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PRECIEUX SANG, HOLYOKE, MASS

DIOC:!ÈSE DE SPRINOFIELD 237

avec une justesse de coup d'oeil remarquable, 1 importance que ce centre d'industrie ne tarderait pas à prendre, résolut de s'y fixer.

A l'ouest de la ville, se trouvait un vaste terrain sablonneux et inoccupé. La compagnie qui en était propriétaire permit volontiers à M. Dufresne d'y élever une modeste chapelle en bois, et, quelques années plus tard elle donnait à l'évêque de Springfield les titres de cette propriété qui allait devenir l'une des plus florissantes paroisses de la Nouvelle- Angleterre.

En 1873, M. Dufresne jeta les fondements de la grande et belle église du Précieux-Sang ; déjà même le soubassement était presque terminé, quand une terrible calamité vint éprouver la paroisse nouvelle.

Les exercices du mois de Marie se faisaient dans une chapelle en bois attenant à l'église en construction.

Tout-à-coup le feu prend dans les tentures de l'autel, et en quelques instants il gagne le sanctuaire et le reste de l'édifice.

Il y eut alors une panique indescriptible.

Au lieu de se sauver facilement en sautant par les fenêtres sur les échaufaudages de la nouvelle église, les quels se trouvaient tout proche, les personnes assises dans les galeries se précipitèrent dans les escaliers et vinrent se heurter à la masse compacte qui sortait par la grande allée. Ce fut alors un spectacle horrible. De nombreux assistants entouraient la chapelle en feu.

impuissants à porter secours aux malheureux que menaçait une mort terrible. Le feu s'avançait toujours ; bientôt, passant sur la tête de cette foule qui ne pouvait plus ni avancer, ni reculer, il prend dans les vêtement^. Alors on vit des mains crispées s'agiter dans l'air, l'on entendit un cri suprême d'agonie et de terreur, puis le silence se lit.

Soixante-sept victimes, parmi lesquelles un des frères de M. Dufresne, avaient péri dans les flammes.

Le Curé ne se laissa pas abattre par cette catastrophe. il transféra aussitôt ses paroissiens dans le soubassement de l'église nouvelle, fit hâter les travaux, et Tannée suivante, en 1874, il prenait possession de l'église du Précieux-Sang, l'une des plus grandes et des plus belles que les Canadiens aient bâties dans la Nouvelle-Angleterre.

Alors commença pour la paroisse de Holyoke une ère de prospérité qui alla toujours en augmentant depuis. De nombreux et beaux blocs s'alignèrent autour de l'église, et des milliers de Canadiens furent heureux de venir habiter à l'ombre du clocher catholique.

Seul pour desservir une population qui comptait déjà plus de 4,000 âmes, sans presbytère, couchant sur un canapé dans sa sacristie, M. Dufresne faisait face à tous les besoins. Son activité était infatigable, son initiative ne se ralentissait pas un seul instant. Il ne cessait d'aider ses compatriotes de ses conseils, souvent même de sa bourse. Aussi, en quelques années, réussit-il

à créer à Holyoke un centre important et exclusivement Canadien.

Ardent promoteur des principes de l'Église en matière d'éducation ; intimement convaincu que, pour les Canadiens, comme du reste pour les autres catholiques, l'école paroissiale est le seul moyen de garder la religion, M. Dufresne bâtit, en 1883, un grand couvent qu'il confia aux Sœurs Grises de Saint- Hyacinthe. Huit cents enfants, arrachés aux écoles publiques, vinrent recevoir une éducation catholique et française.

En 1884, à la suite d'une grande mission prêchée pour les hommes par le R. P. Hamon, S. J., la Ligue du Sacré- Cœur fut établie à Holyoke.

Cinq cents hommes s'y enrôlèrent, et leur nombre n'a fait qu'augmenter depuis ; aujourd'hui ils sont un millier. Cette ligue, berceau de toutes les autres Ligues qui ont été fondées aux États, s'est toujours distinguée par sa ferveur et son ardent patriotisme.

Le Rév. M. Dufresne en avait fait son œuvre de prédilection. Fidèle à réunir ses hommes, à les préparer aux communions générales, son cœur de prêtre jouissait du saisissant spectacle qu'offrait alors la grande église de Holyoke. Au sanctuaire flottait le beau drapeau de la Ligue, don de M. Dufresne. De cinq à six cents Ligueurs, l'insigne du Sacré - Cœur sur la poitrine, venaient dans un ordre parfait recevoir la communion des mains de leur curé, et renouveler leurs promesses au Cœur de Jésus.

En 1887, l'infatigable pasteur songeait à avoir une école de frères ; déjà même le terrain était acheté, Ton allait bâtir quand la mort vint arrêter le rude travailleur.

M. Dufresne mourut le 24 mai J887.

D'une activité extraordinaire, d'une énergie de volonté que rien ne décourageait, et qui finissait par triompher des obstacles, M. Dufresne sut façonner peu à peu les éléments divers et difficiles qu'il avait sous la main, et les former en paroisse régulière et disciplinée comme Tune des vieilles paroisses du Canada. Bien que seul, il réussit cependant à mener à bonne fin de nombreuses entreprises religieuses et patriotiques. Il rencontra des critiques, il eut même des ennemis déclarés : (quel prêtre dans sa situation aurait pu éviter cette épreuve ?) Il laissa dire les critiques et alla son chemin. Par ses vertus sacerdotales il réduisit ses ennemis à l'impuissance, ou, — triomphe encore plus beau, — les força enfin à rendre hommage à son zèle et à son dévouement.

