‹ Les Canadiens des Etats-UnisChapitre 7 sur 14 · LES APPARENCES EXTÉRIEURES · texte numérisé non relu

LES APPARENCES EXTÉRIEURES

dans tous les pays du monde on pourrait croire qu'ils sont riches.

Mais a côté de ces lettres et de ces rapports, écrits sans réflexion sur les conséquences qu'ils peuvent avoir et dictés par les motifs que nous venons d'indiquer, qu'on lise les journaux français de la Nouvelle-Angleterre et les études des Canadiens les plus éminents de ces états. Il n'en est pas un, malgré l'intérêt qu'ils peuvent ^voir de le faire, qui voudrait conseiller aux Canadiens de laisser leur pays. Qu'on réfléchisse sur les paroles suivantes, prononcées par le Dr. Gédéon Archambault, de AVoonsoeket, R. I., lors du grand congrès national de 1884 ; il parle du Canadien qui revient au pays : —

•' Le Canadien est naturellement léger et vaniteux ; rendu au pays, il a voulu

FAIRE CROIRE À SES CONNAISSANCES QU'iL A DE l' ARGENT,

et il s'est jeté dans de folles dépenses

Ce n'est pas lui-même qu'il accusera de légèreté, de dissipation, d'imprévoyance; c'est son pays, messieurs, qu'il traitera d'arriéré, d'endormi, sans se rappeler que d'autres réussissent où il a végété et qu'il ne dépendrait souvent que de sa conduite de se créer au milieu de vous une position respectable."

Et le Dr. Archambault est lui-même imdes Canadiens-français qui sont cités comme des exemples du succès que l'on peut remporter aux Etats- Unis. Ce n'est pas un désappointé dont les paroles sont dictées par l'amertume. Il s'est conquis par son talent un siège dans la Législature de son Etat; il aime son pays d'adoption; mais il dit la vérité dans l'intérêt de ses compatriotes. Qu'on l'écoute encore parler de

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