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nationales et les faire réussir. En un mot, M. Bédard était partout où il y avait des Canadiens, il se mêlait de tout ce qui pouvait ccntribuer à les unir comme peuple, et en toutes circonstances, sa parole, inculte parfois, mais toujours chaleureuse et énergique, ne cessa d’exciter parmi les émigrés un véritable enthousiasme.
Nul prêtre dans la Nouvelle-Angleterre n'eut sur les Canadiens un ascendant plus considérable, et nul ne contribua davantage à leur inspirer l'esprit patriotique qui n'a cessé de les animer depuis,
Parfois, malheureusement, l'ardeur de la lutte l'entraina au delà des limites de la prudence et d’une sage modération. Il eut des excès de parole, quelquefois même, des attaques peu mésurées contre des catholiques de nationalité différente.
Les passions humaines s’en mélèrent.
Bientôt elles produisirent les tristes résultats qu'il était facile de prévoir ; la lutte devint archarnée. Ceux qui se crurent visés par des paroles inconsidérées ou atteints par des plaisanteries qu'il eût été plus digne de ne pas relever, formèrent une coalition et réussirent à aliéner l'esprit de l'évêque Hendricken, jusqu'alors très sympathique aux Canadiens. L'on en vint même à dire publiquement que le French priest, M. Bédurd, serait le premier et le dernier curé Canadien de N.-D. de Lourdes.
Ces détails sont nécessaires pour comprendre les graves événements qui survinrent plus tard à Fall River.
M. Bédard, ayant terminé une retraite de huit jours, chez ies RR. PP. Jésuites, au Sault-au-Récollet, venait de rentrer dans sa paroisse, quand il mourut subitement d'apoplexie, en 1884. Cette mort futlJle signal d’un déchainement de passions des plus regrettables. Non content de s'attaquer à l'œuvre même du curé Canadien, on poussa la méchanceté jusqu’à mettre en circulation, à propos de cette mort subite, les rumeurs les plus odieuses comme aussi les plus invraisemblables. Les faits cités plus haut, sans qu’il soit nécessaire de donner le témoignage de prêtres qui furent présents à cette catastrophe, suffisent pour faire justice de ces calomnies.
Cette haine aveugle et implacable d’une part, et d'autre part, l’ardeur enthousiaste avec laquelle les Ca.nadiens avaient toujours soutenu leur Curé, et fait de sa cause leur propre cause, expliquent, sans la justifier pourtant, l’acrimonie de la lutte qui commença à ln mort de M. Bédard.
Les adversaires du Ærench priest, s'étaient donc vantés, avons-nous dit, d'imposer aux Canadiens un Curé de leur choix. Ceux-ci se préparèrent à résister. Mgr Hendricken nomma le Rév. S. MceGee administra.teur de N.-D. de Lourdes.
M. MéGee était un bon prêtre, de manières affables, parlant Lien le français. En toute autre circonstance, il
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eût sans doute été bien accueilli par la population cana-
dienne de N.-D. de Lourdes ; mais dans les conjonctures présentes, il lui était impossible de réussir. Bien résolus
urs, à n’accepter comme Curé qu'un prêtre de leur nationanait lité, 1 + Canadiens refusèrent obstinément de reconnaître rent le nouveau pasteur. Ils remirent leurs bancs et s'absdé- tinrent en masse d'aller à l’Église. L'Évêque, voyant con - qu'il ne pouvait rien gagner, fit enlever le St Sacrement L , On de l'Église et jeta l'interdit sur N.-D. de Lourdes. n, à Le cause fut immédiatement portée à Rome. ss Bientôt l’ordre arriva de lever l’interdit, mais les Ca- PE nadiens, persistant dans leur résolution, continuèrent à phe ne pas vouloir venir à l'église. Au bout d'un an, M. McGee, comprenant que la situation était intenable, donna sa résignation.
#4 Le Rév. M. Clark prit sa place. L'opposition redoubla à de violence. L'élément féminin de la paroisse, lui-même, for se mit de la partie et fit la lutte, comme des femmes he surexitées, seules, peuvent la faire, à coups de langue et à coups d'épingles, M. Clark, lui aussi, dût céder à ; l'orage et se retirer. d Le Rév. M. Féron, qui lui succéda, crut qu'en se don- à. nant un vicaire Canadien, il réussirait à calmer les ral one esprits. [Il fit donc venir M. Laflamme, ancien curé (' un d'Upton, dans le diocèse de St Hyacinthe. C'était un : ter. homme distingué, bon orateur, de manières faciles et ra- agréables, mais dans l’état d’excitation où étaient aiors les Canadiens, cette demi inesure, ne produisit aucun FR bon résultat. Le Rév. M. Féron donna sa démission.
L'affaire, avons-nous dit, avait été portée à Rome Dès le commencement de 1885, M. Martineau fut délégué par les Canadiens de Fall River pour aller plaider la cause de ses compatriotes. Enfin après deux ans de lutte et de changements répétés, arriva la décision du Préfet de la Propagande.
