‹ Les canadiens-français de la Nouvelle-Angleterre [microforme]Chapitre 24 sur 190 · LA QUESTION DE LA NATIONALITÉ D'UN PEUPLE · texte numérisé non relu

LA QUESTION DE LA NATIONALITÉ D'UN PEUPLE

Que représente la nationalité d’un peuple ? — Les émigrés doiventil abandonner leur nationalité ? — Variété dans l’unité. — Les ultra-américains et leurs dires. — La St-Patrice aux Etats.— Le drapeau irlandais à New-York.

Cette question de la Nationalité joue un rôle considérable dans le sujet qui nous occupe et elle forme, pour ainsi dire, le point central que les Canadiens défendent avec énergie et que leur adversaires attaquent avec le plus d’opiniâtreté : Il ne sera dome pas hors de propos de la traiter iei avec quelqu'étemdue, Nous comprendrons mieux ensuite pourquoi les Canadiens en font le boulevard de leur religion et de leurs mœ rs,

La nationalité d'un peuple représente tout un passé d'efforts communs pour créer ce que l'on nomme une patrie.

C'est un ensemble d'idées, de traditions, de manières d'être qui donne à un peuple une physionomie spéciale, distincte de celle des autres peuples. Cette union des intelligences et des cœurs ne connait ni les limites du temps, ni les séparations de la mort. Vivants et morts ne forment qu'un seul peuple, Les ancêtres, les grands hommes de la patrie revivent pour nous, et par l'histoire de leurs belles actions, et par les monuments littéraires ou artistiques qu'ils nous ont laissés, leurs noms nous sont familiers dès l'enfance, leurs statues parlent à nos yeux sur les places publiques, leurs œuvres nourrissent notre intelligence et font battre nos cœurs. Nous le sentons, nous sommes de la même fanille, leur gloire est notre gloire, c'est un héritage commun qui passe des pères à leurs descendants,

Pour être parfaite, la nationalité à besoin d’un triple lieu qui unisse ensemble tous les citoyens d'une même nation.

Il lui faut : l'unité de langage, nécessaire aux relations sociales, l'unité de religion pour harmoniser les intelligences et les cœurs, et enfin l'unité politique qui maintienne la stabilité des institutions publiques et assure l'union des volontés et des bras pour les défendre au besoin.

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Ces trois éléments ne sont pas, il est vrai, nécessaires au même titre. L'un ou l’autre peut disparaître sans que pour cela la nationalité disparaisse complètement, mais, à coup sûr, elle en sera certainement affaiblie. Au contraire, plus ces éléments constitutifs d'une nation seront puissants, plus aussi la nationalité sera forte.

Or le Canadien-français est fier d’appartenir à une nation qui, depuis quatorze siècles, à tenu une place distinguée parmi les autres nations de la terre. La France, en etfet, ne l’a cédé à aucune d'elles, ni en gloire, ni en générosité, ni en actions éclatantes. Elle a produit des légions d’hommes illustres, 1e héros et de saints, Elle possède une littérature toute pénétrée de l'esprit catholique le plus vivace. Elle a couvert le monde des monuments de son zèle et de sa religion. Malgré des défaillances regrettables, la nation française n'a cependant janais renié les titres de son baptême et, toujours, elle s'appelle avec un légitime orgueil la Fille ainée de l'Eglise.

Que d'autres peuples se glorifient de la prospérité matérielle de leur patrie, qu’ils se réjouissent de l’extension de ses colonies et des fortunes colossales que le génie de leurs enfants.sait amasser, c'est Ià un orgueil national auquel je rends volontiers hommage, Mais partout sur terre, on a droit de porter haut et la tête et le cœur, quand on peut dire “ moi, j'appartiens à la race “ qui la première courba le front sous la main du Christ “et qui, pendant quatorze siècles, écrivit avec la plume “ et l'épée, les actes de Dieu en ce monde ; ma patrie

“ c’est la France !

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