‹ [Les Cancans]Chapitre 104 sur 297 · LE CAPTIF · texte numérisé non relu

LE CAPTIF

HANDES est mis en liberté ; HANDES, le garde municipal , arrêté comme carliste, n'est pas coupable; le juge d'instruction l'a décidé. HANDES est libre. Ilcst vrai que l'huissier néglige de

iDCtire ù ex(^cutio!j l'oivlre <m'il a reçu tic dclivrer le i)risonnior. Mais il a tanl de chose* à f;uio l'huissier, qu'un dotonu, après six semaines de pi dveotion , peut jjien attendre trois jours de plii<; sa îiberic. ! (ANDES attend donc trois jours; enfin , le troisième jour il sort, il nous dit adieu , il part, il arrive à son quartier. Sans douSe on v.i le comr)limenler sur sa tardive délivrance ; on va l'entourer, le féliciter de ce qu'il n'est pas coupable des crimes dont il ctait accuse'. Oui, oh! oui, sans doute,

tels étaient !a conduite, le premier mouvement des braves

Tout cela est bien change"... HANDES est aussitôt plonge dans un cachot infect avec les fers aux mains , et on lui refuse Joute espèce de nourriture. Cependant il devait cire libre , la justice avait prononce' sur son innociMîce. Eh! qu'importe lu justice aux esclaves de l'arbitraire! Le malheureux soldat reste

jusqu'au lendemain dans cette horrible position Mais, quand

vient le jour, on l'arrache à son cachot, on le force à en sortir, on le pousse au milieu dune troupe de furieux, (jui le mutiient

à coups de bâton, de cravache et d'ctrivière Ce sont ses

camarades, dit-on. Ses camarades? Non, ce sont les camar'ides d'un autre... de... ce ne sont pas les siens. HAiVBES, lui, est bon , lîonx, brave, généreux, royaliste, peut-être; il n'a pas

de camarades parmi les tiqres Avec qnoi avez-vous done

fait des soldats? Le malheureux cherch;nt à se soustraire à tant decruaute's; il avait dei fers; il ne put y parvenir. Enno, lasses de frapper, ses bourreaux le forcent à monter dans un fiacre, et, après un assez long trajet, l'arrêtent dans la plaine de Montrouge. au bord du petit bois. En route, il leur demandait en grâce im :;eu de pain, un peu d'eau. «Tu n'en as pas besoin, lui reponda;i-on , ton affaire est claire » Ils voulaient lui faire

croire à une mort violente, il le virent calme et résigne' Il

fut reconduit à la Force. C'est de cette pri:son qu'il nous a fait parvenir ses plaintes. Ah ! elle? serc it recueillies par tout ce qui reste encore en France de citoyens gc'néreux et de soldats dignes de ce nom.

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