PARTIE ET REVANCHE
Ah! tu e'cris contre nous! Attends, nous allons lâcher sur toi la meute de Gisquet et le limier Vidocq. Nous allons te faire saisir, fouiller, arrêter dans ton lit à 5 heures du matin, par soixante hommes d'infanterie et sept mouchards, puis t'emprisonner pour la conspiration des tours Noire-Dame, qui n'arrivera que demain. Te lairas-lu maintenant?
■ — Non, croupions! non !
— Ah ! ah ! Eli bien , nous allons te faire trois procès , un en police correctionnelle, un en Cour royale et un en Cour d'assises ; lu auras du bonheur si tu en réchappes.
— Que m'importe? j'écrirai que vous êtes des usurpateurs, des tyrans, des misérables!
— Comment, tu écriras cela? Alors nous ferons faire une émeute à Ssinle- Pélagie, et nos gisquetaires iront te fusiller sans .«-ommation. Ecriras-tu alors?
— Oui, oui, j'écrirai que vous êtes les plus infâmes des hommes!
— Ah ! tu écrii-as... Eh bien, sois malade, et nous te laisserons mourir sans iecours dans ton caciiot , comme M. de Saint-
Julien, comme Lureau, comme Zanoff, comme Miller, comme le capitaine Paoul, qui, en ce moment, est expirant sur sa paillasse.
— Je suis malade, et je me moque de vous. J'écrirai que vous êtes des tigres alte'res d'or et de sang !
— Ah! tu diras cela.... EU bien! nous trouverons un avocat à la Cour de cassation, à qui on écrira une lettre anonyme, et sur celte pièce , nous t'accuserons d'assassinat.
— Vous êtes capables de tout; mais je vous méprise et je vou.^ brave!
— Alors nous te ferons cinq autres procès, et tu seras condamne' à une prison perpe'tuelîe.
— Vous parlez de perpétuelle, et vous n'avez que le souffle I Vous me faites pitié ! j'écrirai que vous me faites pitic?.
— Ahî tu e'criras cela.... Attends, attends; nous allons le faire promener dans les rue» entre deux mouchards ; nous le jetterons dans l'antre infect de Vidocq , au milieu de tout ce qu'il y a .de plus abject; puis nous t'ëcrouerons de nouveau sous la double inculpation de re'volte à maiti arme'e dans ta prison et d'excitation à la guerre civile. Ni tes amis, ni ta femme, ni tes enfans ne pourront te voir : tu seras séquestre du monde entier !
— Allez , lâches , allez ! la France prendra ma défense ; je lui ferai connaître tous vos attentats et les persécutions dont je suis victime. A ma voix , elle portera ses regards à Sainte-Pélagie : elle y verra du sang! elle les portera au pied de la colonne : elle y verra du sang! elle les portera en Vendée, sur le jeune Bonnechose : elle y verra du sang! elle les portera à Lyon : elle y verra du sang ! elle les portera à Grenoble : elle y verra du sang! Partout , partout elle verra du sang , du sang qui fume, qui crie , qui se plaint, du sang de la patrie, de cette patrie que nous, jeunes Français, nous chérissons plus que la vie, et que vous avez réduite à rougir devant l'étranger; de cette patrie à qui vous donnez deux cent raille espions pour tuteurs !
Oh! royalistes, mes amis, mes nombreux amis, si jamais, perdant toute pudeur, mes perséculeurs osaient Dites, répondez, consolez l'homme qui se dévoue.... Serais-je venge'?