QUATRIÈME PROCÈS DES CANCANS
Cettï petite Feuille, si faible à son lever, si timide à son début dans le monde, si modeste mémedanssespre'tentions,conîmentse fait-il qu'elle soit devenue une puissance? Mais, voyez donc, c'est un colosse; elle lutte aujourd'hui corps à corps avec le juste-milieu ; elle traite d'égal à égal avec les agens du trôneparapluie, et, si j'osais le dire, elle se moque d'eux quand mèrae. A un réquisitoire elle riposte par une epigramme ; on lui lancp une conclarapation , elle relance un cancan à la tête des Legorrec et'tles Parlarrieu. Vainement ils se redressent et mvoquent contre elle toutes les foudres du Code criminel , la galerie tympanise leur arrêt, les rieurs sont à elle, et les sifflets du parquet paient ses amendes au fisc.
Messieurs, ouvrez les portes , voici mon jury, mes petits patentes ad hoc; marchands d'amadou , maçons ou fripiers. Hier on leur a écrit de venir juger un c'crivain ; en conséquence, de bon matin, ils ont lavé leurs mams , passe' l'habit du dimanche , et lâché le faux col jusqu'aux oreilles. Ainsi troussés, ils sont venus risquer la biographie, disgrâce plébéienne qui, cette fois, ne saurait leur échapper. Voici leurs noms :
Legros ( Joseph-François-Théodore) , propriétaire , boulevard des Italiens, n. g. — Barbier (Jean-Baptiste) , ancien avocat, rue Saint-Dominique, n. ii. — Potel (François-Marie), propriétaire, passage de la Réunion, n. 4* — S ai.nt -Maurice (Louis-Thomas), marchand de vin en gros, quai de Béthune, n. i6. — Garnier (Jean-Alphonse), pharmacien, rue Neuve de Beilechasse, n. lo. — Berthomieu (Alexis-Paul), à Vincennes. — Sarraas (Bernard), propriétaire, rue Hautevilie, n. I. — Ternois ( Jean- Bapliste) , fabricant de châles, rue Neuve-Saint-Eustache, n. 32. — Aubhun (Jean-Louis), maîtremaçon, rue des Grésillons, n. ii. — Lesage (Charles-Théodore), architecte, rue de la Ville-l'Evêque, n. 4'» — MokvoisiN (Jean-François-Julien), propriétaire à Cachant, commune d'Arcueil. — Laiidhtan (Jean-Baptiste), propriétaire, rue Neuvedu-Luxembourg, n. 33. — Di.llac (Jean-Antoine), avocat à la Cour royale, cloître Notre-Dame, n. 20. — Thévemn père (Jean-lîaptiste-Antoine)i avocat à la Cour royale, rue i!e Grenclle-Saint-Honoré, n. 14. — Piédaka (Louii-Frai)çois-Joseph), fabricant de châles, rue Neuve- Saint-Lustache , n. 44
et c\6. — Parguez (Fiançois-Tbcrèse), payeur de la caisse de Poissy, rue du Grand-Chantier, n. i bis.
Sept Jean et quatre ou cinq François, il n'y avait pas moyen d'en réchapper; cependant je voulus tenter la fortune. Je pris donc la parole :
« Messieurs les jure's ,
« Mon intention e'tait de garder le silence devant vous et de laisser cette accusation sans re'ponse.
«Laissons, me disais-je, M. l'avocat du roi incriminer nos phrases tout à son aise, et abandonnons-lui le plaisir d'une nouvelle condamnation. Après tout, y regarde-t-on de si près dans un temps de persécution ?
«Non, non, le bon droit est réduit àgarder le silence quand c'est la violence qui décide. Comment ! sur quatre cent quinze procès politiques depuis l'ère de la liberté nouvelle , j'en compte déjà six pour ma pari ! Chez moi les saisies succèdent aux saisies; tous les jours ma maison est envahie par la police; on la fouille de fond en comble, tous mes amis sont sous le coup de
mandats d'amener A défaut de jugemens contre eux , on a
recours à la prévention; les prétextes les plus ridicules ont force de loi dans les mains d'un pouvoir ombrageux; la prison même n'est plus un asile sacré pour nous; les agens d'une force brutale y pénètrent et massacrent les détenus sans sommations, comme sans pitié (sensation). Non, ce n'est plus le délit ou le crime que l'on poursuit , c'est l'opinion individuelle! Pour un mot on meurt à Sainte-Pélagie.
