‹ Les Canaux De La Garonne A La LoireChapitre 35 sur 40 · Représentant 714 millions aujourd’hui · texte numérisé non relu

Représentant 714 millions aujourd’hui

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intéressée de la loi du 5 août 1879. Pour évaluer le coût d’un canal de la Loire à la Garonne par Limoges et Périgueux, on peut éliminer les canaux des Charentes de Limoges à Rochefort ou La Pallice, pour s’en tenir au canal principal de Périgueux à Montluçon, avec mise à grande section de la canalisation de l'Isle de Libourne à Périgueux et l’on arrive alors à une évaluation raisonnable qui reste bien en dessous des chiffres de Dingler.

Au reste comment apprécier la dépense de construction d’un canal ?

On peut choisir entre deux méthodes : ou bien appliquer un prix de revient moyen par kilomètre d’après les prix réels des canaux déjà établis ; ou bien appliquer d’après les coûts de construction de canaux déjà réalisés des prix de revient par kilomètre de canal, par écluse, par kilomètre de rigole, par souterrain, etc.

Utilisons successivement ces deux méthodes.

I. — Quel est, tout compris, le prix de revient moyen d’un kilomètre de canal ?

Cordier (1) constate qu’en Angleterre 43 canaux à grande section ont coûté en moyenne 101.136 francs le kilomètre. Dutens (2) fixe à 97.063 francs le prix de kilomètre de canal à grande section et Brisson (3) arrive aux chiffres de 90.000 francs ‘par kilomètre

1. Cordier, Histoire de la navigation intérieure en Angleterre.

2. Dutens, Histoire de la navigation intérieure de la France, LP R 1

3. Brisson, Essai sur le système général de la navigalion intérieure de la France, p. 116 et suiv.

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de canal de première classe et de 57.000 francs par kilomètre de canal à petite section. Ce dernier auteur a obtenu ces chiffres en prenant pour base les dépenses de construction des canaux du Midi, du Charolais et de Saint-Quentin.

« Les prix dont je me sers, écrit-il, pour évaluer ce qui se rapporte à la longueur des canaux et à leur chute étant déduit à postiort de trois grandes expériences, comprennent toutes les fausses dépenses, les accidents, les objets imprévus, etc….., qui échappent aux estimations faites à priori telles que celles que l’on présente ordinairement. »

En fixant à 50 millions en 1879 le coût d’établissement du canal de Libourne à Montluçon, on arrivait, en tenant compte que sur 410 kilomètres, 120 de Libourne à Périgueux, étaient déjà en partie exécutés et en les comptant pour moitié, à un prix moyen de 140.000 francs par kilomètre, c’est-à-dire à un chiffre bien supérieur au prix de revient des canaux alors existants. Ce chiffre de 140.000 était celui auquel s’arrêtait M. Krantz dans un rapport à

la Chambre des députés en 1882.

De nos jours en estimant la dépense totale pour le canal Libourne-Montlucon à 178.500.000 francs, et en procédant de la même manière qu’en 1879,on arriverait à un prix de revient moyen de 510.000 fr. par kilomètre. |

IT. — La seconde méthode d'évaluation du prix

d'exécution, qui consiste à tenir compte séparément

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des divers éléments ou travaux est aussi décrite par Brisson (1).

« Considérant d’abord, dit-il, les canaux de première classe j'ai pris pour base de mes recherches la dépense de construction des canaux du Midi, du Charolais et de Saint-Quentin, en ayant égard, relativement au premier, de la différence de la valeur de l'argent à l’époque de son ouverture et au moment actuel, et en faisant abstraction par rapport au canal de Saint-Quentin des dépenses de souterrains.

« J'en ai déduit que le kilomètre de longueur de canal, non compris les écluses, mais en comptant les tranchées, les ponts, les acqueducs, etc., et même les maisons d’éclusiers, qu'on ne doit pas multiplier autant que les écluses quand ces dernières sont très rapprochées, revient en moyenne à 90.000 francs, et que le mètre de chute racheté par des écluses, en y comprenant les accessoires de ces ouvrages, revient en moyenne à 24.000 francs.

« J'ai évalué le kilomètre de longueur de rigole à 18.000 francs, y compris également les constructions accessoires et les indemnités que nécessitent la distraction des eaux.

« Le canal souterrain de Saint-Quentin de 8 mètres de largeur et de8 mètres de hauteur sous clef revient, assez exactement à 500 francs le mètre courant y compris les voûtes ; mais la nature du solet le bon marché de la brique ont permis de faire ce grand travail avec assez d'économie. Je suppose que les

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