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suffoqué par la fumée, il se lève en toute hâte, et sauve à grand’'peine, conime il peut, les restes de sa garde robe qui brûlait,
Le bon évêque était le premier à rire de ces mésaventures. Il continuait avec ardeur ses courses apostoliques, regrettant seulement de n'avoir à mettre au service de Hu ses pauvres Canadiens, que son grand cœur et son zèle d'apôtre, quand la Providence lui vint en aide d’une manière fort extraordinaire.
Lorsque Mgr Rapp était évêque de Cleveland, ur américain Jui avait donné plusieurs actions sur une mine d'argent du lac Supérieur. Durant de longues années, ces titres parurent n'avoir aucune valeur, quand tout-à coup, en 1872, l'évêque apprit à sa grande joie, A
que ses actions lui donnaient droit à des dividendes considérables.
Las Fr x e di Jamais fortune n’arriva plus à propos, ni à un homme disposé à en faire meilleur usage. Le Aussitôt il employa pour les Canadiens, la plus grande jé partie de cet argent providentiel. A Enosburg il leur qu bâtit une école qui sert aujourd’hui de presbytère au “él prêtre résident ; il donna au P. Cam, de Swanton, une di somme considérable pour son couvent, il construisit une di jolie petite église pour les pauvres catholiques d’Alburg, “ une autre à l’île Lamothe, se réservant pour lui-même vit un petit appartement, immédiatement au dessus 1 4 de la sacristie, (C'était bien modeste. Il y avait là un
juste place pour un lit, un prie - Dieu, et une table de
travail, et l'évêque en entrant chez lui devait courber sa haute stature pour ne pas aller donner de la tête contre les soliveaux de la toiture.
N'importe, Mgr Rapp était content.
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Pendant plusieurs années, il desservit ces populations comme un simple missionnaire. Après avoir donné la messe à ses catholiques d’Alburg, il franchissait souvent à pied, hiver comme été, les sept milles de distance qui le séparaient de ses enfants de l’île Lamothe. Là surtout, au milieu de cette population simple et bonne, l'évêque se sentait en famille. Jeunes et vieux il les réunissait à l'église, et durant de longues heures leur parlait du bon Dieu et de la religion, puis, le soir venu, il faisait la prière avec eux, comme un père de famille au milieu de ses enfants.
Il chercha même à améliorer généreusement leur condition matérielle.
La plupart de ces Canadiens étaient des journaliers, au service des Américains. Mgr Rapp rêva de les faire propriétaires. Il leur avança à chacun quelques centaines de piastres pour s'acheter un emplacement et se bâtir un petit chez eux. L’essai, il faut le dire, ne fut pas très satisfaisant. Ces pauvres gens comptant trop sur la générosité du bon évêque, négligerent le travail, et leurs petits cottages furent bien vite mangés par les hypothèques. Pourtant l'élan était donné, et aujourd'hui bon nombre de ces Canadiens ont une modeste maison et quelques arpents de terre à eux autour de leur eglise.
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Mgr Rapp se proposait encore de bâtir d’autres chapelles pour les Canadiens des bords du lac Champlain, quand la mort vint tout-à-coup arrêter ses desseins charitables.
Il prêéchait une retraite à la Grande Ile, lorsqu'une hernie dont il souffrait depuis longtemps, se débanda. Il n’y avait pas de médecin sur l’île, il fallut donc, au milieu de grandes souffrances, transporter le malade à St Albans chez son ami M. Druon. Mgr Rapp eut à peine le temps de recevoir les derniers sacrements, puis il expira le jour de la Nativité de la Ste Vicrge, le 8 septembre 1877.
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Le vaillant missionnaire avait disparu, mais son œivre resta pour dire son zèle «des âmes et son amour pour les Canadiens du Vermont.
Il y à quelques années, Mgr de Burlington put enfin donner un curé résident à ces petites paroisses du lac Champlain. Ce fut le Rév. M. Kerlidou, prêtre pieux et zélé, qui, à force de privations et de sacrifices, a réussi à mettre ces centres Canadiens sur un très bon pied. En 1888, il acheta à l’île du Nord, un grand hangar à marchandises, qu'il transforma en église fort convenable.
Tous ces centres sont pauvres, très pauvres, et M. Kerlidou n’a pas à sa disposition la mine d'argent de Mg: Rapp. Quelques minots de patates, des légumes, de temps à autre un quart de farine, sont à peu près les seuls présents qu’il reçoit de ses paroissiens; mais M.
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Kerlidou est breton et apôtre. IL a réussi depuis quatre ans à tenir la situation, et il espère bien la tenir longtemps encore.
Entre ses courses de missionnaire, le bon M. Kerlidou a trouvé le moyen d'écrire l'histoire du fort Ste Anne, bâti jadis par les français à l'ile Lamothe. Sur l'emplacement de ce fort, il a rêvé de construire une chapelle à la patronne des Bretons et des Canadiens, et d'en faire un lieu de pèlerinage pour les catholiques des États voisins.
Puisse ce rêve devenir bientôt une réalité !
Puissent des âmes généreuses aider de leurs anmônes le vaillant missionnaire, à exécuter un dessein si pa-
triotique et en inême temps si glorieux pour la bonne Ste Anne.