‹ Les campagnes de 1799. Souvarow en ItalieChapitre 2 sur 112 · ÉDITEURS · texte numérisé non relu

ÉDITEURS

3*), QUAI DBS GRAMD8-AUOU8TIN8, 35

Tout droUt réMrrét

INTRODUCTION

Pourquoi les campagnes de 1799 n'ou t-elles pas été, depuis vingt ans, étudiées avec toute Taltention que mérite un pareil sujet? Est-ce défaut de renseignements sur cette guerre ayant embrasé ritalie, la Suisse, l'Allemagne et les Pays- Bas? Est-ce la perspective d'une tâche ardue, d'un travail susceptible d'absorber plusieurs années qui avait empêché, jusqu'ici, les historiens civils de traiter un sujet aussi complexe? Plusieurs se sont ralliés, sans doute, à l'opinion d'un officier qui disait récemment: « Napoléon n'était ni à la Trebia ni à Zurich. On n'observait pas sa manière de combattre. Donc ces batailles ne peuvent nous intéresser. »

Le deuxième point pour le moins est inexact, car si Napoléon n'était pas acteur sur une scène où l'archiduc Charles et Souvarow faisaient manœuvrer les armées de la coalition, trois de ses anciens lieutenants commandaient en chef. L'on

INTRODUCTION

peut, d'ailleurs, s'en rendre compte, en suivant avec «attention les opérations conduites par Massena, Brune et Joubert.

L'étude de ces hommes de guerre et de ces batailles m'a intéressé à un si haut degré que, résolu à suivre les uns et h décrire les autres, dès 1895, je me mettais à l'œuvre.

D'abord, il était nécessaire de se renseigner sur la plupart des ouvrages publiés relativement aux campagnes précitées. Thiers, Jomini, Mathieu Dumas, Koch, qui, par la date même de leurs travaux, ne pouvaient se trouver en possession de tous les documents que nous connaissons, j étaient imparfaitement renseignés. Tout lecteur bien informé a cette impression. Bt notre génération ne trouve plus dans ces livres, qu'on qualifiait de « Précis », il y a un demi-siècle, à satisfaire son ardente curiosité qui s'alimente, trop peut-être, d'images et d'anecdotes. D'autres auteurs se sont livrés à des considérations politiques qui relèguent au second plan l'action militaire. Plusieurs ont traduit ou démarqué des auteurs allemands auxquels manque surtout la concision.

Des'publications faites à Tétranger, les Italiens n'ont donné, sur ce sujet, que des résumés. En Autriche, l'impartialité n'a pas été suffisamment

INTRODUCTION 111

■' ^^ • ' observée, par quelques auteurs, à Tégard des /e-p- Slaves, leurs anciens alliés. Les auteurs russes : Fuchs, Pelrouchewsky, le colonel Pétroff, Polevoï, puisant leurs renseignements dans les Mémoires, ont grossi démesuréments certains faits. De même, quelques historiens suisses se sont plu dans l'exagération, et enfin la Hollande n'a proeMt à\x\i, sur ces campagnes, aucun travail complet

et de longue haleine.

Une fois renseigné sur ce point, je me suis

'^' '' mis à la recherche des documents inédits, qui

>^'^* sont nombreux dans les archives françaises,

'"''• italiennes, autrichiennes et russes. Ces sources

f cir explorées, j'ai eu recours aux papiers de famille.

:.v/î IJn cahier inédit du marquis de Chasteler m'a

// fourni des indications précieuses.

'e. Ma méthode ordinaire de travail m'obligeait

)/• ensuite à parcourir les terrains foulés en 1798-99

r<' par les belligérants. J'étais à Brûnn, en Mora-

\'\- vie, le 9 avril 1900. J'ai pu retrouver là, grâce

'i aux renseignements du D' Bretholz, les traces

> des soldats de Souvarow. J'étais, le 11, à Znaïm.

( En quittant Vienne, j'ai suivi la route militaire

que parcoururent les Russes, à travers le Semme-

ring, pour gagner l'Italie. Comme l'avanl-garde

de Souvarow, j'ai traversé TlUyrie et les Alpes

Carniques en marchant dans la direction de

es m.