Du reste, il ne garda jamais dans le cœur le moindre ressentiment contre ceux qui, trop souvent payèrent des services reçus par la persécution la plus injuste. Dans l'intimité de la conversation il les plaignait, et son seul désir était de les voir revenir à Dieu et à la pratique de leurs devoirs de chrétien.

Obligeant envers ses confrères, toujours disposé à leur rendre service, il était, en outre, pour eux d'une cha-

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rite à toute épreuve. Jamais on ne l'entendit critiquer l'administration ni la conduite des autres, et si dans la conversation quelqu'un relevait une imperfection ou signalait un défaut, vite le P. Dufresne trouvait quelqu'excuse et mettait l'entretien sur un autre sujet.

Tel fut riiomrae et le prêtre que la Providence donna aux Canadiens des États-Unis, comme l'un de leurs premiers apôtres et de leurs travailleurs les plus infatigables.

Longtemps les paroissiens de Holyoke conserveront un souvenir reconnaissant de ce grand vieillard, au corps droit comme une flèche, au visage ascétique, amaigri par le travail et une vie d'abstinence vraiment étonniante. Longtemps ils se rappelleront le zèle et la charité de celui qui fut le fondateur et durant de longues années, le guide de la belle paroisse du Précieux- Sang de Holyoke.

*** ^ènie Curé, Rév. H. Landry (lHH7'hS9i))

Le Rév. .H. Landry, curé de Webster, fut appelé à le remplacer.

Son premier soin fut de faire un recensement exact de la paroisse, et l'on trouva plus (Jje 13,000 Canadiens à Holyoke. Evidemment, la grande église du Précieux - Sang ne pouvait plus suffire aux besoins de la population.

En 1890, Mgr O'Reilly créait une nouvelle paroisse Canadienne qu'il confiait au zèle de M. Bruneault, alors curé de Gardner.

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Bientôt la trille de Holyoke aura donc deux beUes églises pour les Canadiens, et peut-être même avant longtemps lui en faudra-t-il une troisième ; car ces Canadiens des États, bien loin de diminuer, comme oertai^B prophètes l'annonçaient avec assurance, montrent au contraire une tendance très prononcée à se multiplier au delà de toutes les prévisions. t

L'année même de la division du Précieux-Sang, M. H. Landry mourait le 5 juillet 1890.

Le Rév. Chs Crevier, ancien curé de North Adams ai d'Indian Orchard, a pris la direction de la belle paroisse du Précieux-Sang de Holyoke.

POPULATION CANADISNNB DE HOLYOKE

Familles, Ames, Cauv. 8te Anne, Prop., EUot.

Société 8t J.'B, 350 membres. Ligue du S.-C 1000,

SOUTHBRIDGE, Pop. 7,700

Gwré fondateur lUv. N. Lebreton (1869-1876)

nine Curé Rév, 0, Elz. Brochu... ,(1876-., ,.)

Le Rév. N. Lebreton fonda la paroisse canadienne de Southbridge. Il en resta ^uré jusqn'en 1875.

Le Rév. O. Elz. Brocha, aujourd'hui Mgr Brochu, Protonotaire apostolique, le remplaça.

Southbridge est un centre canadien important. Sa population est bonne, religieuse, active, mais parfois il lui arrive de se montrer d'un entrain un tant soit peu exubérant. Durant plusieurs années, elle se prêta difficilement à la formation que M. Brochu désirait lui donner ; la lutte fut longue, elle eut sea crises aigttes, et fut mouvementée par des incidents .qui surprirent d'une manière désagréable les Canadiens des paroisses voisines.

Malgré tout M. Brochu tint bon, et enfin il eut le dernier mot.

En 1880, il bâtit un couvent qu'il contia aux Sœurs de Ste Anne. La présence des religieuses produisit sur les esprits un effet merveilleux. Elles semblaient avoir apporté avec elles lolivier de la paix. Tout rentra dans un calme parfait.

En 1887, le Rév. M. Brochu reçut, en récompense de ses travaux et de sa charité pour les missions du Nord- Ouest, le titre de prélat romain. C'était le premier prêtre Canadien des États de TEst à qui Rome conférait pareil honneur.

En 1890, il fut élevé à la dignité de Protimotaire apostolique.

Aujourd'hui les Canadiens de Southbridge sont Hei-s. ajuste titre, de Monseigneur Brochu, et celui-ci, de son. côté, semble apprécier de plus en plus les qualité de ses braves paroissiens. Tout est donc pour le mieux.

Il est, dit-on, question de remplacer l'église actuelle par une cathédrale du coût de 100,000 piastres, et Mgr Brochu fournirait lui-même généreusement itne bonne partie de cette somme.

Cet on-dit est-il exact { Je l'ignore, mais une chose me pai*aît claire : si les Canadiens de Southbridge se mettent une bonne fois en tête d'avoir une cathédraleils l'auront.

IHJPITLATION CANADIENNE DE SOUTHliRlDGE

Fiim'dles, Anten, Conv. Ste Anne, Prop., KU<:t. 669. 4077. 637 élèves. I2h. :27f).

Société St J.'B. 'Jf^7 nienibim.

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