Les Canadiens des Etats-Unis [microforme]
À la fin du mois de Novembre et au commencement du mois de Décembre de lPannée qui vient de finir, il a paru dans quelques journéeaux Canadiens des Etats-Unis des articles où correspondences sur les drotis de la majorite qui sont de nature à peiner les vrais amis des Canadiens immigrés, À l’occasion de la lettre de Notre St. Père le Pape aux Evéques des Etats-Unis relativement aux immigrés Italiens, que nous venons de recevoir, je me propose de faire quelques remarques sur les écrits ci-dessus mentionnés.
Si je me décide à écrire c'est que je vois venir le temps ou je ne pourrai ni écrire ni parler, et qu'il est, je crois, peu de personnes qui ont eu une expérience aussi longue que moi-même dans ce qui regarde Fhistoire des Canadiens immigrés aux Etats-Unis. Je t’acherai d'oublier les insinuations malveillantes dont Nous avons été l’objet, pour écrire en faveur de la vérité, et contribuer à la grande œuvre de Pévangélization de nos Canadiens,
Je me propose de commenter lalettre de Léon XITEL aux Evéques des Etats-Unis relativement aux Italiens et d'en appliquer les lecons à la cause des Canadiens immigrés. Mais il sera bon de commencer par dire un mot de Phistoire de nos immigrés au Ktats-Unis, car leur position actuelle ne pourrait sans cela étre bien comprise,
Quel était le nombre et la position des Canadiens immigrés aux
Etats-Unis avant l'année 1864, qui marque la fin de la guerre entre
le Nord et le Sud, et le commencement de la grande emigration ? [l'est difficille de répondre à cette question, mais nous pouvons dire ce que nous avons vu. Il y a 43 ans Nous étions missionnaire à Toledo, dans POhio, rapproché de la ville du Détroit. Dans ces parages, alors peu populeux, il y avait des Canadiens, pauvres, sans industrie, intéressant pourtant, par leur fidelité à la prière, et les missionnaires se faisaient un plaisir et un devoir de les visiter et de les sanctifier,
Jusqu'à Pannée 1853, époque de Notre consécration, il n'y avait encore que quelques familles Canadiennes dans les villes aujourd'hui si considerables de Toledo et de Cleveland A notre arrivée dans l'Etat du Vermont en 1853, en qualité d'Evéque de Burlington, nous y trouvämes plusieurs groupes Canadiens. Ces groupes étaient alors très peu nombreux ; mais les enfants du Canada étaient connus ici depuis longtemps, et les Evèques de Boston, dont Burlington dépendait, firent tout ce qu'ils purent pour procurer leur salut. Dés lan 1825 le célébre père Matignon, compagnon de Mgr. Cheverus, vint visiter Burlington et y baptisa 13 enfants, presque tous nés de parents Canadiens.
Nous avonseu le privilège d’avoir accès au journal des Evèques de Boston, Fenwick et Fitzpatrick, et nous avons pu constater le cle qu'ils avaient pour cette partie de leur troupeau qu'ils ont visitée plusieurs fois malgré la distance qui les en séparait, et pour laqueïle ils travaillaient comme de simples missionnaires, par exemple, à Vergennes, à Burlington, St. Albans et Montpelier (quelques familles Canadiennes qui leur donnerent l'hospitalité s’en rappellent encore); ces hommes de Dieu exprimaient continuellement le désir qu'ils avaient d’avoir des prétres de langue francaise pour les desservir,constataient les demarches qu'ils avaient faites pour en obtenir, le regret qu’ils éprouvaient de n'avoir pu réusir. On peut dire cependant que depuis le commencement de ce siècle jusqu’en 1850 ceux de l'Etat de New York et ceux de la Nouvelle Angleterre furent privés de prêtres résidents et stables de langue française. Jusqu'à cette époque les baptèmes d'enfants Canadiens et les mariages de personnes de la même nationalité se faisaient surtout par le père O’Callaghan de Burlington pour le Vermont, et dans le nord de l'Etat de New York par le père Rooney de Plattsburgh. Il est un nom que
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nou
je ne prononce qu'avec respect et reconnaissance, &’est celui du Rev. Père Mignault de Chambly, qui avait un vrai cœur de père pour les Canadiens immigrés, et qui vers cette époque venait les visiter, leur administrer les sacrements. [Il est bien connu que nos Evèéques Hughes, Fitzpatrick, MeCloskey entretenaient envers ce bon prètre des sentiments d’une profonde venération ; aussi il fut nommé par eux grand vicaire d’Albany et de Boston, et par nous même grand vicaire de Burlington. Ce fut le Père Mignault qui procura à Burlington en 1851 le Rev. Père Quevillon, que nous pouvons considérer comme le premier prètre Canadien résident de la Nouvelle Angleterre, car depuis lui la paroisse de St, Joseph de cette ville n'a jamais été sans pasteur de langue française.
Nous pensons que c’est aussi le Père Mignault qui fit venir le Père Drolet à Montpellier et qui contribua 4 commencer une église à Brandon, ou se trouvaient quelque familles Canadiennes, et je pense quelque autres églises dans le nord de New York. Nous voici rendus à lépoque de la création du diocese de Burlington et de Notre propre consécration le 30 October, 185% Je répète qu'il y avait alors dans ce diocese plusieurs groupes Canadiens, mais tous peu considérables. L’Accroissement dans la population Canadienne ne fut point très sensible chez nous, et nos voisins jusqu'àprès la guerre (1864) C’est à cette époque que commenca la grande emigration, et c'est alors que les amis du Canada durent commencer à ouvrir les yeux sur ses résultats.
Il sera bon de rappeler comme fait historique (quoique nous devions ici parler de Nous même) ce qui se passa à l'époque d’ont nous parlons, Obligé que Nous sommes de beaucoup voyager pour visiter notre diocese, Nous étions surpris et attristé de voir les chars remplis de familles Canadiennes se dérigeant vers quelqu'une des nombreuses manufactures vers lesquelles elles étaient avtirées par l'espoir d'améliorer leur condition. Nous étions attristé en Nous demandant, ou vont-elles ? que vont devenir leurs enfants ? Nous étions attristé, et nous étions attendri, car elles avaient l'air bien bonnes, leurs enfants étaient bien élevés, pleins de respect et d’affection pour leurs parents.
Comme St. Albans était un des principaux arteres par lequel s'écoulait la population du Canada, le très Rev. Z. Druon, pasteur
de cette paroisse, concut l’idée de publier un journal Canadien.
Telle fut l'origine et l'occasion du Protecteur Canadien, fondé en
1868. Si je ne me trompe ce fut le premier journal écrit en français
dens cette partie de l'Amerique, et son nom indique les sentiments
\ de son rédacteur envers la population Canadienne,
Nous crûmes Nous-même devoir faire quelque chose de plus que
d'approuver cette publication. Il nous sembla qu’en vue d’une 1m-
: migration toujour croissante il fallait faire appel aux Evèques et Colleges du Canada en faveur des immigrants qui ne pouvaient trouver
en Amérique que fort peu de prêtres parlant leur langue. Il nous
sembla qu'on aurait pu former, dans un lieu central, une maison de
missionaires, quiaurait pu non seulement desservir une paroisse, mais
\| donner des retraites dans les centres Canadiens, et aider à fonder des paroisses aussitôt qu'un groupe serait devenu assez nombreux
pour construire une église et entretenir un prêtre. Les demarches que nous fimes dan ce but sont rapportées dans le Protecteur Canadien du 15 Mai, 1869: