‹ [Les Cancans]Chapitre 114 sur 297 · RECONNAISSANS · texte numérisé non relu

RECONNAISSANS

Allons , mes Cancans, faites entendre vos vingt mille voix! Vous n'êtes ni gros , ni gras, nibètes, par conséquent vous devez être reconnaissans. Vous n'avez ni cousin à renier, ni he'ritage à recueillir , donc vous ne pouvez pas être ingrats ; donc vous devez proclamer à la face de la France les noms de vos bienfaiteurs , de ces ge'nereux royalistes qui sont venus à votre aide, et n'ont pas craint de signer leurs bienfaits d'une profession de foi aussi noble qi^e courageuse. Allons ) Cancans, entonnez l'hymne de la reconnaissance!

HTMItB DES CAKCANS.

Non , Krance , ils ne sont pas morts ceux (ju'on appelait les vaincus! Ils sont pleins de gloire, de courage et d'honneur; ils sont nombreux comme les oiseaux du ciel, superbes comme les cèdres du Liban , purs comme le lys qui croîî dans les vallées; leur visage estrinnt, leur têle haute , leiu" front sans honte, leurs mains riches et abondantes; ils ont une parole de paix qui vient du cœur, qui console toujours cdui qui i'e'coute; ils connaissent un baume qui gue'rit les plaies du peuple. Ils ont vu les egaremens de leurs ennemis, et ils ont battu des mains ; ils ont vu les trois campagiies de Belgique , de Lisboiine et ti'Italie , et ils ont souri en pensant r. leur glcwre africaine ; iU ont entendu les cris de b Pologne expirante, et ils ont senti bouillonner leur courage; ils ont lu sur une porte coclicre, changement de domicilr , et ils ont dit : «Voilà qui va bien! a Ils ont vu creuser des fossés, doubler des postes, broquer des canons, de'molir des palais et des édifices antiques, puis danser des galoppes, et ils ont eu mal au cœur... comme un ministre imberbe. Oh! ils ne sont pas morts ceux qu'on ap|îelait les vaincus ; car ils ont ▼u pendre un homme vivant à une eôpagnolette, et un mannequin à une lanterne. Ils ont ëtë témoins des pleurs de ceux dont on vendait les meubles sur la place publique pour payer les impôts. Ils ont entendu rire les heureux qui votaient la liste civile. Ils ont vu la rage et l'indignation sur le front de l'homme en ' gueniliôi qu'on repoussait du jardin des Tuileries, de cet homme

qui voulait tfire un mot tout bas à h statue de SpartaciiS. Sontils morts ceux qui ont cte témoins dft toutes ces choses^ non , non; leur cœur bit comme le spiral d'une montre q«i marque l'heure de la vengeance et celle du pardon.

Gloire à vous, qu'on appelait les vaincus, car vos habits ne sont pas soaille's de sang! Vous portez toujours siu- vous les couleurs de l'espérance; vos femioes , semblables à des anges , apparaissent dans les cercle» le front ombrage' de plumes à flots neigeux ; l'ccKarpe îe'gère qui se croise nc'gligemment sur leur sein*:t parseme'e d'embicmes aux doux souvenirs , et leurs regards , sans cesse lourne's ver»; les rivages de la mer, semblent dire : «Celui que j'aime est au-delà des vagues ecumantes, sur « les montagnes d'un pays lointain , che2 un peuple rude , mais « hospitalier. » Gloire à vous , qui soutenez la cause de l'orphelin, et qui pleurez sur l'ingratituHs et la perfidie des hommes! Ceux qu'on appelle les vaincus portent-ils jamais de riflard? Prennent-ils un cabriolet pour une e'meute? Le son du bourdon de Notre-Dame leur donne-t-il le cauchemar? Se regalent-ils jamais entre eux de coups de pied au coccix? Les entend-on jamais s'e'crier : Ici, d'Ar^out: ou, je ne suis pas bon à jeter aux chiens? Sifîle-t-oa quand ils prennent la parole à b Chambre? Les a-t-on jamais vus grincer des dents, montrer le poing à la tribune, comme des convulsionnaires? Y ena-t-il un d'entre esix qui se soit sali avec des pots-de-vin , un autre qui ait dit il faut des tant<^rnes , un autre qui ait prête' sur gages, un autre qui ait enlevé' la caisse du tre'soF, un autre qui ait fait pacte avec les tigres pour avoir une part au sang de la victime? Non. Ceux qu'on appelait les vaincus, ceux qui ont souscrit en faveur des Cancans, ne commettent pas de pareilles avanies. Ils ont ouvert leur bourse pour payer les Philistins; ils ontre'parc' la brèche sous le feu de l'ennemi ; ils ont envoyé aux victimes de l'arbitraire des bourriches remplies de coqs gaulois, animal dévoue aux festins légitimistes et à la dent ace're'e des amis de l'exil. C'est par eux que Sainte-Pe'lagie a ouvert ses portes à des {lanniers d'un vin ge'neVeux et parfumé, léservé pour les toasts solennels de la fidélité et de l'espérancei Voilà ce qu'ont fait eeux qu'on ap[îGlait les vaincus. Gloire à eux donc ! et voici Leurs noms:

