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Les Canadiens à Rouen [microforme]

Par de très nombreux souvenirs, Rouen et la Normandie se rattachent au Canada, à ce pays qui a si longtemps porté le nom de la Nouvelle-France. Dès les premiers voyages de Jean Denis, le capitaine honfleurais, à Terre-Neuve, on trouve que son pilote, Camart, était de Rouen. Sans parler des expéditions de Jean Ribaut, de Dieppe, à la Floride, des expéditions de Pierre de Chauvin, également de Dieppe, au Canada, soutenues par le vieux gouverneur de la cité dieppoise, Aymar de Chastes, les voyages si nombreux de Samuel Champlain, le véritable colonisateur et fondateur du Canada, ont tous été orgänisés dans nos ports normands, à Honfleur, à Dieppe, au Havre-de-Gràce. Parmi ses compagnons, combien se rattachent à la terre normande, comme Dupont-Gravé, de Saint-Malo, qui vient habiter à Honfleur; comme Poutraincourt, qui, bien que picard, possédait le château de Mesnières, près de Neufchâtel ; comme les Hébert, les Couillard, ces premiers colons, mi-marins, mi-agriculteurs, de la France nouvelle.

Aussi bien, les premières associations commerciales, qui contiennent l’œuvre de Samuel CI

la colonisation du Canada. Parlant de leur rôle, S LU Q . 4 Q Ne d © l'écrivain B. Slute a pu dire : « Les emplaf 6, LRS

« cominis, les onvriers, les interprètes, furent Nor- « imands, Les navires apparcillèrent dans les ports « de Normandie et v revinrent, Rouen, Honfleur, «€ Fécamp, Cherbourg, le Havre, Dieppe, Caen, furent « les pépinieres d'où sortirent d'abord des individus «isolés, puis des familles, dont les descendants sont « encore au Canada,» C’est de Rouen que partirent les Récollets, appelés par Champlain dans le pays nouveau, C'est devant le Parlement de Normandie que furent portées, dès 1629, toutes les affaires du Canada, qui était régi alors par la Coutume normande., C'est du diocèse de Rouen que dépendra également la Nouvelle-France, jusqu'à la nomination du premier évêque canadien, Francois de Laval de Montigny. C’est à Rouen que seront enregistrées les lettres d'établissement de Ta Compagnie des Cent- Associés, fondée par Richelieu en T2, et lon y retrouvera dix Rouennais : Jean Ferron, Cavelier, Papavoyvne, Lemaistre, Jean Guenet, Jean Rozée, Claude Girardin, A. Nozereau, F, Mouret, Jacques Duhamel, Quand Ja colonie fut menacée, Hs firent, pour Ja sauver, d'énormes sacrifices, et les armiements, en 162$, se monterent à près de 2 millions. Aussi bien, dans cette lutte contre loccupation anglaise, les Normands se distingueront encore, ct il faut citer, à cette époque, le nom du capitaine dieppois Daniel, qui lutta si vaillamment pour Ja reprise de Québec.

Mais d'autres grands souvenirs normands dominent encore l'histoire des origines de l'Amérique du Nord. C'est celui de Jean Nicolet de Cherbourg, qui, en 163 découvre le Haut-Missisipi. C'est enfin celui du jeune gentilhomme rouennais, Robert Cavelier de là Salle, né en 1643, qui de 1665 à 167 fonde Niagara, organise la navigation sur les grands lacs, descend le Missisipi jusqu’au golfe du Mexique, fonde la puissance française dans la Louisiane et le Texas, et meurt tragiquement assassiné dans les pays qu'il vient de conquérir. Celui-à non plus n’oublia point son pays d'origine et donna à une rivière de ces contrées le nom rouennais du Robec.

Rouen, du reste, demeura toujours en relations avec les Canadiens francais. On en pourrait citer comme preuve ce baptème d'un Canadais dans la Cathédrale de Rouen, en 1627, auquel le duc de Longueville et la duchesse de Villars servirent de parrain et de marraine, ainsi que cet envoi de jeunes orphelines normandes et rouennaises, € les filles du Roy », comme on les appelait, qui firent souche au Canada de bons et nombreux Normands, Malgré le fatal traité de Paris qui nous chassait de l'Amérique du Nord, deux cents ans après que Jacques Cartier y avait planté notre drapeau, le souvenir des premiers pionniers francais n'est point cependant disparu. En recherchant les origines de ces premiers découvreurs, nos historiens normands, M. P. Margrv, &. Gravier, Ch, Bréard, Ch, de Bonnechose, Richard Wadd'ngton, ont fait revivre leur mémoire, tandis qu'au Canada, des écrivains comme B. Slute, Garneau, le vaillant poète Fréchette,auquel l'Académie de Rouen faisait une réception si enthousiaste il y a quelques années, maintenaient la tradition francaise.

C'est pour raviver cette communauté d'origine et de langue entre les Normands dGes deux bords de l'Atlantique, que le Comité de l’Allianre française pour la propagation de la langue française à létranger, à l'occasion d'une conférence sur le Canada à lHôtel-de-Ville de Rouen, par M. Herbette, conseiller d'Etat, à pris l'initiative d'organiser une réception aux Canadiens-Français. I à rencontré le plus chaleureux concours auprès de la Chambre de Commerce de Rouen, de la Société libre d'Emulation du Cornimerre et de l'Industrie, de la Société industrielle, du Lloyd rouennais, de la Societé normande de Géographie, des Amis des Monuments rouennais, qui se sont éfforcés de donner le plus grand éclat à cette manifestation en l'honneur de la France et de la Normandie.

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