/iveiTi M

IMTRODUCTIUN

Vérone. J'îi\ais dtjù, en 18t)9, visité les champs de bîilaill<*. Je les visitai encore en 1901, pour établir des troquis, pour vérifier la valeur des caries publiées, |miii' reconstituer enfin en détail révolution cl Fatiion des armées.

(Juelquc délinile que soit la situation d'ua ïiutetir conlriiinU pour expliquer son œuvre, d'attaquer |dus |Kirliculièrenient Tun de ses prédécesseurs, le sniici de la vérité me semble devoir tout primer en liisloire. Aussi, î\ ceux qui pourraienl m'o|i|îoser les détails très circonstanciés de l'IiisLorîeiî russe \liliutin, il me faut répondre, qu'exact on Suisse, Miliutin a commis, en Italie, dans sou récit des campagnes de Souvarow, des erreurs t|ue roiivi^age que je publie aujourd'hui doit reetilier. Mais son livre renferme, dans la jKirlie doeurneii taire, des pièces prises aux areliives russes : guerre et affaires étrangères, qui peuvent être utilement consultées.

Vd, comme dans les aulres campagnes d'Italie, iUjh publiées, j'ai obéi à mon ordinaire ÎTn[Kirtialilp. ne me laissant entraîner par aucune passioiK ne \(nilaïit avantager d'un jugement favorable ni l<'s iirmées qui défendaient la cause de François II ri de Paul I", ni les soldats qui romhallaieni pour assurer' à la France la garantie de ses lil»erlés [publiques.

INTHODUGTlUfi V

J'ai voulu d'abord étudier la rHm[)agne d Italie, car Iti li^rrairi de ce pays m'est le plus familier* (tétait, d'ailleurs, le moyen de prendre Suiivarow, en avril I7WK an début d'une cam- [lagne qui lui fut si Favorable dans la Péninsule. "^^ I-a campagne d'Uelvélie, qui est écri le, paraîtra

^^^' incessamment. Leseamjïagnes d'Allemagne et de

^^^ Hollande sont à Té tu do,

^'^'f Des savants russes, aulrichieiis, ilaliens, se

^^ sont empresst^s de me renseigner etde me guider

'f^ au besoin, dans des tâches très laborieuses. Ici,

^' I je leur en exprime ma reconnaissance. Que les

^ arehivisfes fraudais reçoivent aussi rassurance

des obligations que j*ai conlniclées envers eux.

M, le prince d'Kssling a bien voulu m'accorder le droit de reproduire, parmi les pièces de sa belle collection d'estampes, un portrait de Souvarow, dont l'exemplaire est unique, je croiSr M, Gustave Bourgaîn a reconstitué, spécialement pour mon ouvrage, un t^pe de cosaque, avec le talent et T exactitude qu'on se plaît à reconnaître à Tartiste si bien documenté sur les costumes militaires. L'obligeance de M. Dumolin, ancien officier d'artillerie, auteur d'un remarquable Précis d'hi^siotre mi/if aire, et celle de M. Barrère, son éditeur, m'ont pourvu de documents grâce auxquels j ai pu dresser trois plans de bataille.

"n INTRODUCTION [^ \^^

J*ai pris moi-même la photographie du château Gonzague, à Mantoue. Enfin, une carte établie en 1790, par Ignace Heymann, permet de suivre les o pé ru lions,

Pour conclure: Je ne me dissimule pas qu'on pourrait apporter, demain, une nouvelle addition (te faits aux «Campagnes de 1799 » Il suffit qu'on produise, pour cela, des documents originaux et précis qui dorment peut-être dans la poussière de quelques papiers de famille. Aucun écrivain, en ert'et, ne peut prétendre avoir dit, en histoire, le dernier mot. Cette opinion s'appuie sur le jugement si sensé du professeur Harnack, qui a beaucoup pensé avant d'écrire ^

n Nous ne pouvons pas, en histoire, porter c ^"i jugement abï^olu. Quand nous jugeons les événements, il ne faut pas nous imaginer pouvoir '^1*1 prononcer un verdict absolu, comme résultat de : '^^ nos considérations historiques. » ,

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