Souscripiion ouverte pour M. Bérard , par le journal le Revenant»

La fille d'une portière qui fait des cancans et n'étrangle personne, 1 f. Soc. — M. de Berranger, rue du Vieux-Colombiet-Saint-Germaiu , n° 19, 7 f . — Tîn juré indigne, -i f. 5o c. — M. ^âlcrius^ détenH à la Gonciengcrie , 3 f . — M. Valerius

fils, a f. — M. A. E. cle la Boutîalière, géant de la Or-i^Uc de l'Oiicsty détenu à la Conciergerie, 5 f. — M. Calistede Tusseau, 5 f. — M. de laC.,5 f. — Une darne du Marais, qui aime beaucoup les CciTtcans, lO f. — M"'^ lacorntes.se de Man...., qui ne se nomme pas, à cause de la liberté, 5 f". — M™^ C, lingcre,. a f. — M. Albert Berlliier, 5 f . — M. de Pressigny, 5 f . — Un anouyiiie, ST. — Un abonnt? au Revenant, 5 f. M. A. Brisset, i t". — M. Louis Sagot, 5o c. — M. D., jardinier, lo f. M. F., 5 f. — M'^' Thérèse, lo t.— M. R., horloger légitimiste, 5 f. — ISI.R. fils, ami sincère du jeune Henri, 2i".-~M'^*R., sa sœur, légitimiste, henriqmruiuisle, etc., 5 f. — Différentes per- .'onnes légitimistes (collecte laite entre), u f • — M°^^ la comtesse de Crenolle, 4 f- — Un anonyme, 5 1". — M""^ de Pontavis de tUissey, à Fougère (Ille-et-Vilaine), 5 f. — M. Muldon, 5 f. — M. Durouchoux jeune» 3 1. — M. Schneider, 5 f. — M. Edmond deSolerac, au Mans, lo f. — M. le comte du Hainel, 3 i'. — M'"^ F..., royaliste, legilituiste, 2 f. — M"»^ T.... royaliste, légitimiste, I f. —M. le baron de M. .gin F..gon, 6 t". — IM. Dra~

pier, lo f.— M"^ Labbc, 3 f.— M. Rr 5f. — Un anonyme,

3 f . — M. le comte g'A...., 5 t. • — M. Lafeteur, ex-volontaire royal de la Normandie, i f.— M . Fargues, es-volontaire royal du Midi, qui demande si la Cliarte-f^érité e-l une gasconade, 2 f. — Un anonyme, 3 i". — M***^ ex-gendarme tles chasses, détenu politiquepour avoir voulu chasser... la grande et grosse bête, 25 c — M. Baudot, marchand de vin, détenu politique pour avoir enivré de.... Bordeaux ses [)ratiques, i 1. — MM. Grenet père et Grenet lils, détenus à Sainte-Pélagie pour contrebande , tandis que M. Séhastiani ct;iit au ministère, 5o e. — Deux Barbols (père et fils) pêches à la barrière de Fonlair.ebltau par des Gisquelaire^, 6o c. — Zeiler , Irombonne suisse, détenu politique pour avoir voulu jouei' une fanfare qui aurait fitit mal aux oreilles de <jhose, 5o c. — M. Lorin, sous-officier au 6^ régiment d infjuterie de la garle «oyale , détenu politique pour avoir reçu une lettre qui lui antionçait l'arrivée de son fils Henri, lorsqu'il serait habillé, 25 c. — M. Suzanne, détenu politique pour avoir prélcré le vin de Bordeaux à celui d Orléans , 25 c. — Saner , Suisse , détenu politique |X>ur avoir voyagé avec une lettre de recommandation , i f • — Duchillo-i (Armand), détenu politique à Sainte -Pélagie pour avoir été trouvé armé d'un cure-dent, 5 i. — M. Henry, détenu politique pour avoir, soi-di^awt, causé un violeat mai de tête à un commandant de la garc'e municipale, en envoyant à son ache^ïc un petit baril d'huîtres marinées, 25 c. — M- Paoul, capitaine du 4* réiMinent de la garde royale, détenu politique i\ Sainte- Pélagie, ou c. — M. Oulevey, Suisse, détienu id., a5 e. —

M. Frick-, détenu ù/., i5 c. — M. Peiler, deteiru id., 25 c — M. Farner, détenu id., n5 c. — M. Thomassin , 5 f. {La suite au /z" prochain . )

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