magiques : « Je vous aime, » avec toute l'affectation qu'ils comportent, et nous devinons sans peine qu'en l'affaire dont il s'agit, ce Dorante ou ce Mario sera tout bêtement un Jocrisse, malgré sa triomphante mine de Chérubin adoré et son merveilleux habit luisant, sur lequel vient d'éclore tout un jardin de fleurs!