Arch. Atf. étr. Registre 258, p
3. € Branda Luccioni entrait dans une place avec sa troupe; il commençait par abattre l'arbre de la Liberté, à la place duquel il plantait une croix; il allait trouver le curé, se confessait et communiait. Son corps nïtait point oublié; il mangeait bien et buvait avec une grande dévotion, au point que l'armée chrétienne voyait souvent chanceler le saint homme. Deux capucins lui servaient de secrétaires: il avait pour gardes du corps des curés et des moines de toutes couleurs portant fourches, pioches, pistolets et crucifix. » (Botta, IV- vol., p 24 et 25.)
4. « Le prêtre Gontier, ancien recteur du Petit Saint-Bernard, suivi d'une cinquantaine de paysans déterminés, se présente le soir
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défense et approvisionné ^ quand, le 8 mai, les routes d'Asti, d'Acqui, de Tortone, de Valence et de Casale sont coupées. Le 9, à Bosco-di-Marengo, 40(1) paysans entourent un détachement de 20 soldats char{3;(^s d^emp^cher le trafic de la contrebande; ils les désarment, les maltraitent, les dépouillent jusqu'à les laisser nus sur la place publique. Sans la pitié d'un bourgeois qui, après le départ des insurf^i>s, reciieillit leurs victimes et les vêtit, celles-ci se IroLivaiont dans la plus triste situation.
EncouragéB parce succès, les insurgés enlevèrent, le 10, en ruse campagne, 50 chevaux à un régiment de cavalerie-. On ne put châtier ces révoltés, car, informés h temps de la marche d'une colonne volante chargée de mettre un terme à leurs violences, ils disparaissaient dans les bois, enterraient leurs armes, retournuient h leur charrue et jouaient,
lUi :i ïiiAi Hnvanl ïc fort de Bard. On somme la sentinelle qui gardait le jKint'Ievts lïc céder le passage sous peine d'être fusillée siir-le-cîmnip* Eirmyée en voyant plusieurs fusils levés sur elle, elle livre le p^isï^jï^^e. Plus loin, la troupe de Gontier rencontre une aulre sentinelle ipiu sommée avec une égale résolution, livre aussi le i^hemin. t^ti atteint le fort en quelques minutes, où personne n'êtfiit préparé h la résistance. Gontier demande d'être mtroduit aupréH du rmiiuiarulant qui s'appelait Demarguin. Bien escorté, il pénèlrt? dan?^ une t^hnmbre où le commandant soupait : « — Comjnrmdant, toutp résistance est inutile, nous vous demandons les rieh du fort, n Le capitaine répondit par quelques paroles euibarrftsFées; puis, réllt>\li)n faite, il ordonna d'apporter les clefs qu'il remit aux paysans ssur un plat de faïence. » {La TeiTeur sur les Alpeiiy par F. Fennil. p. 130.Î
i. « Après la iléf^ite de Moreau, après que deux barques réquisilîoTim*es h Alexandrie eurent transporté à Pavie 1.300 charges d'nrtîlleriejes Français augmentèrent la garnison de la ville, les approvisionnenicnlR destinés aux hôpitaux qui furent les couvents de Saint-Man:, de l'ozzolo, de la Madeleine, Saint-Martin, Sainte- Thérèse et Saint-Jneques. Courtes, commissaire des guerres, pourvut, le & nm, laciludelle pour six mois de vivres et de médicainenls, ^ fArrh, d'Alexandrie. Manifestes et proclamations de i an VILj
â. Lettre de (iardanne à Moreau. (Arch. Guerre).
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devant la police chargée deTenquôte, rhébôtement du villageois tranquille, qui ne sait rien.
Carra Saint-Cyr et Musnier, partis d'Alexandrie pour se rendre à Gênes, avec quelques soldats, sont arrêtés entre Rivalta et Montalti : 500 paysans, sortis d'une gorge des Apennins, font un feu très vif qui décime les cavaliers et abat plusieurs chevaux. Le détachement dut rétrograder, se réfugier dans Castel Nuovo, abandonnant ses bagages à Tennemi.