Sans trancher directement la question, Rome invitait l'Évêque de Providence, dans l'intérêt de la paix et pour le bien des âmes, à donner aux Canadiens des prêtres de leur nationalité.
Mgr Hendricken se rendit à ce désir. [l nomma le Rév. M. Laflamme curé de N.-D. de Lourdes, et lui associa le Rév. M. Payan comme vicaire.
Cette même année 1886, le RR. PP. Rédemptoristes donnèrent une grande mission, et bientôt tout rentra dans le calme le plus complet.
Les nombreuses congrégations fondées par M. Bédard, reprirent leurs exercices de dévotion, les Canadiens, la pratique de leur religion, et cette violente tempête qui avait agité les esprits des catholiques dans toute la Nouvelle-Angleterre et au Canada, ne parut pas avoir lnissé la moindre trace dans la belle paroisse de N.-D, de Lourdes.
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En 1888, M. Laflamme fut forcé d'abandonner son poste, pour raisons de santé, et le Rév. J. Prévost, alors curé de New Bedford, fut appelé à le rerapl'acer.
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La mort imprévue de M. Bédard avait laissé la paroisse de N.-D. dans une situation financière des plus embarrassées. Les exécuteurs testamentaires du curé défunt étaient MM. Gaboury et Dauray. Par leur prudence et leur habileté, ils réussirent à sauver la situation ; mais il restait encore sur l'Eglise et le collège une dette considérable. Ce fut pour rétablir définitivement l'équilibre dans les finances que Mgr Harkins, le nouvel évêque de Providence, demanda au Rév. M. Prévost de quitter sa florissante paroisse de New Bedford, pour prendre la eure de N.-D. de Lourdes.
Habile financier autant que prêtre zélé, M. Prévost réussit, en deux ans, à éteindre presque complètement la dette de la paroisse, et à consolider toutes les œuvres commencées par M. Bédard.
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Ces troubles de Fall River, tout regrettables qu'ils aient été, ont produit cependant, pour la cause des (anadiens, les résultats les plus importants.
Rome, il est vrai, n’a pas reconnu et ne pouvait pas leur reconnaître un strict droit de justice à n'être desservis que par des prêtres Canadiens, mais, concession précieuse pour les émigrés, Rome admit la valeur des raisons de haute convenance, et d'intérêt religieux de premier ordre, qu'il y avait de donner, autant que possible, à ces catholiques, des prêtres de leur propre nationalité.
Les Canadiens se déclarèrent | leinement atisfaits de cette décision.
Depuis ce temps, la lettre du Souverain Pontife aux Évêques d'Amérique, pour leur recommander les Italiens émigrés, et l’action directe du Pape, envoyant à ces catholiques des prêtres de leur pays, ont définitivement tranché cette question délicate.
A partir de 1886, nombre de paroisses avec des prêtres Canadiens à leur tête, ont été établies dans les États de la Nouvelle-Angleterre.
Les RR. PP. Dominicains de Lewiston ont pris la direction de Ste Anne et dans un ñes faubourgs de Fall River, à Bowenville, une paroisse nouvelle est en voie de formation.
Les Canadiens vont donc avoir trois églises à eux dans ce grand centre manufacturier.
Après avoir payé la dette de N.-D. de Lourdes, M. Prévost a entrepris des œuvres considérables pour sa belle paroisse.
L'an dernier il ouvrit un Orphelinat que dirigent les Révérendes Sœurs Grises de Québec.
Mgr Harkins, si sympathique aux Canadiens, à cause de ses vues larges et de l'intérêt qu'il porte à la cause catholique, sans distinction de nationalité, va demander à toutes les paroisses françaises de contribuer à la fondation de ce grand établissement de charité.
Pour remplacer l’église temporaire bâtie par M. Bédard, l’on va commencer au printemps, à construire un temple magnifique de 200 x 80 et qui coûtera environ 200,000 piastres.
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ife aux Les RR. PP. Dominicains de Ste Anne, sont, eux aussi, es Ita- de leur côté à rebâtir sur de grandes dimensions. Dans nt à. ces quelques années trois églises nouvelles témoigneront de vement la foi ct de la générosité des Canadiens-français de Fall River.
prêtres Le tats de POPULATION CANADIENNE DE N.-b. DE LOURDES pris la " urgs de Familles, Ames, Couv. J.M, Propr, Elert, en 1075, 6825. 700 éléves. 282. 427.
s À eux LÉ SOCIÉTÉS DE FALL RIVER Cercle Salaberry...................... 75 membres M Secours mutuel (jeunes gens)........... 100 «6 px Ligue du patriotes..............,..... 276 ET DR ON nn center th 136 Soc. St Jean-Baptiste............,..... 319 rent les A CAUSE Lohs POPULATION CANADIENNE TOTALE DE FALL RIVER : srl 3 paroisses : Ste Anne, — N.-D. de Lourdes —$St Mathieu. Familles, Ames, ®Couvents, Propr, Elect. 1 M. Bé- 3392, 16,961. 1537 élèves. 466, 1009. il dire un ii
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