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PAROISSE DU PRÉCIEUX SANG

Curé fondateur . . . Rév, Charles Dauray. . .(1873- . . ..)

Le Rév. Chs Dauray est Tun des prêtres canadiens les plus en vue, comme aussi des plus estimés de la Nouvelle- Angleterre. Immédiatement après son ordination, il s'en alla aux États et fut nommé premier curé de la paroisse canadienne de Pawtucket. Il était condamné par les médecins, et devait, disait-on, mourir à courte échéance. Heureusement, dans ce cas, les médecins se trompaient : M. Dauray devait, au contraire, fournir une longue carrière et mener à bonne fin une entreprise des plus considérables.

Cette œuvre fut la fondation de la grande et belle église du Précieux Sang de Woonsocket.

En 1872, le Rév. M. Beraard, avait déjà commencé à réunir les Canadiens. Bientôt il fut ..question de bâtir, et le Grand-Vicaire choisit lui-même le site sur lequel s'élève aujourd'hui l'église du Précieux Sang. Les travaux extérieurs étaient presque finis, quand un violent cyclone s'abattit sur Woonsocket et détruisit la nouvelle construction de fond en comble. Tout était à recommencer.

Le coup fut rude pour les pauvres émigrés.

Mais en 1873, M. Dauray, transféré de Pawtucket à Woonsocket, releva le courage de ses compatriotes, et l'on se remit à l'œuvre. Enfin, en 1882, la vaste et belle église du Précieux Sang fut terminée.

C'est une des plus remarquables de la Nouvelle- Augleterre.

L'intérieur est en harmonie parfaite avec la giandeur -d'architecture et le fini de l'intérieur. M. Dauray y a mis son cachet, c'est beau, distingué, artistique.

Le curé de Woonsocket, en effet, est né artiste : ;nusique, peinture, poésie même, il peut tout cultiver avec succès, et l'on retrouve ces goûts artistiques jnsquedlans l'améçagement de son presbytère. Il y a là un choix de curiosités, une collection de bibelots, un an^geip^t de bric-à-brac, qui, au premier coup d'œîl, révèle ï'ajnateuF-artiâte.

PRECIEUX SANG, WOONSOCKET, R. I.

Ce»qualités brillantes, fort appréciées che^i les hommes du monde, n'auraient toutefois qu'une valeur asse?: mince chez un prêtre, s'il n'y joignait le&vertus'propiies <le son état ; le zèle des âmes, et TfiUMX^mplissement des devoirs humbles, mais f riictueux, de son saint ministère. Aussi, Ml Dàuray, se souvenant avant tout qu'il est Curé; cultive sa paroisse avec un dévouement qui ne s'estrjatn'ais démentii

Son église finie, il se mit aussitôt à organiser ses écoles de paroisse (1884).

Puis il fonda lui*méme ou encouragea la formation desodëtés relig^uses et nationales, si p^isstantes pQUf gi^er l'esprit catholique, et les moeurs' du vieuz pi^, chez les Canadiens émigrés : Club national — In^kitçrtion Canadienne-française — Société St J.-B. — Conférence de St Vincent de Patil pour secourir les indigents, tout' cela se trouve à Woonsocket.

En 1887; les PP. Hambn et Proulx établirent au Précieux Sang la Ligue des Hommes.

PluSB de 1100 membres s'enrôlèfent dansoette soei^ afin de maintenir l'esp^itchrétien-dans letirs ftaïUIe»^ et de combattre le blasphème^ eirintemf^^maee. CeWe Ligpe, la^ plus nombreuse qui ait encore été. formée aux États, reste forte et prospère, gffiuce à Yîûbùét soutenu que M. Dauray lui porte et au. zèle des prâ^:^ chargés de s'en occuper d'une manière spéciale.

Ed finissant cette notice, je ne puis m'empècher de mentionner la profonde amitié, connue de tous, qui unit, depuis de longues années, le curé de Woonsocket, M. Dauray, et l'ancien curé de Providence, aujourd'hui à Centreville, le Rév. M. Chs Qaboury.

Ces deux hommes s'aiment comme deux frères, ils sont inséparables. Jamais la parole de l'Écriture n'eut d'application plus exacte et plus touchante : " Un ami " fidèle, c'est le baume de la vie, une protection puis- " santé. Heureux qui a trouvé un ami véritable ! "

Ces deux prêtres ont rendu de grands services à la cause canadienne dans cette partie des État& Tous les deux aussi se sont vus honorés justement par le sympathique évêque de Providence, Mgr Harkins ; M. Chs Qaboury est l'un des 'conseillers de l'évêque, et M. Dauray est examinateur des jeunes clere du diocèse.

Un curé zélé est toujours parmi les Canadiens, un curé populaire ; mais quand au zèle, il joint encore l'éloquence, alors il peut faire de ses gens ce qu'il veut. C'est ce qui a créé à M. Dauray, une si belle position à Woonsocket. Sa paroisse augmente de plus en plus, déjà elle compte bien près de 10,000 âmes.

