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S'il arrivait souvent à Langlade d’entreprendre de longues courses et de se rendre à la Prairie du-Chien, à Michillimakinac ou à Toronto, dans l’exercice de ses fonctions d’agent des Sauvages, il demeurait cependant la plus grande partie dun temps à la Baie- ; Verte.
Ce poste était loin d’avoir alors l'importance qu'il
a acquise depuis. En 1785, il ne contenait pas plus de sept familles de blancs qui, avec leurs domestiques, formaient un total d'environ cinquante-six âmes. Ces familles se composaient des personnes suivantes : Charles de Langlade, sa femme, deux servantes panis 1 et trois domestiques ; Lagral (?) et sa femme ; Jean-Baptiste Brunet, sa femme, trois enfants et un domestique ; Amable Roy, sa femme, deux servantes panis, un domestique, et Jean-Baptiste Leduc, un ancien traiteur, qui demeurait avec eux; Joseph Roy, sa femme, cinq enfants et un domestique ; un jeune homme du nom de Marchand, agent d’une compagnie de traite de Michillimakinac, et quatre domestiques. Langlade, Grignon, Amable Roy et Marchand demeuraient sur le côté est de la rivière des Renards, tandis que Brunet, Langral et Joseph Roy et autres résidaient sur la rive opposée. Jacques Porlier fut probablement le premier colon qui alla ensuite se fixer à la Baie-Verte, en 1797. IL fut suivi, l’année suivante, par Charles Réaume. D’autres Canadiens vinrent grossir les rangs de la petite colonie, de sorte qu’en 1812, elle pouvait avoir une population d'environ deux cent cinquante âmes. Les principaux habitants canadiens de la Baie- Verte étaient: M. Duchesneau, Louis Gravel, Barthélemy Chevalier, Pierre Chalifou, Jacques et Nïicolas Viau, Pierre Charbonneau, Alexandre Gariépy, Louis Beaupré, Prisque Huot, Joseph Ducharme, Jean-Baptiste Langevin, Amable Normand, Jean- Bapiiste Lavigne, Augustin Bonneterre, Joseph Boucher, Antoine Lebœuf, Augustin Thibeau, Louis Bourdon, Alexandre Dumont, Gevrge Fortier, Jean-
Nicolas Perrot écrit Panys; Charlevoix, Panis, et les écrivains anglais, Pawnee.
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Baptiste Laborde, Amable Durocher, Jacques Ecuyer, Basile Larocque, Dominique Brunet, Joseph Jourdain, Pierre Brunet, Pierriche Grignon, Pierre Grignon, Charles Grignon, Louis, Augustin et Jean-
Baptiste Grignon 1.
Après Charles de Langlade, Pierre Grignon, son‘ gendre, était l’homme le plus important de la Baie- Verte. D'abord voyageur dans la région du lac Supérieur, Grignon fit ensuite la traite pour son propre compte, à la Baie-Verte, avant l’année 1763. Il eut d’une première femme, une Ménomoni, trois enfants ; lun mourut ;eune des suites d’une chute ; l’autre
À En vertu d’un traité conclu à la Pointe-aux-Cèdres, rivière
des Renards, près de la baie Verte, le trois septembre 1836, les autorités américaines payèdrent les sommes suivantes à la de-
mande des Ménomonis :
Augnstin Grignon............ di tsessee ne $10,000.00 William Powell et Robert Grignon.-.-..... 4,250.00 Charles A. Grignon........................ 10,000.00 Jacques Porlier....-........................ 7,500.00 Héritiers de Louis Beaupré................ 1,500.00 Dominique Brunet......................... 281.00 Charles Grignon........................... 1,200.00 Joseph Rolette............................. 1,750.00 Charles A., et Alexandre Grignon.......... 750.00 PaulGrignon............................. 5,000.00 Joseph Jourdain..-........................ 50.00 Aueyas Grignon...... sonnepesnenesse ne :.-.. 2,500,00 Pierre Grignon, décédé, par Robertet Pierre
B. Grignon............................. 6,000.00 Stanislas Chaput........................... 2,600,00 Louis Grignon..............:............... 7,250.00
Les Etats-Unis payèrent les sommes suivantes, au mois de novembre 1857, en vertu d’un traité conclu avec les Ouinibu-
gons: n,
Nicolas Boivin.............................. $6,000.00 A ses quatre enfants, chacun................ 4,000.00 Catherine Amiot............................ 1,000.00 Hyacinthe St-Cyr........................... 1,000.00
Veuve Hepry Gratiot (pour ses huit enfants) .10,000. Aux enfants de Pierre Paquet, interprète. 3,000.00 Joseph Brisebois............................ 2,000.00 Jean Roy........ Li se ae S alala me 81e 5 Soie e-s à 50 2,000.00 Antoine Grignon............................ 2,000.00 Jane F. Rolette.......-..................... 2,000,00 pétasse ris eee itena sé 1,000,00 Dern etes dass 1,000.00
s'éteignit à Montréal où il recevait son éducation, et le troisième, Pierriche, éleva une famille. Il épousa en secondes noces Mlle Louise-Domitilde de £anglade, qui lui donna neuf enfants, dont voici les noms de baptème avec leur date de naissance : Pierre- Antoine, vingt et un octobre 1777; Charles, quatorze juin 1779 ; Augustin, vingt-sept juin 1780 ; Louis, vingt et un septembre 1783; Jean-Baptiste, vingt-trois juillet 1785; Domitilde, vingt et un mars 1787 ; Mar. guerite, vingt-trois mars 1789 ; Hippolyte, quatorze septembre 1790; Amable, décembre 1795.
