DANS L'ANCIEN RÉGIME
Les Compag-nies prîvil6g*îées de colonisation.
Peu de sujets, depuis quelques années, ont été plus discutés que celui des Compagnies privilégiées de colonisation.
L'ancien régime en avait fait, pendant plus d'un siècle et demi, l'un de ses instruments favoris. La Hollande, l'Angleterre, la France, le Portugal, le Danemark, la Suède, l'Allemagne, avaient, timidement dans la seconde moitié du xvf siècle, mais largement et audacieusement pendant le xvn" et le xvm% usé de ce procédé, alors à beaucoup d'égards avanta-
geux, soit pour développer leur commerce avec les nouveaux continents (Amérique, Océanie) et même avec les parties peu connues de l'ancien (Afrique, Asie), soit pour y établir des colonies de leurs nationaux et y fonder de véritables empires.
L'institution de ces Compagnies de colonisation avait subi plus d'une alternative. Très fort encouragées par les gouvernements, soutenues, particulièrement au début, mais dès le le début aussi, et surtout plus tard, quand elles eurent développé, avec tous leurs avantages, tous leurs inconvénients, très attaquées par les marchands, les Compagnies de colonisation s'étaient, avec plus ou moins de persistance, malgré bien des échecs, bien des ruines et même bien des interruptions, perpétuées ou plutôt traînées jusqu'à la veille du xix^ siècle. Une d'elles même, la plus puissante et la plus célèbre, la Compagnie anglaise des Indes orientales, avait duré jusqu'au milieu de ce siècle, tandis qu'une autre, la dernière de toutes, la Compagnie d'IIudson, fondée en 1670, avait duré jusqu'en 1870, et peut-être même dure encore aujourd'hui, au moins nominalement, et bien