‹ Les canadiens des États-Unis; ce qu'on perd a émigrerChapitre 9 sur 9 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Ces vers pourraient me servir de conclusion, car chaque assertion qu'ils contiennent je viens de la prouver ; et l'appel du poète, c'est celui que je veux faire à mes compatriotes. Quand je songe aux brisements de cœur.s souflferts, au teimps perdu, à Téuergie gaspillée par des milliers des miens à la recherche d'un Eldorado perdu, je voudrais avoir la voix de ces grands orateurs qui subjuguent les nations, pour faire rentrer dans tous les cœurs et dans toutes les imaginations cette vérité : — le trésor que vous cherchez, il est à côté de votre berceau ; mais pour le trouver il faut du travail, il faut de la patience, il faut de la persévérance. Le travail que vous allez porter à l'étranger et qui fait la fortune des capitalistes et des chemins de fer américains, pourrait faire la grandeur de votre pays et votre propre fortune. Le Canada a des trésors pour tout le monde ; il ne demande que des bras pour développer ses ressources. Ne voyez-vous pas tandis que vous vous abandonniez au mécontentement, que vous vous laissiez bercer par l'idée d'aller tenter fortune ailleurs, il est arrivé des étrangers, qui n'avaient seulement pas un morceau de pain lorsqu'ils ont mis pied à terre et qui aujourd'hui ont tiré des millions des forêts et des prairies que vous dédaignez. Mais il est encore temps de faire comme eux. S'il vous faut laisser la terre paternelle, nos villes offrent aussi bien que les villes américaines un champ à l'activité et à l'intelligence. Tout dernièrement j'avais l'occasion d'écrire la vie de plusieurs centaines des principaux citoyens de Montréal. J'ai trouvé que les neuf dixièmes d'entre eux étaient venus à Montréal sans le sou et qu'ils avaient fait leur fortune par le travail. Bien plus j'ai trouvé qu'au moins un quart de ces marchands, de ces banquiers et de ces industriels s'étaient laissés entraîner dans leur jeunesse à aller tenter fortune aux Etats-Unis. Après avoir voyagé de ville en ville sans succès, ils sont revenus s'établir à Montréal et ils y ont fait fortune. Quelle leçon ces hommes pourraient donner à leurs compatriotes 1 Ne nous laissons pas entraîner par les violences de la politique à mépriser notre pays. Il y a des lois injustes en Canada, mais il y en a aussi dans tous le pays ; et nous possédons ici plus que dans aucun autre pays la liberté de modifier ces lois. Etudions, £^issons avec intelligence et franchise, et toutes les réformes deviendront faciles. T^ travail voilà la clef du bonheur, — et le bonheur se trouve plus facilement à l'ombre du clocher natal que dans aucun autre endroit.

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