Les Piémontais révoltés fermèrent ainsi la plus grande route delà Ligurie. Et sur d'autres points ils attaquèrent leurs compatriotes enrôlés au service de la France ou assez courageux pour défendre leur patrie contre les convoitises autrichiennes. Le 12 mai, à l'arrivée de la 2' demi-brigade piémontaise dans le village de Piscina, un prêtre sonna le tocsin. Les soldais, exténués de fatigue, sont entourés, frappés; ils se réfugient dans une masure et s'y défendent pendant deux heures contre 300 insurgés. Le chemin de Pignerol, où ils se rendaient, étant coupé, ils se replièrent vers Scalengue, abandonnant 1 capitaine, 1 sergent tué et 3 hommes blessés. Heureusement que le bataillon vaudois, fort de 600 hommes, se trouvait sur la route, pour recueillir les vaincus. Afin de tirer une éclatante vengeance de Tattentat commis, le citoyen Niboyet, qui commandait la place de Scalengue, et le lieutenant Rossignoli formaient une colonne d'attaque composée d'infanterie. Soman, chef d'escadron du 3' régiment de cavalerie piémontaise, arrivait à Scalengue, dans la soirée, bivouaquait à côté des fantassins et les llanquait le lendemain. Le 13, au point du jour,
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ritiil au soldai, thi seuil de son logis, et lui offrait dos vivres. Si Thomme, souvent affamé, Técoutait, il *HaiL entraîné dans un réduit, égorgé s'il n'avait pu se niellre assez vite en état de défense, et, sur le crtdavre, avant de s'onfuir pour éviter les représailles, lassassin épinglail une cocarde blanche ou le portrait de Louis XVL
Geites,aucun général de rarméed'ltalie n'aurait su faire face a tant de dangers. Tous se fussent perdus par Ifiurs inipnidences ; et, libre de ses mouvements. Sou varou aurait pu franchir les Alpes, lancer ses cosaques sur la route de Paris. La France aurait été réduite à implorer une paix sanctionnée au prix de ses libertés et peut-être de son démembrement. Or, Moreau la sauva de ce péril, avec cette fermeté, celte audace, cette prudence qui étaient les signes distinctils de son caractère et qui lui valurent Tadmiration d'une armée que le Directoire abandonnait alors ïi ses propres moyens, dans la plus cruelle des épreuves.
Grouchy qui, comme chef d'état-major, remplaçait momentanément DessoUe envoyé à Gênes, faisait expulser du Piémont tous les volontaires de Nice et de la Savoie attachés h l'armée. Cette mei^ure, ordonnée par le Gouvernement français, nous* lit de nouveaux ennemis ^
Alexandrie blocjue, les colonnes mobiles se con-
1. *« «juidÉa par des ùfthiiirs de l'ancienne armée piémontaise, Niçanïs et Savoyards qui h malgré leur conduite distinguée aux aflâîres 4e l'Adiré, avaitml, par arrêté du Directoire, été expulsés de di'S^tius nos drap(?aux, sous prétexte qu'ils étaient émigrés ; guidés par ces orfit^iern, les insurgés coupaient les communications entre rarmt^e et ïa Frani'e (on fut près de cinq semaines sans pou- ^''oir y donner ni en recevoir de nouvelles), affamaient l'armée en
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centraient à Asti*, Fiorella invitait, par une proclamation, ses compatriotes à déposer les armes; mais on ne Técoutait point. Le fait du capitaine Marie, de la i'' légère : remise du fort de Ceva aux insurgés, plaçait encore dans une situation dangereuse le général Moreau qui traita durement son subordonné 2. Les Autrichiens joignaientles paysans réfugiés dansTApennin. La montagne se couvrait de poste, et il fut très difficile de rouvrir aux colonnes
lui enlevant tout moyen de subsistance, et interceptaient ses con> vois afln de nous bloquer de toutes parts, nous faisaient sur nos derrières une petite guerre aussi bien entendue que meurtrière. » {Cahier de Grouchy. Arch. Guerre.)