Le jour n'est donc pas loin où il faudra (chose touours pénible au cœur) laisser une partie de ses ouailles le quitter, pour aller bâtir ailleurs une autre grande et belle église.

Quand le temps de la séparation arrivera, les partants emporteront, du moins, dans le cœur, un souvenir excellent du Précieus: Sang, et de son éloquent et distingué pasteur. ^

POPULATION CAIJADIENNE DE WOONSOCKET

Familles, Affies, Couvent J. M., Prop., EUct., 164£, 9200. 629 élèves. 296. 496.

Soc. Si J.'B. 600 membres. Ligue du S.-C. 1200.

1. La dlTiflion Tient d'avoir lieu. Le Réy. M. Leolerc, anolen vioaire à Woodiawii, eet nommé curé de la nouvelle paroiase Ste Anne de Woon- Booket

CENTRE VILLE, Pop. 6,500

PAROISSE ST JEAN-BAPTISTE

Curé fondateur. . Bév. H. Spruyt . . : (1873-1880)

2ime Curé Rév, J, Smith (1880-1887)

Sème Cv/ré Bév. Chs Oahoury (1887-.. . .)

Quatre ou cinq petits villages échelonnés sur un cours d'eau, à un quart de mille de distance les uns des autres, et groupés autour de manufacturés qui sont leur vie et leur raison d'être, forment la paroisse canadienne de Centre ville.

Un prêtre belge, le Rév. M. Spruyt bâtit Téglise en 1873.

Ancien professeur de Louvain, homme distingué, savant, M. Spruyt parlait et écrivait avec une grande facilité. Souvent il eut recours aux journaux de Providence, pour défendre la religion contre les attaques des

CENTREVILLE, R- 1-

DIOCàSB DB PROVIDENCE 333

ministres protestants, ou pour exf^.quer, d'une manière claire et convaincante, quelques points de la doctrine dé rÉglise, et toujours ses articles étaient lus avec intl^rêt par les Américains.

D'autre part, ses manières courtoises lui avaient concilié l'affection des Canadiens. Tout marchait à merveille quand le Rév. H. Spruyt fut soudainement atteint d'aliénation mentale. On dut le renfermer dans un asîlé où il mourut.

Le Rév. J. Smith le remplaça (1860-1887).

n fit tenAiner Tintérieûr de l'église, et desservit les Canadiens jusqu'en 1887. Son affabilité et sa charïté inépuisa:ble lui gagnèrent le cœur de tous ses paroissiens; Aujourd'hui encore, on parle avec affection du bon Père James Smîth.

M. Qaboury, ancien curé de Providence, prit sa plÀce à Cetairevîlle.

Eii 1888, il fit donner une mission pour établir la Ligue' dés Hommes, et 520 menibres s'enrôlèrent daiià la société.

Cette base d'opération bien établie, M. Qtfboury'se mit à l'œuvre pour avoir un couvent. C'était ce qti-îl avait déjà fait à Providence.

Le couveût, en effet, ou une bonne école de paroisse; comp&ète l'œuvre de l'égHse; et donne aut établissëmentè Canetdiens de la stabilité et de l'éhiix: Ceét aUS8f ^ le

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moyen eflScace de créer proinptement, une agglomération de catholiques qui, sur la terre étrangère, reconstruisent la paroisse canadienne, avec tous ses avantages et toutes ses consolations. L'Église seule ne suffit pas à atteindre ce but, ou bien elle ne latteint que lentement. Mais si, à côté de l'église, le prêtre élève un couvent et qu'aux environs, il y ait des terrains inoccupés, vous verrez vite les familles Canadiennes s'en disputer la possession, dans l'intérêt de leurs enfants.

Cest ce qui est arrivé à Centreville.

Il y a trois ans, église et presbytère, étaient isolés, à l'extrémité du village. Depuis que le couvent est bâti, tous les lots vacants du voisinage ont été achetés, et déjà il y a là un joli village Canadien qui va grandir de plus en plus.

Ce couvent de Centreville est, du reste, l'un des plus beaux et des mieux divisés de la Nouvelle-Angleterre. M. Qaboury a su profiter avec intelligence, des améliorations nombreuses, que l'expérience a fait faire en matière d'éducation et de construction de couvent.

Son école paroissiale, de 60 x 70, pourrait servir de modèle à celles que l'on construira dans la suite.

Centreville est aujourd'hui une paroisse florissante. Sa prospérité va augmenter encore, car voici que l'on élève de nouvelles manufactures. Bientôt, sans ^doute, il faudra donner une succursale à l'église mère.

COUVENT DE CENTREVILLE, R. I.

Ces petits centres isolés ofirent aux Canadiens les conditions les plus favorables pour garder, bien longtemps, leur religion et leur langue nationale.

Us sont vraiment là chez eux. Ils vivent ensemble, se marient ensemble, ils deviennent propriétaires, près d'eux ils ont leur église et leur couvent, que faut-il donc de plus, pour former des villages Canadiens, au centre même des États Unis ?

Eglise St J, B, 116x60 Caât 940fiOO

Couvent 60x70 " 18,000

Preshythre , " SflOO

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