CALCULS DE CHOSE
Je pose le trône, j'additionne la liste civile, je fais une soustraction de gloire, une uîultiplicalion de misère, et une division nationale.
Air : Un Jour, Lucas dans la prairie.
Ou Ça n'se peut pas.
C'est un brouhaha politique; Sur ma foi, j'en perds la raison.
On nous vante la république ; On nous prône Napoléon.
L'un veut un roi qui nous décime; L'autre n'en voudrait pas du tout.
Pour moi, j'en veux un légitime.
Chacun son goût, chacun son goût.
Béranger, dans un temps prospère , Ne voyait partout que des maux ;
Et souvent sa muse légère Nous a prc'dit des jours plus beaux.
« Avec le drapeau tricolore , » Disait-il , « on possède tout ! ! ! n
Ah ! si c'est lui qui nous restaure
Chacun son goût, chacun son goût.
« Non , point de trône hcre'ditaire , » Disait un jour un certain roi ; « Pourquoi donc attendre d'un père « Un bien qu'on peut tenir de soi ?
«J'aime mieux trouver la couronne « Dans la rue ou dans un egoût , « Que de la devoir à personne. »
Chacun son goût, chacun son goût.
A ceux dont le cœur magnanime Bouillonne encor de sang français , Accordons un roi légitime Qui les enivre de succès.
Pour ceux qui n'aiment pas la guerre , Qui pour la gloire ont du de'goûl, Qu'ils prennent un roi populaire.
Chacun son goût , chacun son goût.
En apprenant que sur la France Un mal affreux e'tend son cours , Caroline , maigre' l'absence , Aux malheureux pense toujours :
D'offrir sa dernière ressource Quand sa belle âme vient à bout , Le gros Chose ferme sa bourse.
Chacun son goût, chacun son goût.
Gardez dans vos mains criminelles Votre or, fruit de la trahison ; Ne laissez aux Français fidèles Que la misère et la prison.
D'une conduite infâme, ou pure, Nous aurons tous le prix au bout.
Vous avez choisi le parjure.
Chacun son goût, chacun son goût.
BERARD, auteur et éditeur, à Sainte-Péiagie , et rue de Sèvres, n° 94.
Imprimerie de G.-A., Dectu me d'£rfurth, n. 1 bis.