‹ Les canadiens des États-Unis; ce qu'on perd a émigrerChapitre 3 sur 9 · DANS LES ÉTATS MANUFACTURIERS · texte numérisé non relu

DANS LES ÉTATS MANUFACTURIERS

de l'Est la tâche était un peu plus facile vu qu'une grande partie de nos compatriotes sont groupés autour des fabriques. M. Bonrbonnière, de Lowell, Mass.; a entrepris cette tâche, dans le but avoué de démontrer la florissante condition des Canadiens de la Nouvelle Angleterre. Il e>t allé de localité en localit*^, relevant sur les rôles d'évaluations tous les noms français, se renseignant auprès des sociétés et prenant tous les moyens possibles pour établir que les émigrés ont fait du progrès. Comme fruit de tout ce travail, il a trouvé que sur une population de 323,000 Canadiens, il y avait 10,770 propriétaires ayant collectivement une valeur de $18,350,346. Maintenant analysons et comparons ces chiffres. D'abord nous trouvons que dans la Nouvelle- Angleterre il n'y a qu'un Canadien sur trente qui soit propriétaire; dans la province de Québec "ii compte un propriétaire sur sept personnes. La valeur de la prrpriét»- é'ant divisée par le chiffre de la populatian, nous trouvons qu'elle représente seulement $-"î6 par tête chez nos compatriotes de la Nouvelle- An;: leterre et qu'elle forme $2.").i par tête dans la province de Québec, sans compter les villes de Québec et de Montréal- Dans la ville de Québec la propriété privée représente une richesse de $387 par tête de la population totale ; dans la ville de Montréal les chiffres sont de S~~>^^ô par tête. Ainsi donc voilà la preuve générale et indiscutable que parmi les Canadiens émigrés l'aisance est moins générale, et la moyenne des fortunes cinq fois moindre que dans la province de Québec. Et qu'on remarque bien que le peu de fortune que possède les Canadiens de la Nouvelle Angleterre est distribué entre un nombre relativement trè& grand ; la valeur moyenne de ceux qui sont propriétaires

n'est que de $1,800. Il y a là une preuve indiscutable que tous leséraigrés sontégalement industrieux et disposés à faire des épargnes; et que s'ils n'ont pas mieux réussi la faute en est aux lois et à la condition sociale des Etats-Unis, qui ne favorisent plus que les riches au dariment du pauvra ^ Voilà pourquoi nos compatriotes qui habitent les Etats-Unis depuis un si grand nombre d'années,

LOIN d'aVOIE amélioré LEUR SORT,

n'ont pas encore pu se faire une position égale à celle des Canadiens de la province de Québec.

Il ne s'agit plus de comparer la condition générale des Etats Unis avec celle du Cauada ; pour celui (lui a envie d'émigrer il lui suffit de savoir quelle est la position des compatriotes qui l'ont précédé. Il ne saurait se flatter de faire mieux que les siens.

En 1888, parlant devant le Club National de Montréal sur les Canadiens des Etats-Unis j'en arrivais à dire :

" Les Etats Unis n'ofl'rent point des occasions quotidiennes de faire de ces fortunes merveilleuses, dont l'éclat attire et éblouit tant le peuple canadien. Quelques hommes doués de talents et d'énergie exceptionnels, quelques favorisés du hasard, trouvent dans le commerce ou la spéculation le moyen de s'enrichir rapidement. Mais en général les Canadiens qui vont chercher fortune aux Etats-Unis végètent pendant de longues années avant de se faire aux mœurs du pays, d'en apprendre la langue, en un mot avant d'être en état de lutter sur un pied d'égalité avec ceux qui sont arrivés avant eux. Conséquemment je n'hésite pas û dire que ix)ur la plupart des émigrés il aurait

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