‹ [Les Cancans]Chapitre 113 sur 297 · LES RENARDS TRICOLORES · texte numérisé non relu

LES RENARDS TRICOLORES

Puisque l'éducation est de mode, et la politique de rigueur, dites-moi, vous qui êtes Vin malin, et qui Wsei. U' Constitutionnel, ce que vous entendez par la liberté... — iMoi,tonneriel j'entends. . . , nous entendons. . . Ce serait trop long à vous expliquer. . . Nous entendons.... tout ce qu'on entend par liberté; liberté.... c'esl-à-dii e liberté ! Ça se comprend mieux que ça ne s'explique , voyez- vous.. . D'ailleurs ce mol de liberté sonne bien à Tcreille ; il y a là-dedans quelque chose de vague , d'indécis , d'in.saisissable qui plaît et qui transporte ; la liberté , en un mot , est le but où la France, l'Europe et tout l'univers doivent parvenir un jour. — Et quels sont vos moyens pour arriver là? — Ah! ics moyens varient tant soit jieu suivant les lie»ix, les circons-

tar»ccSj les populatioas : ainsi, par exemple, en Portugal nous invoquons la le'gitimité; en France la souveraineté du peuple; en Italie nous repoussons l'autorité du pape ; en Grèce nous parlons au nom de la religion catlioliciue; en Pologne nous voulons l'excCTition des traites de Vienne; en Belgique nous les repoussons. — Mais l'honneur, la conscience! — Il n'y a pas d'honnr;ur ni de conscience en politique ; c'est la ru>e et le mensonge qui font tout, et encore n'en faut-il pas beaucoup en France : le Français est crc'dule , avide de nouveautés ; il se pre'cipite en aveugle sur le premier a[)pat qu'on lui jette , et le Français est enfonce'. Avez-vous vu ces drapeaux rouges avec les juels on excite en Espagne les taureaux au couibjt/El) bien , depuis 8g nous agitons devant le peuple français les mêmes oripeaux re'volutionnaiies ; ce hOnt toujours ces vieux mots renouvele's des Grecs qu'on lui jette, et qui m :nquent raiement leur effet: l'égalité, les privilèges , L'aristocratie , etc. , etc. ; et alors comme les taureaux d'Espagne , il s'aninie , il s'e'chaullt; , il bondit, il se bat; les habiles comme nou-> profite.it de l'occasion, dirigent l'enthousiasme , le paient ;ui besoin,, et une fois parvenus, renvoient le peuple et l'abandonnent comme un marchepied inutile. — Et croyez-vous que le peuple de France ne s'aperçoive pas qu'on le dupe , que , malgré tontes voj promesses d'or, il est plus malheureux qu'avant la révolution ; que vous avez le budget et les places; que lui a les banqueroutes, la misère et les charges de cavalerie; et qu'alors , m tib'eu.... — Bah! bah! il en est de cela comme du bouc de la fable ; vous le savez , unie fois sorti du puits , le renard , comme qui dirait le juste-milieu, l'exhorta à la patience et le paya en beau discouis :

« Si le ciel t'eût , dit il , donné par excellence M Autant de jugement que de barbe au menton ,

a Tu n'aurais pas a la léj^ère « Descendu dans ce puits: or, adieu', j'en suis hors ; « Tàcbe de t'en tirer, et f'ai.'» tous tes elïorts. »

Voilà ce que nous répétons i tous les braves gens et à tou^ les bons penpies en général qui nous prêtent , pour monter, le secours de leurs épaules. — Eh! parbleu , c'est bien dit; mais je vous avertis que la misère fait pousser au peuple autant de jugement que de barbe; que ses bras lui démangent , et que la patience venant à Ini manquer, il saura bien un de ces jours sortir hors du puits où vous l'avez fourré , et où vous le laissez depuis dix-huit mois; et alors... , gare aux renards tricolores! !

BIGARRURES

^% M. d'Arg. et M. Barbet , membres de la Chambre des députés, ont été vus dernièrement pouiwiivant M. Levraut, letir collègue.

'■^ M. d'Argout porte ^u<:

^''"^ M. G. était marchand d'huile à quinquets , comme on sait. On disait ces jours-ci, à l'occasion du bal indécent donné par lui , que M""^ son épousf le requinquait.

^*^ Les armes de M. G. consistent en une bureUe entourée de ( e vers :

Aujourd'hui , c'est de moi que vous vient la lumière.

^*^ On dit que chose est si indigne de la de'missioo de M. Poux, qu'il le tondrait pour en avoir la peau.

^^*^ Chose commence toutes ses phrases par celle conjonction : Oi\ etc.

^*^ Le juste-milieu .'lyant résolu de faire quoique chose de nouveau , ne fil pas de bclises.

,^*^ Le drapeau tricolore, qui s'e<t promené' sous les mu-rs de Lisbonne, vient de se glisser de nuit dans Ancône.

LES 1>LAINTES RIDICULES.

Air : De quoi vous ])laignez-vous ?

Sénateurs, tribuns, prolétaires.

Et vous , partisans de juillet, Pourquoi vos cria et vos colères Contre ce que vous avez fait ?

Nous avions un roi peu co.mmode ; Il est exile loin de nous.

Le vôtre de tout s'accommode !!!

Morbleu ! de quoi vous plaignez-vous ?

L'insurrection, qui se rue.

Etant le plus sacre' devoir, Et la royauté de la rue Le pins légitime [.ouvoir ; Quand Sa Majesté collective, Dans sa misère ou son courroi\x ,

Nous moiaoe ^ récidive ,

Morbleu ! de quoi vous plaignez-vous?

Au temps du roi libeiticide, Le Grec, esclave d'un tyran, A rctrouv(- sous notre égide Son antique et glorieux rang.

Mais, sous Iclu d'un peuple libre , Le Nord e'crase sous ses coups Le Rbin , la Vistule et le Tibre ! ! ! Morbleu ! de quoi vous plaignez-vous ?

Sous la monai'chie arbitraire , La France daignait se venger ; Un vieillard , maigre' l'Angleterre , Osa nous enrichir d'Alger !

Mais , sous le he'ros patriote, Bruxelle en vain se donne à nous ; Un prince anglais nous l'escamote ! ! ! Morbleu ! de r[uoi vous plaignez-vous ?

Sous le sceptre aristocratique,

De la paii on était si las ! ! !

Sous la royale re'publique,

On a du moins quelques combats ! ! !

Lyon , Paris et la Provence

En fournissent pour tous les goûts ;

La guerre civile est en France ! ! !

Morbleu ! de quoi vous plaignez-vous ?

Enfin , après que l'anarchie

Aura moissonne' nos héros ,

Et que notre belle patrie

Sera l'image du chaos,

Pour prix de notre pre'voyance,

Les étrangers fondront sur nous,

Et se partageront la France !

Morbleu ! de quoi vous plaindrez-vous?

P. S. Les Cancans viennent d'être acquittés par la Oîur royale, sur l'appel que M. Persil avait interjeté du jugement de la sixième chamore , qui les déclarait non périodiques, et comme tels , non assujettis au cautionnement. Pauvre M. Persil!

BERARD , auteur et éditeur, à Sainte-Pélagie , et nie de Sèvres, ii° 94.

Imprimerie de G. -A. Dehtxj, rue d'Erfurtli, n" 1 bis.

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