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l'armée de NAPLES 227
15, on put occuper Parme, cité que le général Knesovvich venait d'évacuer précipitamment*.
Sur ce terrain, les soldats du général Ott, difficilement rassemblés, battirent en retraite, précipitamment, sans combattre. Leur retraite ressemblait à une déroute, car ils s'exagéraient le nombre de leurs ennemis. Kleneau, après avoir battu à San-Giovanni, le 13, une colonne française, remontait vers le nord. Des paysans ayant abandonné leurs demeures, suivaient les fuyards. Un corps, tiré de ces troupes qui faisaient le blocus de Mantoue, devait se jeter, pour sauver au moins HohenzoUern, sur le liane droit de Macdonald. Celui-ci, informé de cette disposition, eut un moment le projet de marcher contre le lieutenant de Kray, d^Elsnitz, pour l'écraser. Les conseils de son état-major l'en détournèrent. Il se contenta d*abord d'envoyer, par un espion, des nouvelles à Foissac-Latour et ensuite de serrer sa ligne du côté où elle pouvait ^trc attaquée, au milieu d'un mouvement ; mais elle ne le fut point.
Le 15, la division Victor put rejoindre le gros de l'armée de Naples, dans Borgo San-Domino. Les embrassades durèrent toute la journée entre frères d'armes qui se promettaient la victoire. Un régiment rappelait la bataille de Modène ; l'autre, celle de Bassignami. On mettait déjà Souvarow dans les fers et ritalie à contribution; les vieilles formules républicaines se criaient autour des bivouacs. Victor ignorait en quel lieuse trouvait Moreau, qu'il avait quitté le 18 mai, à Asti, pour cheminer par Acqui,
1. Le 12 juin, Ilolienzollern avait envoyé le colonel Rnesowich occuper ï*arme avec 2 escadrons de hussards Archiduc- Joseph. Dans la nuit du 13 au H, le colonel se retira vers Borgo-San- Domino. (Chasteler, p. 92.)
228 LES CAMPAGNES DE i799
Gênes et Garcare, jusqu'à Pontremoli, point où il avait gardé une attitude défensive en attendant que parussent, dans l'Apennin, les troupes de Macdonald. Le soir, on réglait une marche bien ordonnée, vers Plaisance ^
Victor entrait à Plaisance le 16, à trois heures du soir^. 11 taisait bloquer le Château, garni de bonnes troupes '\ par 2 bataillons polonaise II laissait dans
1. Mouvement général de Tarmée. Salme, qui conduisait toujours Tavant-garde, irait occuper San-Nazzaro, Bute-di-N ura ; il entrerait à Borco et à Gerbi avant d'envoyer des reconnaissances de cavalerie vers Ronco, Plaisance et Gastel-Vetro, pays situés en face de Crémone, d*où Ton pourrait surveiller ou garder les ^és du Pô. Salme exécuta parfaitement toutes les mstructions du général en chef; mais, enivré de son succès et emporté par son ordinaire audace, il commit, le soir, l'imprudence de charger, à la tète de 20 officiers et ordonnances, un gros de dragons autrichiens qui se repliait lentement ; il reçut un coup de sabre dans cette équipée et faillit être pris. Dans 'un moment critique, son courage et le sang-froid de ses aides forcèrent les ennemis à se retirer.
Victor avait, dès le matin du 16, formé 2 colonnes qui, marchant  grande allure, balayaient le terrain des deux côtés de la route de Parme, atteignaient l'arrière-garde du général Ott, la harcelaient, la chassaient d'Asteno, puis de Fiorenzola. Les Français arrivaient à Plaisance à Theure où, sous la protection du canon du ChAteau, un groupe de sapeurs autrichiens repliait, h la hâte, sur la rive gauche, un pont jeté sur le Pô quelques jours auparavant, et laissait ce matériel aux mains d'un détachement du régiment de Stuart, qui venait de sous Mantoue.
Rusca et Dombrowski avaient suivi les troupes du général Victor et accompagné, à travers le pays insurgé, le train des équipages, qui partait de fiorgo-San -Domino et s'arrêtait dans San- Giorgio délia Nura.
Ce jout*, pour assurer la parfaite exécution du mouvement général, Olivier et Montrichard allaient prendre position le long du Taro. De leur camp, rapidement fortifié, ils devaient surveiller les mouvements dos troupes qu'employait de Rray, s'opposer au passage du Pô, détniire les barques et réprimer la révolte des pavsans. (Arch. Guerre.)