SERGE
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Cet héritage e:c commun à tous les enfants de la France.
Mais le peuple canadien a de plus, un héritage partieulier, qu'il ne saurait abandonner sans forfaire à l’honneur et à la reconnaissance envers Dieu,
Quelle nation sur ce continent fut plus riche en grands hommes et en saints ? La Providence semble avoir voulu rassembler autour du berceau de ce peuple tout ce qui pouvait lui donner une constitution robustement chrétienne et vigoureusement héroïque : Voyez les de Laval, les Champlain, les Maisonneuve, les Brébeuf, les Lallemant, les Joliet, les d'Iberville, les Plessis et tant
d'autres !
Dites moi, où sont chez les peuples voisins, les hommes de cette taille !
Et l’on voudrait que le Canadien-français, fils de la vieiile France, renonçât au noble héritage qu'il tient de sa mère-patrie et de ses ancêtres canadiens, parceque, à quelques lieues de son pays natal, il s'établit dans un pays où flotte un drapeau étranger ! L'on voudrait que riche des souvenirs les plus glorieux, des exemples de famille les plus propres à maintenir la noblesse du cœur, il se dépouiliât lui-même de ces biens de famille, pour se réduire à une obscure médiocrité, pour ne pas dire à la plus triste indigence !
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Mais ce serait là une trahison sans excuse, une abdication sans dignité, un vrai suicide national que rien ne saurait justifier, et que, du reste, rien ne réclame,
En mettant le pied sur le territoire de la grande République, les émigrés loivent, il est vrai, accepter la constitution politique de leur patrie d'adoption, Ils ont l'obligation d'obéir à ses lois, de supporter les charges publiques, de vivre de sa vie umerciale et politique.
Que faut-il de plus pour maintenir l'unité et l'harmonie entre les citoyens ? Ces hommes ne sont-ils pas suffisament américanisés pour toutes les fins politiques et nationales !
Un fier Canadien-français Ferdinand Gagnon, exposait cette situation avec beaucoup de netteté et de précision.
“ L'allégeance à un pouvoir ne change pas l'origine “ du sujet ou du citoyen ; elle ne change que sa condi- “ tion politique.”
“ En prêtant serment de fidélité à la constitution des “ Etats-Unis, rien ne change en moi, ni ma foi reli- “ gieuses, ni mon amour des traditions nationales.
“ Que se passe-t-il alors ?
“ Il se passe un contrat politique qui m'oblige à obser- ‘“ ver les lois du pays que j'adopte pour patrie, à défendre ‘son drapeau, à travailler à la prospérité générale de la
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