Le président. « Vous mettez trop de violence dans vos expressions. Modérez votre défense.
— « Je ne dis rien que de vrai. Ces faits-là se sont passés sous mes yeux , j'en ai été le témoin , j'ai failli en être la victime. Le malheureux Jacobéus est tombé à quelques pas de moi , et Carlier a dit à un de ses sbires en me désignant : « Tia rez là. » Pour une couronne jetée en hommage à l'ombre redoutée de Napoléon , on vous assassine au pied de la colonne.
«Eh! me disais-je encore, qui me garantira que le jour où je serai devant la Cour, sous la sauve-garde de mon jury, la police, par un raffinement de perfidie, ne fera pas crier, comme pour M. Bertier, mon nom et mon adresse sur les ponts , afin d'exciter le peuple à commettre de nouveaux excès?
«Telles e'taient, messieurs, mes pensées, et aussi la résolution que j'avais prise. Mais en y réfléchissant , j'ai compris que je devais à votre considération, que je me devais à moi-même de repousser les charges qui s'élèvent contre moi. En me taisant j'embarrasserais votre conscience et laisserais croire au ministère public , ou que je n'ose lui répondre, ou qje je manque de bons moyens pour le faire d'ime manière victorieuse.
i< Je vais donc discuter eu peu de mots les principaux pas-
sages qui me sont reprochas par lui , laissant ensuite la parole à mon avocat, qui îe fera d'une manière plus judicieuse et plus clcndue.
« Dans les Cancans indomptables , M. l'avocat du roi voit une insulle grave envers le jury. Moi, messieurs, je n'y vois que quelques expressions piquantes, e'nergiques peut-être, mais après tout bien excusables et bien naturelles dans la boucbed'un homme qui vient d'être condamne. Quoi! messieurs, c'est jusqu'à la plainte qu'on voudrait étouffer dans ma bouche! Et depuis quand , à la Cour, n'a-t-on plus vingt-quatre heures pour maudire ses juges? Pour moi, je vous prouverai que mon indignalion contre les miens n'a pas dépasse les bornes d'un premier mouvement d'emportement. Oui, j'avais résolu d'aller plus loin; j'avais promis de donner leur biographie au public; et à cet égard , les documensnese firent pas attendre. Dans ce siècle , on ne se pique pas de générosité' : il m'en plut de toutes parts. Ici c'était une voisine officieuse qui me mettait directement au coiuant de certains petits chagrins de ménage. Un autre me faisait etjtier anonyniiemenl dans le secret de telle, telle action tant soit peu veireuse , etc., etc. Quel est l'homme au reste qui n'a pas failh une seule lois dans sa vie? Eh bien! messieurs, je n'ai pas cédé au désir d'une vengeance qui m'était si Incile ; je ne me suis même pas cru suffisamment autorise' par l'exemple du parti qui triomphe aujourd'hui. Ah! lui ne s'est pas fait faute peiulant quinze ans de jeter les noms les plus honorables au me'pris populaire, et de vendre sur les quais les réputations à cinij sous l'exemp'aire. Nous courrons eu venir à ce point de représailles.
« Dans le second numéro incriminé. Cancans en Cour d'assises , M, l'avocat-ge'néral voit une insulte à la personne de Loris-Philippe dans l'article intitulé : Condamnez-moi. Alesfiieurs, avant de lui répondre, permettez que je m'assure si S. M. !e roi des Français, sachant qu'une pareille question devait s'agiter ici , et plus intéresse que moi à ne pas la souffrir, n'a pas envoyé un avocat chargé de repousser en son nom l'accusatioM qui s'élève. Quoi! je ne nomme pas Louis-Phihppe , et vous le reconnaissez sous des traits pareils? Votre amour pour lui vous aveugle au point de le croire offensé, et de prendre fait et cause pour sa personne chaque fois qu'on vous offre l'image d'un homme pervers on criminel !
« Louis XVIÏl, meiî-ieurs, avait aussi des amis officieux de cette force ; heureu ement aussi qu'il avait le bon esprit de modérer leur zèle. Un jour qu'il passait dans un village des environs de Paris, un homme se mit à crier devant sa voiture : /' li'e le gros cochon! « Laissez, laissez, s'écria le roi à ceux qui se précipitaient aussitôt pour l'arrêltr : voulez -vous me faire l'injure de croire qu'un pareil propos ait pu s'adresser à moi ? n
« Après tout, si M. l'avocat du roi veut absolument recon-
naître Louis-Philippe dans mon article, il en est le maître; mais qu'il ne vienne pas ensuite m'accnser d'offense envers sa personne; car si le portrait est tellement ressemblant qu'il ne soit pas possible de s'y mt'prendre, il demeure constant que j'ai fait de l'histoire; et la plus basse flatterie ne saurait aller jusqu'à condamner l'histoire.
« J'ai dit dans un troisième article , que je ne comprenais pas la gloire telle que nos nouveaux gouveriians l'avaient faite.
« Sans doute le ministère public est moins difficile que moi sur ce point, puisqu'il n'a vu dans ces paroles qu'un attentat à l'honneur de nos armes.
« En ve'ritc , messieurs, je vois bien qu'il faut en rabattre aujourd'hui de ces nobles clans de patriotisme et d'enthousiasme militaire. On nous avertit assez que nous ne sommes plus au temps des triomphes, et qu'il n'est plus permis au cœur d'un Français de tressaillir sans crime au nom de gloire.
o II faut comprendre , bon gre' mal gré , qu'avec une armc'e de cinq cent mille hommes, on ne doit parler à l'e'tranger que chapeau bas; il faut rapetisser son orgueil au nivea'u d'une parade sur la place de Bruxelles, réduire son ambition à la hauteur d'une promenade de quelques heures sous les murs de Lisbonne-
« Eh bien ! soit, mais ôtez-nous donc nos souvenirs, faites que nous perdions la me'moire. Abattez cette colonne d(!vant laquelle chaque Français i quelle que soit son opinion , aime à lever la tèle, sent les pulsations redoubler dans sa poitrine, et des boufle'es d'orgueil lui monter au visage ; de'truisez donc aussi rhe'roïque conquête d'Alger; que les souvenirs de gloire qui s'y rattachent en fonle, s'e'vanouisseut avec autant de promptitude que l'or de la Casauba s'est ccoulé de vos mains, alors nous pourrons trouver belle votre expédition de Lyon, les différentes chasses aux hommes de la Bretagne et de la Vendce ; nous trouverons admirable la surprise amicale et clandestine de la ville d'Ancône ; et quand on viendra nous dire que le diapeau du pape en a chassé le nôtre , nous auroas appris de vous à n'en pas rougir.
« Voilà, messieurs les jurés, les divers sentimens dont j'étais animé, quand j'ai rédigé les articles qu'on s'etforce de rendre criminels à vos yeux. En vous plaçant pour les juger au point où )e me suis placé pour les écrire , vous prononcerez mon acquittement ; car, enfin, que devient la liberté de la presse, »i avec une manière de voir différente, nous n'avons pas le droit d'émettre une opinion contraire , même aux intérêts de ceux qui nous gouvernent? Que devient-elle?.... une illusion , une chimère , un mensonge. »
Après trois quarts d'heure de délibération, le jury ayant répondu affirmativement sur une des questions proposées, la Cour m'a condamné à six mois de prison et 5oo fr. d'amende.
AVIS
Mon intention étant de publier la biographie de chacun de mes excellens jures, phis celle mon procureur Legorrec, phjs celle de mon juge d'instruction Lamy, les ;per«;onnes qui pour- %aienl ajouter aux notes que j'ai déjà recueillies quelques traits piquans sur les qualite's physiques et morales des susdits s'ijets , jont priées de me les adresser, en usant des précautions usitées
priées en pareille occurrence.
— Monsieur Gisquet, comment avez-vous pu faire transférer mon mari d'une manière si indigne, dans l'état déplorable oi!i il est? — Moi, madame! je ne sais ce que vous voulez me dire. Je »'ai rien ordonné relativement à voire mari ; je le croyais encore dass sa m.aison de santé. Au reste, voyez M. Parisot : c'est lui qui est entièrement chargé de ces détails-là.
— Monsieur Parisot , M. Gisquet m'envoie à vous; il vous laisse absolument maître du sort de mou mari. Hier, des agens de police l'ont inhumainement arraché- de la maison de santé oii il recevait les soins que réclams impérieusement son état. — Est -il possible?... Quoi, madame! votre mari n'est plus à Chaillot? Ah ! mon Dieu! je vous jure que je l'ignorais ; et c'est bien contre mon gré si on l'eu a fait sortir. Mais rien n'est pins facile que de remédier à cela. Et..., tenez , voyez M. Lamy, c'est un excellent homme; un cœur... ah! quel cœur de juge!
— C'est donc à vous, monsieur Lamy, que je viens m'adresser. Car enfin , c'est sur votre ordre que mon mari a été écroué hier à Sainte-Pélagie ; il est bien malade, mon mari : d'ailieurs , vous avez dû le voir. Pourquoi donc ne le laissez-vous pas retourner dans sa maison de santé? — Moi, madame! ah! vous me faites injure! Cela ne dépend pas de moi : je n ai malheureusement que le droit de mettre les gens à la Force ; et en l'envoyant où il est, j'ai cru lui rendre uu grand service. Du reste, qu'il retourne dans sa maison de santé; cela regaide le directeur de Saiule-Pélagie ; je ne m'y oppose pas.
— Ah! monsieur le directeur! renvoyez mon mari dans sa maison de santé,.. On m'a dit que vous en aviez le pouvoir. — Moi, madame! y pensez-vous? Ceux qui vous ont dit cela se «ont joués de voïre crédulité. Je n'ai pas le plus petit pouvoir ici ; et votre mari mourrait , sans vous voir, dans le cachot étroit et humide où il est, que je n'y saurais que faire
Ainsi, ils se jouent d'une femme, d'une mère de famille qui les prie! Son inquiétude, son chagrin, ses pleurs, rien ne les touche! Son état de grossesse ne la recommande seulement pas à leur» moindres égards! lis la lont promener deux jours avec luie perfidie étudiée! Ils l'abusent par des mensonges! Quelle conduite! Mais ne serait-ce pas la lionte (pii les fait se rejeter
ainsi, les uns aux antres, l'odieux decclle mesure? Oh! oui, oui; pour l'honneur (Je l'humanité, je vous en conjure, croyons-le; car autrement , il faudrait supposer que c'est à prix d'argent qu'ils exercent leur barbarie!
Souscription ouverte en faveur de M. Berard , a Paris,
Une dame âge'e de 90 ans, qui ^pra royaliste, henriquinquisle* jusfju'à la mort, 5 f . — Sa femme de chambre et sa cuisinière, 1 f. — Une femme du marche' Saint-Germain, qui espère que le commerce reprendra, 25 c. — Deux malheureuses rentières, henriquincjuistes, 2 f . — Une cuisinière heuriquinquiste , 75 c. — Un vieux perruquier qui a toujours aime' les Bourbons, 3 f . — M. D. . hent iquinquisle, rue de B...... i fr ^5 c. —
M. L. C. , e'tudiant en <lroit , 3 f. — • Un anonyme, i If. — L. B. D., royaliste, 1 f. ^5 c. — Un anonyme henriquinquiste, 1 f. 5o c. — M. Durouchoux jeune, 3 f. — M. Bouillot, blesse' d'une balle à l'épaule gauche, lorsque le libéral Buonaparte fit faire feu sur le peuple, 5o c. — M. Alex. Bouillot, qui déteste la meilleure des républiques, 5o c. — M. Cavillon , de'vorateur des Cancans , qui désire qu'une pluie abondante déteigne en France tous les drapeaux rayes, 5o c. — M. Denlu, imprimeur-libraire, 25 f. — M. Mion, ami de l'ancienne monarchie, I f. — M. Mion fils, partisan de la le'gilimitc , qui pense qu'un des premiers devoirs de l'homme est d'être attache' à sa famille, et qui considère comme un être de'gradé, avili, celui qui s'en fait le proscripteur, 5o c.
Souscription ouverte au bureau de la Gazette de l'Ouest , à Poitiers.
M. Montois père, lieutenant de gendarmerie royale, de'missionnaire par refus de seiment à Louis-Philippe, 2 f . — M. Montois, fils, ancien clève à l'Ecole polytechnique, souslieutenant d'artillerie, de'missionnaire , 2 f. — Collecte faite par dix-huit personnes de Chatellerault, la plupart ouvriers, tous henriquinquisles, 4 f- 5o c — M. Charles D.-A., de Poitiers, 5 f. — Un anonyme, 5 f.
