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CHAPITRE III VIE SOCIALE DES CANADIENS

Les français d'Amérique. — Les fricots de famille. — Les soirées au bouquet.— La canadienne policeman de paroisse — Charité des canadiens. — Les charpentiers de Burlington. — Les deux bébés d’adoption.— Défauts des émigrés. — Imprévoyance et luxe. — Les dix piastres pour M. le curé. — Ces Misieurs et ces Demoiselles, le dimanche !

Le Canadien émigré aux États reste Français d'allures et de caractère. Gai, spirituel, aimant à causer avec les amis, à dire et à entendre de joyeuses histoires, d'une vivacité un peu prompte à s’enflammer, mais sans amertume ni ressentiment, il possède généralement un bon cœur dans une bonne et large poitrine.

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fraternelle camaraderie. Les disputes sont rares ; du reste elles se bornent toujours à des batailles de paroles. Dans un grand nombre de centres, les Canadiens sont originaires des mêmes paroisses ; une famille attire l’autre, et parents et amis, se retrouvant ensemble dans leur patrie d'adoption, reprennent les bonnes relations d'amitié qu’ils avaient jadis en Canada. Ce rapprochement offre, en outre, une protection efficace contre l'invasion de gens suspects, qui voudraient se glisser au milieu de ces agglomérations canadiennes. Leur histoire est vite connue, et ils se voient bientôt obligés d'aller chercher fortune ailleurs.

Le Canadien aime beaucoup la société et surtout les réunions intimes. Durant les mois de décembre et janvier, il y a peu de chose à faire au pays dans les fermes ; aussi C’est le temps des visites. Et alors, il est bien rare de trouver un habitant qui résiste à la tentation d'aller prendre part à ce qu'on nomme, dans la langue du cru, un fricot de fumille. Dans les belles nuits d’hive lorsque les étoiles brillent de l'éclat le plus vif, vous entendez tout à coup résonner à travers la campagne les grelots d'un attelage, et la lame d'acier du traîneau fait crier la neige durcie par un froid de quinze à vingt degrés. C’est une famille d'habitants qui se rend au fricot. Femmes et enfants, chaudement enveloppés dans leurs fourrures, remplissent le fond de la carriole, La

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