‹ Les canadiens-français de la Nouvelle-Angleterre [microforme]Chapitre 141 sur 190 · ST. JEAN-BAPTISTE, LYNN, MASS · texte numérisé non relu

ST. JEAN-BAPTISTE, LYNN, MASS

LYNN, Por. 55,684

PAROISSE ST JEAN-BAPTISTE

Organisateur........ Rév. J. Gadoury....... (1886) 1er Curé résident. ....Rév. J. B. Parent. .......(1887)

Dès que M. Gadoury fut nommé vicaire à Salem, il commença à s'occuper activement des Canadiens de Lynn, qui n’est qu'à 7 milles de distance.

Ils étaient en bon nombre dans les manufactures de la ville, on le savait ; mais sans église à eux, sans prêtre pour leur parler français, la plupart s'éta'ent laissés aller à une indifférence déplorable, en matière de religion.

M. Gadoury se mit à la recherche des familles canadiennes. Il les visita à domicile, ranima leur foi et bientôt

découvrit qu’il y avait assez de catholiques français pour avoir une église à eux.

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Restait à obtenir l'agrément de l’Archevêque de

Boston. Pé Une femme canadienne, mère d’une nombreuse té famile, Mme Sarah Augé, se chargea d'aller plaider la cause de ses compatriotes. Le bon Archevêque écouta avec bonté les supplications qui partaient de ce cœur de mère. fa En mai 1886, il demanda à M. Gadoury de donner ch une mission aux Canadiens de Lynn. C'était un moyen eu prudent de voir si l’entreprise offrait des chances de Bo succès. Le Rév. J. C. Harrington, Curé de St Joseph, M] mit gracieusement le soubussement de son église à la | | disposition de M. Gadoury. Dès le premier soir, l’église se remplit, au grand étonnement des prêtres de Lynn. il Ils. ne connaissaient que les quelques familles pieuses 6e qui étaient propriétaires de bancs dans leurs paroisses. . Si pareil essai se faisait dans tel ou tel autre sos

centre de la Nouvelle-Angleterre, elie donnerait aussi pareil résultat.

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A partir de cette retraite, la cause des Canadiens fut gagnée auprès du loyal Archevêque de Boston.

Le 18 septembre 1886, M. Gadoury fut nommé desservant de la future paroisse, et aussitôt l’on commença la besogne.

La Providence seconda l’entreprise d'une manière admirable.

Il y avait à Lynn deux émigrés français MM. Weber et Carecabe qui, rare exception hélas! parini leurs com-

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ARCHIDIOCÈSE DE BOSTON 391

patriotes, étaient restés excellents centholiques. Dieu avait béni leurs travaux et tous deux se trouvaient à la tête de manufactures importantes,

Ils prirent à cœur la construction de l’église.

Les voilà qui se mettent en campagne, visitant les familles d'origine française, stimulant leur foi, et, préchant d'exemple aus:i bien que de paroles, ils souscrivent eux-mêmes plusieurs milliers de piastres pour l’église, Bou nombre de citoyens influents les imitent, entr'autres MM. Hébert, Langlois, Beaudry, etc.

Bref, le succès de l'entreprise fut assuré.

Dans la rue Franklin, l’une des plus belles de Lynn, on acheta un terrain et l'on commença le: fondations d’une église de 115 x 65. L'année suivante, le 4 décembre 1887, cette gracieuse église, décorée à fresques, grâce à lu générosité de M. Carecabe, était ouverte au culte.

Myer Williams, archevêque de Boston, présida la cérémonic.

Après avoir félicité les catholiques Franco-américains des sacrifices qu’ils avaient faits pour bâtir leur église, le vénérable Prélat ajouta ces paroles remarquables :

“ — Quoique tous les catholiques aient la même foi, “ la même religion, les mêmes aspirations, lu langue “est une cause raisonnable de séparation pour le culte « , a

public.

“ Maintenant, vous êtes chez vous ; servez Dieu et soyez

“ de bons chrétiens comme dans les divers pays d'où

“ vous venez, en conservant les belles traditions de vos se père: L-

La paroisse était fondée, mais au spirituel il restait bien de la besogne à faire.

Quand M. Gadoury fut nommé Curé de Salem, en 1887, M. Parent le remplaça comme prêtre résident, à Lynn. Avec une patience et un zèle admirable, il s'efforça de rapprendre aux émigrés le chemin de l'église, que beaucoup d’entr'eux avaient oublié depuis longtemps. Dieu a béni ses efforts, et sa jeune paroisse augmente constamment en ferveur et en nombre.

En 1887, il y avait à Lynn 133 familles françaises, en 1889, 181 familles, en 190 elles sont déjà 215.

Une grande retraite vient d'être prêchée à St Joseph. Elle a été suivie de la manière la plus édifiante, et plus de 750 personnes ont fait leur devoir pascal.

I était temps d'agir. Quelques années plus tard, tous ces hommes, avec leurs enfants, eussent disparu dans le gouffre du protestantisme ou de l'indifférence religieuse.

Leur église, comme le dit si à propos la Notice à laquelle j'ai fait de nombreux emprunts, “ sera la porte du ciel pour eux et leurs familles.”

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