CHAPITRE IX
LA QUESTION DE LA NATIONALITÉ, (swite )
‘€ Notre langue gardera notre religion.” — Est-ce vrai ? — Ce que garde la langue française pour le Canadien. — Traditions et dévotions populaires. — Quels résultats produirait la fusion ? — Programme des émigrés, ‘ Notre Religion, notre langue, nos mœurs.”
En émigrant aux Etats-Unis, les Canadiens acceptent librement des institutions politiques différentes de celles de leur pays natal. mais en même temps, ils sont bien résolus de conserver les deux autres éléments consti-
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DE LA NOUVELLE-ANGLETERRE 15 tifs de leur nationalité : la Religion et la langue, c'està-dire à demeurer Canadiens-Français au foyer domes-
tique et surtout à l’église.
Leur raisonnement est très simple :
“ Sur la terre d'Amérique nous sommes bien décidés “à garder pour nous-mêmes et pour nos enfants les “ croyances religieuses de nos pères. Or les plus puis- “ sants remparts de cette foi catholique sont nos mœurs “et nos traditions nationales, et la langue peut nous “ les conserver. Donc pour garder notre Religion, nous “ garderons aussi fldèlement notre langue française :”
Ce raisonnement est-il juste ? Faut-il réellement accorder à la préservation de la langue, une influence aussi considérable sur la conservation de la religion elle-même ? Je le crois, et tous ceux qui ont étudié sérieusement cette question, seront de mon avis, j'en suis sûr.
La langue française, en effet, est le trait d'union entre les Canadiens émigrés aux Etats, c'est le lien qui les tient ensemble dans les villes manufacturières et leur permet de reconstituer la paroisse canadienne telle qu’ils l'avaient en Canada. Quoi de plus puissant pour garder les mœurs nationales, et de plus efficace pour conserver aux émigrés la physionomie religieuse qui leur est propre ?
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