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BATAILLE DE LA TRBBIA 26i
Tuna. Alors, sans qu'une hésitation ou un flottement se fût produit dans les rangs, la 2' légion traversait obliquement le lit de la Trebia et se trouvait à dix heures et demie sous le feu des canons russes, sans éprouver do grandes pertes, car son artillerie, manœuvrant h la hauteur des colonnes d infanterie, appuyait Taction de lavant-garde el n'avait pas de peine à éloigner un ennemi qui, fatigué d'une marche nocturne, se traînait en désordre, sur le rivage. Dombrovvski faisait galoper son cheval entre les compagnies et recommandait :
— Polonais, n'épargnez pas les oppresseurs de votre patrie !
Rivalta, un village bordant le chemin de San- Giorgio, était emporté h onze heures. Les Russes, expulsés du village, allaient garnir 3 cassines élevées dans la plaine de Gazzola ; ils pouvaient arrêter, par leurs feux croisés, cette marche audacieuse qu'accomplissait Dombrowski ; ils accumulaient des troupes derrière une coupure du terrain pour n'ôtre pas débordés à l'extrême droite ; mais cette concentration, rapidement exécutée, laissait ouvert, entre la gauche de Bagrationet la droite de Schweikowski, un espace de 1500 pas, large brèche où entrait incontinent la division Rusca.
A Tordre impérieux que lui envoyait Souvarow arrêté dans Gragnano, Bagration reprenait rolfensive vers deux heures du soir; il était soutenu, dans cette action, par des hussards autrichiens et par des canons de la réserve. Son immense efl'ort, fait surla troupe polonaise déjà retranchée, réussissait enfin, mais au prix de pertes énormes. Dombrowski étant blessé, sa troupe se retira derrière la
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Trebia. où elle resta i m mol) j le, d'une fière conte-
nanee encore, alors que, h sa gauche, la nuée des *
cosaquei^ traversait rapidement le fleuve.
(loinruandani \v centre de l'aile gauche, le général Rusca, qui avait d^Haefié la 55' et le V"" bataillon | de la 97". troupes com m and res par Dargou bel, pour SMU tenir b*s Polonais, desct^ndail. à ilix heures, le^ berces de la Trebia, h 500 'mètres en aval du lien ou pii*isait Donrbrowiïki. Sa troupe entrait, par là, , dans la âoïw- iIu leu ties batteries de Sehweikowski, 14 |»itVes bien servies et bien abritées derrière des épaulements. Les boulets de i et de 8, frappant le gravier qui forme le lit du torrent, rirocliaient et allaient faire d'bori'ildes trouées dans le front des compagnies répuhlieaines, inaitUenneïî trop serrées; el celles-ci, décimées, ne tardaient pas a s'arr<Mer,
On s'échelonnait et on s'abritait derrière urn* île couverte lie brousailles; on penlait là d<*u.v heures h reformer pour laltaquedes bataillons désorganisés p1 aiïoh'*s par ce î'vn violent, il tuer les artilleurs ,
d c Te n n e m i , a p I ace r a van taj^e use ment une hii tter i e qui tira ï\ mitraille, grélea dn projeetilej* sous lesqui^ls fondait un bataillon d 'in l'an terie russ*\ A midi, quand un coup de vent eut chassé les fumées de la poudre, Lacroix voyait que, devant lui, une bandr* de terrain avjiit été laissée sans défenseurs. (Je fut lu trouée cm il allait s'enfoncer. Entraniant les *i bataillons de la 55'*, séparés des Polonais, après avoir franchi !e deuxième liras d(^ la Trebia, pris des canons et fait nettoyer la ber^^e, k droite, [>ar une charge de cavalerit% Il poussait sur Tuna, traversait un champ de seij^le, attaquait sur son flanc
gaurho et en arrière le régiment de Rosenberg qui, surprisau repos, perdit sous les baïonnettes françaises un quart de son effectif. La panique qui s'empara des survivants donna Talarme au prince Constantin. Promptement, il fit placer en crochet 2 bataillons de la réserve russe. Le chef de bataillon Ledru, commandant la 55% fonçant sur eux, les rejeta en quelques minutes, sur des cosaques, qui, ne pouvant manœuvrer de ce côté, h travers l'obstacle des fossés et des haies, n'arnHaient pas leurs adversaires.
Chasteler accourait au bruit de la fusillade et voyait qu'une seule division française allait couper en deux l'armée austro-russe. 11 fallait, à la hâte, pour repousser les vainqueurs, jeter sur eux des forces considérables. Comme les Polonais s'étaient repliés et ne lui donnaient plus d'inquiétudes, le quartier-maître envoyait dire k Bagration d'arrêter sa poursuite, de faire évoluer vers la Nura des cosaques, ce qui occuperait encore Dombrowski, et de marcher par sa gauche en bataillons serrés, ce qui fut exécuté sur-le-champ. Puis Chasteler fut chercher,, et il ramena de Casaliggio, 2 bataillons frais, du corps de Schweikowski, 3 bataillons de Fôrster et toute la troupe des dragons de Levenher. Assaillie de front et sur ses deux ailes à la fois, la division Rusca se défendit pendant vingt minutes, avec courage, plia enfin sous le nombre des agresseurs, abandonna dans sa retraite les 4 canons pris à Tennemi et ne repassa la Trebia, après trois arrêts, qu'au coucher du soleil.