1. Ordre de marche : « Le 15 mai, Fressinet se rendra à Villanova, & la tête de ses troupes, à l'exception de 2 compagnies qu*ii laissera à Carignan, si le bataillon de la 20' légère n'est pas encore arrivé. 11 trouvera à Villanova 6 compagnies de la 63' de bataille,
1 escadron du 18* chasseurs et 1 pièce de canon. Ces troupes, organisées en colonnes mobiles, marcheront vers Asti, dissiperont dans les communes les paysans soulevés. Asti sera le centre de toutes les opérations.
« Même ordre à Musnier, qui se rendra à Asti, prendra le commandement d une colonne mobile composée des 33* de bataille,
2 escadrons du 12* dragons et 1 compagnie de grenadiers de la 107*. Il se portera sur TAlbe, Casaie, Carmagnole et les communes insurgées. Après avoir terminé de ce côté, il repassera le Tanaro et se portera dans les provinces d'Acqui afin de disperser le soulèvement. » (Arch. Guerre.)
2. Marie écrivait au général en chef. « Coni, le 5 prairial an VII. — Je suis le malheureux officier auquel le sort de Ceva avait été confié, mais dans des circonstances si malheureuses qu'il avait cru devoir Tabandonner, sans se déshonorer ; je suis cependant un coupable. Un militaire de ma position ne saurait vivre avili aux yeux de ses frères d'armes, quand môme il aurait pour lui la conduite la plus irréprochable. Je sens qu'il est de ces cas où il faut des victimes; les moments actuels en demandent sans doute, et je dois en servir plutôt que tout autre, puisque mes infirmités rendent mes membres mutiles à ma patrie. Je n'entreprends de me défendre que pour sauver mon honneur et celui du peu de Français qui ont partagé mon sort au fort de Ceva.
« Ayant brisé mes crosses, je suis censé être dans les fers ; c'est dans cet état que je vous prie de vouloir bien m'écouter vousmême un seul instant ou de nommer un tribunal militaire pour me juger. Je ne vous recommande que mon honneur; je dois moimême me faire raison de la vie. » (Arch. Guerre.) En effet, Marie se suicida.
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mobiles, les communications entre Asti et Gènes.
F*ar exemple, Victor veut passer des lignes du Tiinaro en Ligurie avec 10 bataillons chargés d'aller attendre, vers Rapallo, Tarmi^e du général Macdonald. Sans avoir pu s'approvisionner dans Alexandrie, où régnait la disette, le divisionnaire suit la route de Savone, Le 19 mai^ des remparts d'Acqui, les insurgés fout feu f*ur Pétat-major qui formait l'avant-garde, Raoust, chef de bataillon, commandant la 99% est blessé; 5 officiers sont tués ; le tocsin sonne dans la ville ; les clameurs et les insultes d'une populace armée se font entendre. Les Français n'ayant ni canon ni écheile, on ne peut prendre Acquî. Il faut se retirer, changer de direction, traverser les montagnes boisées, dans Tobscurité, franchir vingt obstacles, descendre à Bistagno, passer le Hormida sur trois points, à des gués, en présence de paysans armés, qui épuisèrent leurs munitions avant de se retirer. Un second arrêt eut lieu devant b*s portes de Dego; contre ces portes, barricadées, on emploie des haches ramassées en chemin; 2U0 révoltés, attardés dans ce bourg, y périssent; le feu dévore 10 maisons, vengeance de soldats exaspérés, qui n*avaient pas mangé depuis vingtquatre heunts.