Les missionnaires étaient rares à cette époque, et c'est à peine si quelques-uns ont, à de rares intervalles, visité la Baie-Verte depuis 1745 jusqu’à 1820 1. Apprenant, vers 1784 ou 1785, qu’un missionnaire, le P. Payette, venait d'arriver à Michillimakinac, Grignon, qui se trouvait alors dans l’île, crut devoir saisir cette occasion unique pour aller saluer l’apôtre de Dieu et le prier d’administrer le baptème à ses enfants. Il dépêcha imméiatement un messager à la Baie-Verte, lequel ramena dans un canot d’écorce sa femme et ses enfants, après avoir franchi heureusement les deux cent quarante milles qui séparent ce poste de Michillimakinac. Tous furent reçus à bras ouverts par ce bon missionnaire, visiblement ému de cet acte d’attaehement à la religion catholique.
Grignon mourut au mois de novembre 1795, âgé
: Monsieur l'abbé F. Bonduel, missionnaire, écrivait de Détroit, le premier juin 1884: «La Baie-Verte, située à l’ouest du lac Michi an, est un des lieux qui avaient le plus souftert du départ des jésuites. Les catholiques de cette petite colonie française demeurèrent quelquefois des dix, vingt et trente ans sans voir de prêtres. epenoage quelqribe personnes ea pe eurent un soin particulier dy faire instruire les enfants dans la doctrine chrétienne, et la foi s’y conserva intacte jusqu’au temps où Mgr Fenwick leur donna un prêtre catholique
en récompense de leur zèle.» Annales de la Propagation de la foi, vol. VIII, p. 291. ” À
d'environ cinquante-cinq à soixante ans, Il était de haute taille, d’une vigueur musculaire peu ordinaire, joignant à ces avantages physiques une rare aflabilité et une stricte probité. Très-hospitalier, il ne manquait jamais chaque année de convier bon nombre d° traiteurs canadiens à quelque agréable réunion où ni le bon vin, ni les joyeuses chansons, ni les récits émouvants ne faisaient défaut. Sa femme épousa, quelques années après sa mort, un Canadien du nom de Jean-Baptiste Langevin.
Des enfants de Pierre Grignon et de Domitilde Langlade, pas un ne survit. Ils ont tous élevé de nombreuses familles. L'une des filles a eu treize enfants qui sont tous mariés : ils demeurent dans le voisinage de la baie Verte. On peut dire en toute sûreté qu'il y a au moins quarante familles dans l'Etat, qui descendent directement de Langlade: elles ne sont ni instruites ni riches.
Quelques-uns des colons de la Baie-Verte mentionnés plus haut possédaient des esclaves. Langlade en avait deux qui lui avaient été donnés par les Outaouais, et qui appartenaient à la tribu osage. Il ne les traitait pas en esclaves, mais comme des serviteurs fidèles, qui paraissaient fort satisfaits de leur sort. L'un d’eux passa sa vie à son service, et il donna au second, Antoine, sa liberté après douze ans de servitude. Ce dernier continua de demeurer quelque temps chez Langlade comme domestique, puis il retourna au milieu de la tribu osage, dont il devint hientôt le chef. Les esclaves des antres colons, presque tous des Panis , n'étaient pas toujours
l'Bougainville, dans son Mémoire sur l’état de la Nouvelle- Froner: ont de la querre de Sept Ans (1757), dit que la tribu
anis j ans l'Amérique le rôle des nègres en Europe. Par- Tnt du poste de traite de la Saskatchouane, alors appelé Pos-
aussi bien traités. Ainsi, Jean-Baptiste Brunet malmena tellement un esclave nègre, qu'il avait acheté d’un traiteur de Saint-Louis, moyennant cent piastres, que Campbell, agent des Sauvages pour le gouvernement américain, crut devoir le lui ôter. Il est certain pourtant que des cas de ce genre étaient rares,
Le mémoire de Grignon dit que Charles de Langlade épousa à Montréal, vers 1759, Charlotte Bourassa, fille de Laurent Bourassa, riche marchand de cette ville. Cette assertion est inexacte. Le mariage de Charles de Langlade avec Charlotte-Ambroisine Bourassa eut lieu à Michillimakinac, le douze août 1754, et fut béni par le Rév. P. Lefranc, missionnaire jésuite, en présence de plusieurs témoins. De plus, le père de Mlle Bourassa s'appelait René et non Laurent, et il ne demeurait pas à Montréal, mais à Michillimakinac, où il se fixa vers 1742.
Voici le texte même du certificat de mariage de Langlade avec Mlle Bourassa, tel que consigné au registre de Michillimakinac :
« Aujourd’hui douzième août mil sept cent cinquante-quatre, j'ai, soussigné, prêtre missionnaire de la Compagnie de Jésus, reçu le consentement mutuel de mariage entre M. Charles Moras, sieur de l’Anglade et Mlle Charlotte-Ambroisine Bourassa, tous deux demeurant dans ce poste, en présence des té: moins soussignés.
koiac, il fait l’observation suivante au sujet-des Panis: « Un des commerces de ce poste, dit-il, est en Panis ; c’est une nation sauvage située sur le Missouri, que l’on cstime au nombre de douze mille hommes; les autres nations lui font la guerre et
nous vendent leurs esclaves. C’est la seule nation sauvage que nous croyons pouvoir traiter de même. »