‹ Les canadiens-français de la Nouvelle-Angleterre [microforme]Chapitre 7 sur 190 · PRÉFACE XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIII

colonies nouvelles, aux familles trop à l'étroit dans le domaine paternel ; mais ce n’est pas une raison pour refuser de rendre justice À ceux qui n’ont pas voulu ou n'ont pas pu profiter de ces avantages.

I fut un temps, (et ce temps n’est pas très éloigné) où l’on ne pouvait parler des Canadiens émigrés qu'à la condition de les peindre sous les couleurs les plus sombres. C’étaient des malheureux plongés dans la misère la plus noire, des esclaves au service de maitres impitoyables, des catholiques qui perdaient à la fois et leur langue et leur religion. Ils avaient quitté une patrie où coulait le lait et le miel pour s’en aller manger les oignons d'Egypte dans l’abjection et les larmes. Tous ces hommes, bien entendu, étaient perdus pour la religion et la nationalité.

Aujourd'hui, grâce à Dieu, la lumière commence à se faire sur cette migration étrange de près d’un demimillion d'hommes.

Des prêtres sont allés les voir aux Etats, des hommes publics, sans distinction de parti, les ont visités. Ils ont étudié leur situation nouvelle, et les uns et les autres revenus au pays avec des idées bien différentes de celles qu'ils avaient jusqu'alors, ont eu le courage et la franchise de dire aux Canadiens du Canada :

“ Vous n'avez pas à rougir de vos compatriotes émigrés. Ce sont gens d'énergie et de cœur, honnêtes et industrieux et qui, sur la terre étrangère, restent tou- Jours catholiques et français. Partout, dans l'Est, nous avons retrouvé la paroisse canadienne reconstituée comme en Canada, partout nous avons vu les Canadiens

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