A ceux qui réclamaient des vivres, un paysan iadiquait les magasins du Cairo. La troupe se remettait eu marche à cinq Injures du soir, le 20. Elle mnrcliait lentement» au delà de Rocchetta, sur les déclivités de TApennin et dans la vallée, en échiirant ses lianes pour éviter toute surprise. Vers dix heures du soir, une vive fusillade arrêtait Teiâcorte de Victor, On s'apercevait que Cairo était
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bien gardé par l'ennemi. Re poussés, les Français bivouaquaient devant la place, qui était évacuée le lendemain, à Taube. Quelques habitants étaient punis de leurs complaisances envers les insurgés ; le soldat recevait du pain, et, à midi, la troupe allait, tambour battant, vers Savone. Derrière elle, une colonne mobile assiégeait et prenait Acqui, Bistagno et Cairo réoccupé par des Piémontais, ville où les municipalités payèrent le prix du sang versé, très cher.
Des éboulis avaient, dans la montagne, obstrué le chemin du col de Tende. Moreau décida qu'on le rouvrirait afin qu'il pût conduire par là sa retraite, si un grave échec le chassait, au premier jour, des plaines du Piémont ^ Mais avant d'exécuter ce travail, il fallait se rendre maître de Mondovi. Le 18 mai, G rouchy dirigeait 8 bataillons vers Ceva. La hauteur des eaux du Tanaro empêcha ces troupes de franchir le gué d'Asti. Toutefois, Gareau, qui conduisait, d'autre part, 1.300 hommes, pénétrait, le 20, dans le faubourg de Breo, dernier et bas
1. Moreau au Directoire : « Finale, le li prairial (3 juin). — L'affreuse prise (le Ceva m'a forcé à entreprendre d'entrer dans la rivière de Gênes par des chemins auxquels personne n'avait encore songé. Si j'en tire le parc, ce sera une espèce de miracle opéré par entêtement et les efforts extraordinaires de l'armée. Tout semblait conjuré contre nous, jusqu'aux éléments, obligé de faire du chemin à travers des précipices affreux ; un ora^e avait détruit notre travail de deux jours; il a été tel que plusieurs voitures, hommes et chevaux, ont été entraînés ; on y a vu de malheureuses vivandières y abandonner leurs enfants ; personne n'a perdu courage ; on a recommencé les travaux avec une nouvelle ardeur, et malgré tous les obstacles et la pénurie des vivres, j'espère que nous en sortirons, sûrement avec des pertes, mais remportant au moins le plus précieux. Obligé de me rendre à Gènes pour établir mes relations (avec la flotte placée sous le commandement de Brueix), l'armée de Naples et la République française, interceptées depuis longtemps, j'ai laissé le convoi sous la conduite du général Grenier. » (Arch. Guerre.)
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quartier de Mondovi qui couronne un coteau, de sa vieille bourgade. One lutte terrible s'engageait entre Républiciiins et Royaux. Le chef de brigade Lacalle restait parmi It»s morts; 300 Français tombaient morts ou blet^sés. L'ennemi, forcé dans les ruelles, expulsé des maisons crénelées, se retirait k Ceva, où il était bientôt attaqué de nouveau,
Grouchy avait, i.m apprenant la prise de Mondovi, porté 4 bataillons fi Leî^e^^no, prèsde Ceva. Défilant sur un pont du Tiinaro, ses soldats abordaient 8.000 paysans qui garnissaient les hauteurs de Faya, Bagou et Te^^ta-Nera. Une charge à la baïonnette les en ayant expulsés, ils n'abandonnaient que 2 liommes tués.
Ceva, Moudovi, Acqui, étant garnis de soldats républicains, Tinsurrection piémontaise paraissait vaincue. Ses chefs n'avaient plus ni argent ni munitions. On vît alors des centaines de révoltés, qui avaient détruit ou caché leurs armes, s'enrôler comme travailleurs pour déblayer le chemin de Tende, demander du pain qu'on ne trouvait plus dans les campagnes dévastées. Mais si les routes de Nice et de GAnes étaient enfin rouvertes, Souvarow était déjà en Piémont, publiant son dessein d'anéantir les débris de l'armée française.