Un trait d'héroïsme montre ce que valaient les soldats de ce corps. Le 2" bataillon de la 55* était chargé de protéger la retraite. Se trouvant exposé, tout à coup, au feu de 2 pièces de canon qui échar-
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paient ses rangs, le sergent Plomion et 30 soldats de bonne* volonté furent envoyés pour s'en emparer. Cette poign(^e d'hommes sort d'un ahri, parcoure un terrain balayé par les ])rojectilr?i, traverse une colonne russe et s'empare des canons. Aussitôt, assaillis par l'ennemi * ï^es braves lui résistèrent. Ayant vu tomber tous ses camarades, le serg^^nt Plomion dut baKre en retraite, tout en combatlant; il allait rejoindre son bataillon, lorsqu'il s »m tend il apptder A qif il aperçut, au niîlien des Russes, son porte-drapeau qui, étant mortel lemenl blessé, essaie, en vain, de repiendre Télendard (ju*on lui avait enlevé. Plomion se porta à son secours, se lit jour avec la crosse et la baïonnette, arracha le drapeau des mains d'un soKIat ruï^s<% et, sous une grille d<* balles^ il rentra daii^ les i-augs du 2' bataillon, sans avoir été blessé. Le drapeau remis à son sergentinajofj Plomion retourne au nombat ; mais blessé, cette foiSj il tomba vi tut ramas!4é par r^nnemi, sur le champ de bataille.
Plus à droite, la division Victor i'oulait, à di\ heures vingt, le lit du torrtmt, mais ses lignes
s'étant trop étendues, etlf^ <li»vait disputerlongtemps k de Tinfanterie bien postée la possession des berges de la rive gauche; elle s'établissait dessus, à midi, et s avançait ensuite en :i colonnes tlanquées d artillerie, dans la direction de Zerboglia, On lui opposait successivement : des tirailleurs, des groupes de cavaliers, puis la ^^rucbe du corps de Schweikowski et une partie de lu division FrOhlicb. Victor forçait ses soldats a demeurer, sous un soleil ardent, dans une sorte de triangle entouré de feux. L'épuisement des munitions, des (lertes énormes, la
lassitude des soldats, peut-^tre aussi la crainte d'entendre le « Sauve qui peut! » affolant une armée, furent autant de facteurs qui déterminèrent Victor, pour éviter la déroute, à exécuter une retraite assez lente, que Fennemi voulut suivre et inquiéter ; il la suivit, en effet, derrière un bataillon qui ne se laissa ni déborder, ni entamer; et Tartillorie força Rosenberg de s'arrêter sur la rive gauche du fleuve, où il demeura en observation, pendant qu'au camp français, derrière la Trebia, se réfugiait la foule dos vaincus. 11 était sept heures du soir lorsqu'on tira, de ce côté, le dernier coup de fusil.
Des opérations conduites avec plus d'ensemble, une parfaite cohésion entre les régiments et l'emploi d'une division qui resta l'arme au pied, à partir de trois heures du soir, eussent rendu l'aile gauche victorieuse, au contraire des Austro-Russes qui ne triomphèrent par là qu'avec peine et louèrent, comme il convient, la ténacité des soldats de Victor, dignes d'un meilleur sort. Victor n'avait fait, d'ailleurs, qu'exécuter les instructions de Macdonald. C'était là son excuse, et c'était bien h son chef que remontait la responsabilité de l'échec subi.
A la droite de l'armée de Naples, lorsque, à l'heure fixée, Olivier voulut porter sa division en avant, celle du général Montrichard n'était point prèle à se battre. (In vent d'indiscipline soufflait dans les rangs de ce corps resté longtemps inactif en Toscane et par suite amolli. Jusqu'à ses officiers qui se disaient fatigués des travaux de la guerre. La 5" légère, commandée par Antoine Chatagnier, était surtout difficile à diriger.
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Olivier dut attendre que Monlrichard voulût bien descendre, avec ses bataillons, de Borgo San-Antoiiio. Un pareil retard, que rien ne justifiait, mit au désespoir Macdonald qui, s'appuyant sur le bras d'un aide-dc-camp, s'avança dès neuf heures, jusqu'à la première cassine de Rocco, qu'on avait transformée en ambulance.
A midi seulement, au moment où Ott et Frôhlich tt('^jeunaient dans leur camp, car Souvarow n'avait point, soit dédain, soit fâcherie, fait prévenir >L de Mêlas qu'on attaquerait à une heuredusoir*, Olivier descendit, à droite de Rocco, la berge assez liaute de la Trebia; il fut aussitôt accueilli par une canonnade terrible qui faucha profondément dans les bataillons marchant l'arme au bras, sur 2 colonnes très épaisses. Mais les hommes qui restèrent flebout dans ces bataillons ne s'arrêtèrent point. Leur artillerie de soutien, rapidement mise en batterie, mitrailla l'artillerie autrichienne. Leur cavalerie chargea au galop, prit une batterie, mit les autres en complet désarroi, déblaya à coups de sabres la chaussée de Plaisance à Castel San-Giovanni, et, faisant demi-tour au premier signal, elle revint border les flancs de l'infanterie républicaine, tl'^sormais libre de ses mouvements, dans un espace de quelques centaines de mètres.
Les soldats du général Ott, surpris et tassés autour de leurs cuisines, sont mis en déroute (*). Seul, i bataillon de Wouwermann, reconstitué la veille et rangé, par escouades, derrière un large fossé, peut arrêter la colonne qu'a formé Montrichard, à gauche