LE PIEGE
Saii-tu , Nigaudin , comment on prend les moineaux dans mon pays et dans bien d'autres? Je vais te la dire : On met
un prtit morceau de pain dans une cage dont on a soin de laisser la porte ouverte. Sur ce petit morceau de pain , on écrit le mot liberté; les moineaux accourent en criant à leur manière, vive la liberté; ils entrent dans la cage, se jettent sur le pain , et à l'instant la porte se referme sur eux. Comprends-tu , Nigaudin, le dcsespojr de ces petits gourmands quand ils se voient ainsi victimes de leur sote crcdulitii ? si du moins le morceau (!e pain durait toujours, ou si on ne les plumait pas bel et bien !
Nos ministres avaient beau nous crier : Vous n'aurez pas la guerre ! Personne ne voulait les croire ; personne ne pouvait se mettre dans le cerveau qu'une armée de quatre cent mille hommes n'était imiqueraent destine'e qu'à des revues et à des promenades militaires. Aujourd'hui l'e've'nement prouve jusqu'à l'e'vidence que la guerre est une chose impossible. Quant à moi, je verrais les Prussiens à Neuilly, mangeant les melons de notre roi-citoyen , que je croirais encore au triomphe de la paix à tout prix : tant M. Casimir me parait satisfait de son système !
Savez-voiis que c'est un vaillant homme que ce M. Casimir ! L'on a bien raison de l'appeler Tête de fer : quand une fois il a dit non , c'est non , et on le tuerait plutôt que de lui faire lâcher prise.
Se serait-on jamais imagine' quand nos troupes ont franchi !a frontière, tambour battant, mèche allumée, qu'il ne s'agissait que d'une inspection sur la place de Bruxelles? Non sans doute. On pensait à la pauvre Pologne ; on se disait en souriant : Ils y vont. C'est h route — Magdebourg , Dresde, Lutzen, Berlin, tous nos soldats savent ces chemins là... On disait cela à Paris. Mais à Londres on a dit : Je leurs permets... de flèfiler deux ou trois fois devant notre préfet Léopold ? voilà tout... et l'ordre est venu de regagner le pays. Excusez si ça vous dérange. — Oh! il n'y a pas de quoi. — Allons, allons sac au dos ; vous fraterniserez une autre fois... Peut-on protocoliser les gens de cette sorte!!!
On avait annoncé que M. de Mùntalivet ferait construire un superbe château avec le fruit de ses économies de juillet : il s'est empressé de démentir celte nouvelle par la voie des journaux. Oa était d'autant plus fonde' à croire que ce jeune ministre allait se mettre à bâtir, qu'on sait bien que chacun lui jette la pierre.
Le Juste-Milieu est un enfant bâtard, car il e>t né du côté gauche.
M. Dupin voudrait ajouter à ses quinze emplois celui de sommeiller du roi , attendu qu'aucune résolution ne l'expoçerait à perdre sa place.
M. d'Argout demande encore à la Chambre un cre'dit de cinq cent mille iVancs : la paix>le de cet liomme-là vaut de l'or.
M. deTalleyrand disait l'autre jour en montrant sa béquille: Voilà le soutien de la France!
M. de Talleyrand ne boite plus autant, depuis que le ministère anglais le lait marcher dioit.
Avis. DeSchon..., agent anii-matrimonial, rjuai d'Orsay, a l'honneur de prévenir le public qu'il s'occupe spécialement de Séparations légales et à l'amiable, divorces et généralement de tout ce qui concerne son e'tat. [Gazette du Languedoc.)
, La perruque de M. de Sémonville a bien besoin d'une restauration.
M. de Lafayelte monte sur ses hauts chevaux, quand on lui. parle de la re'volulion.
Sous Charles X , disait un ouvrier, quand un maître nous recommandait d'aller à la messc nous criions à bas le Je'suite , à bas lacongiégation ! et nous ne faisions que ce qui nous plaisait. Sous Louis-Philippe on nous fait jeiiner bon gié mal gré, et l'on voudrait nous faire taire.
En dé.i)asquant partout C.le le directeur, Tu crois donc, pauvre sot, lui faire ôter sa place ? Au temps où nous vivons, c'est le nieltre en faveur. Dis-en beaucoup de bien , si tu veux qu'on le chasse.