Souscription ouverte à Dijon [Côte-d'Or),
Une dame qui a moins d'aversion pour le chole'ra que pour gros, gras et bête , i f. — Un royaliste légitimiste, i f. — Une dame qui aime beaucoup les Cancans , parce qu'ils sont amis sincères de l'exilé , i f. — Un heuriquinquiste qui ne se nomme pas à cause de la liberté, i f. — Un maire démissionnaire depuis les glorieuses, i f. — Un légitimiste qui croit que gros, gras et bête veut dire chose, î f. — Une dame qui n'aime pas l'animal que quelques-uns ont appelé araignée, 1 f. — Un royaliste , i f.
— Un élève en pharmacie, qui n'aime pas le juste-milieu , 5o c
— Un ami sincère d'Henri V, qui déteste la poire et le cornichon, I f. 5o c.
^*^ A Rome , le jour de la Saint-Philippe , notre ambassadeur a fait chanter une messe du Saint-Esprit, où rien ne manquait que des assistans.
^*^ Le bourreau disait l'autre jour à son valet : « Dans la cour nouvelle , il y a bien des gens que je n'ai pas encore remarqués. »
^""^ Savcz-vous pourquoi chose aime tant la culture des melons et des citrouilles? c'est parce qu'une petite graine rapporte un gros fruit.
^^^ Chose est en marche' pour troquer son parapluie contre un parachute ; mais il craint le retour.
^*^ La police est prie'e d'avoir des égards pour les six assassins de la famille Desgranges, et môme de faciliter leur fuite en cas de besoin, attendu qu'ils n'ont jamais rien écrit contre Louis-Philippe.
+% Chose, en apprenant que la duchesse de Berridtait prise, a demande' de suite si elle avait beaucoup d'or sur elle.
^*^ La qualité que chose ambitionnait le plus pendant son séjour en Angleterre, e'tait celle de lord.
^""^ Depuis quelque temps, chose prête beaucoup...., mais c'est à rire.
^*^ En 17 on lisait sur une enseigne de , à , en
Suisse : Chose, maître, décolle aussi bien que son père.
^*^ Mon fils Poulot , nous ne ferons donc jamais parler de nous? — Si fait, papa, mais M. Persil se fâche quand on en parle.
^*^ M. de Montalivet propose de de'cerner des recompenses à ceux qui ont délivre les sept prisonniers politiques de la Bastille. Il oublie donc qu'aujourd'hui il y en a huit ceuls.
Air : Mon père était pot.
J'naquis au milieu d'un palais.
Héritier d'une altesse ; Et vous prétendez q'd'un laquais Je lirai ma nob!es^e !
Mais , sans vous fâcher, Jdescends d un cocher ; Messieurs, quell' dilfc'rence!
V'ià comme, en tout cas, Moi, j'dis qu'on n'doit pas Croire à la ji;edibance.
A Louis lorsque mon papa
Fit abattre la tête , On dit qu'son fils participa A si joyeuse fcte.
Non , pour tout plaisir J'n'y pus qu'applaudir ; Messieurs , quell' difFcrence ! etc.
Ge'nérî»! fut ma qualité'; Et , si Fon croit l'histoire ,
J'dcsertai Quelle indignité !
Pourriez-vous bien le croire ?
Qui? moi, j'desertai!
Non pas, j'e'migrai ; Messieurs, quell' différence! etc.
Berri, j'en maigris de chagrin,
Traversa l'onde noire :
On veut que j'sois son assassin; J'vas vous conter c't'histoire.
Scul'ment à Louvel J'fournis le scalpel ; Messieurs, qucU' différence ! etc.
N'dit-on pas qu'aux Etats-Unis
J'fais passer ma tir'lire ?
Que dXtston je n'suis que rcorarais?
Attendez , j'vas vous dire :
Qui , l'banquier Liston Enrichit Boston ; Messieurs , queil' différence ! etc.
L'public malin, qui sur Saint-Leu
Jase , cause et l'aisonne , Prétend qu'à former certain nœud . J'instruisis ma patrone: L'fait est qu'un beau soir, J'prêtai mon mouchoir; Messieurs , quell' différence !
V'ià comme, en tout cas, Moi, j'dis qu'on n'doii pas Croire à içi médisance.
BERARB, auteur et. éditeur, à Sainte-Pélagie , et rue de Sèvres , n» gf..
Une souscription est ouverte au bureau des Cancans , rue de Sèvres, n° 94, et chez Dentu, au Palais-Royal, pour le paiement des amendes auxquelles l'auteur a été condamné.
Imprimerie de G*-^.. Dentc, rue d'Erfurth, n° 1 his.