‹ Les canadiens-français de la Nouvelle-Angleterre [microforme]Chapitre 6 sur 190 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

Rien n’aveugle un homme et ne le jette plus facilement dans des exagérations injustifiables que de vouloir faire triompher, coûte que coûte, une cause qui après tout, peut prêter le flanc à l’objection et dont les avantages sont susceptibles d’être discutés.

L'affaire du salut, seule, réclame cette intensité d’affirmation. Dans tout le reste, il faut toujours tenir compte de la liberté humaine et la respecter.

Ainsi, je connais de fort braves gens qui travaillent pour de fort bonnes causes, mais en dehors de leur idée ils ne veulent absolument voir que décadence, catastrophe et ruine complète.

Cette méthode me semble manquer de loyauté.

Présentez vos arguments dans toute leur force, faites valoir le mieux possible les avantages de votre plan, très bien ; mais ensuite, laissez les hommes libres de faire leur choix, et ne vouez pas aux gémonies et à la réprobation ceux qui ne tombent pas en extase devant les perspectives que vous leur ouvrez.

Ce ne serait ni juste, ni habile.

Je regrette autant que n'importe qui les pertes que la grande émigration a infligées au Canada. J'applaudis de tout cœur aux efforts que des patriotes généreux, prêtres et laïques, font pour arrêter ce fléau, et offrir dans le‘pays même, de nouveaux champs d'activité, des

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