‹ Les campagnes de 1799. Souvarow en ItalieChapitre 32 sur 112 · CHAPITRE IX DE VAPRIO A TURIN · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX DE VAPRIO A TURIN

Marche du corps de MoltschanolF. — Campement à Gorgonzola. — Souvarow quitte Vaprio. — Arrêt au pont du Lambro. — L'archevêque de Milan complimente les vainqueurs. — Entrée des Austro-Russes dans la capitale lombarde. — Rétablissement du -'é

régime impérial. — Souvarow se rend à Téglise Saint-Georges. -'^

— Le Te Deum au Dôme. — Conduite des cosaques. — Les alliés se dirigent vers le Piémont. — Concentration d'un gros corps devant Valence. — Les Russes sont battus à Bassignana. — Com- X

bat devant San-Giuliàno. — Occupation de Turin.— Investissement d'Alexandrie. — Le Gothard, les Alpes et une partie de >^ l'Apennin sont occupés par les alliés. -•

La victoire de Vaprio* était la iV que Souvarow remportait sur les ennemis de la Russie. Il revient à Chasteler l'honneur d'avoir préparé ce succès, obtenu après le passage relativement facile de TAdda et un combat dans lequel les Français n'avaient cédé qu'au nombre. C'était l'armée de Scherer qu'on venait de vaincre. Celle de Moreau pouvait se rallier et arrêter les alliés jusqu'à l'arrivée des secours attendus.

Souvarow, qui veut que le soldat s'amuse après le labeur d'une tâche bien remplie, eût traité volontiers Milan en ville conquise, comme il avait

1. Tous les historiens ont donné à la bataille du 27 avril le nom de Cassano; elle se livra pourtant à Vaprio. L'affaire de Cassano ne fut, le même jour, qu'une escarmouche.

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fait d'Ismaëliael de Varsovie, point pour s'enrichir des dépouilles, car le général « En avant » sortait les mains vides de toutes guerres. Il trouve une ferme opposition à ses projets, car M. de Mêlas rejoignit le généralissisme dans inzago et lui fit observer, sans ménagements, « qu'on ne devait pas semer des haines dans une ville dont S. M. Fran- <;ois II revendiquait la possession ». Et le comte Coseatelli, commissaire impérial, appuya de son autorité les paroles du maréchal autrichien.

Le 27 avril, le soir, pendant que Victor et (inmier traçaient des bivouacs à Test et au sud de Milan, Souvarow poussait son cheval à travers les sinuosités du champ de bataille. Le visage sombre, il se montrait sans pitié pour les blessés hurlant de douleur, sans regrets devant tant d'hommes égorgés. Arrivé devant Gevale, un hameau, où 2 bataillons Esterhazy, rompus de fatigue, venaient de faire halte, il criait :

— Baïonnette ! En avant !

Il se trouva devant le vaillant colonel d'Aspres, osant dire au vainqueur que les soldats autrichiens avaient marché pendant cinquante heures et ne pouvaient pas aller plus loin.

— Mes Russes vont poursuivre Tennemi! dit Bouvarow, qui marqua du mépris pour cette troupe hors d'haleine.

Entraînant Tétat-major, il cherchait, entre les vignes, la troupe prôte à seconder ses desseins. Une colonne d'habits verts roulait dans un chemin de traverse aboutissant à Cassano. C'étaient des fnnlassins placés sons les ordres du major Moltsehaiioil; son régiment de cosaques suivait. Sou-

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varow faisait changer cette troupe de direction, pour qu'elle allât vers Milan, afin d'exterminer l'arrièregarde française; puis Wasiliewitch retournait très vite à Vaprio.

En homme prudent, Moltschanoff s'arrêtait derrière les bois et prenait une formation de route. Ensuite, il poussait en avant quelques cosaques^ traversait la plaine de Bellinzago et ramassait une dizaine de traînards. Comme la nuit tombait, il s'arrêtait à Gorgonzola, gros bourg qui couvre le pont de la Molgora. Dans Tobscurité, ses vedettes battaient Testrade; et, le 28, au point du jour, la troupe d'avant-garde reprenait les armes. L'infanterie, qui suivait une sotnia de cosaques, passait à Vignate, à Pioltello et se massait, avant midi, devant la porte Orientale, quand Milan avait déjà reçu quelques éclaireurs d"es alliés.

Ce fut à neuf heures du matin que, venu de Novegro, le major Luccioni passa sous la porte orientale avec 6 hussards autrichiens et 4 cosaques. Le pistolet au poing, cet aventurier alla jusqu'au Dôme^ sans qu'un partisan des Français osât se montrer". A onze heures, uu peloton de 14 cosaques, pointe du corps de Moltschanoff entra par la même porle, entendit des acclamations. Le peuple, qui voulait donner aux alliés des gages de dévouement, abattit la statue de Brutus, place des Marchands, après avoir jeté par terre les arbres delà Liberté -^ Arguant leur désir de prendre part aux joies que leur causait la délivrance du Milanais, les com-

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