LES QUAND? QUAND
Entre un Quesiionneur et un Marchand.
Quand serez-YOus content ?
Quand j'aurai de l'argent.
Quand aurez-vous de l'argent?
Quand il y aura du commerce.
Ç//a72f/ y aura-t-il du commerce?
Quand il y aura de la confiance.
Quand y aura-t-il de la confiance?
Quand le gouvernement ne fera plus de sottises.
Quand le gouvernement ne i'era-t-il plus de sottises?
Quand il raettia de côte Soult, Sébasliani, d'Argout , Montalivet, etc., et bien d'autres après eux.
Quand fera-t-i! retle reforme ?
Quand le Juste-Milieu sera tout-à-fait enfoncé.
Quand le Ju^.te-Milieu sera-t-il lout-à-fait enfonce' ?
Quand le peuple sentira qu'il n'a fait que perdre à la re'volution , qui lui a promis plus de beurre que de pain ,
Quand il verra que les inîpôts augmentent au lieu de diminuer,
Quand il s'apercevra que tout tourne à une ruine ge'ncrale,
Quand il se vengera du Juste-Milieu par tm Juste-Me'pris", et le traitera comme il le mérite.
Quand tout celfi arrivera-t-il?
Quand la misère déjà trop certaine nous accablera tout-àfait , ou que la guerre viendra consommer notre ruine.
Quand venons-nous cela ?
Bientôt , à moins que le Juste-Milieu ne revienne au bon sens?
Quand y reviendra-t-il ?
Quand Quand les coqs auront des dents.
Une gazette du midi se demande pourquoi la chambre des dc'pulcs , s'e'rigeaut eu assemblée constituante , a proclame' Louis-Philippe roi des Français.
Est-ce parce que Louis-Philippe e>t un Bourbon ?
Est-ce parce que Louis -Philippe est revenu deux fois à la suite des Autrichiens, des Cosufiues et desPandours?
Est-ce parce que Louis -Philippe a demande à combattre dans les rangs espagnols contre Napoléon ?
Est-ce parce qu'en i8i5 il fit des proclama lions en faveur
de la iegitiniiiti et s'arma de noitveaic contre l'u^^rpateu^ et la cocarde de Jemmappes?
Est-ce parce que Louis-PLilippe a proteste' contre l'usurpation de Bonaparte et dit que le principe de la légitimité' e'tait la seule garantie de la paix en France et eo Europe?
Ce journal est bien curieux.... !
Eh (juoi! sous l'empire du Coq on persécute les Poules î
Siècles futurs pourrez-voiis le croire! Un maucht d'amei:er a ële lance ces jours derniers contre une pauvre Poule accusée de carlisme; elle avait cîle' vue dans un lieu suspect,
portant effrontément une cocarde blanche! Une cocarde
blanche! juste ciel !.,... Le paysan eut beau se débattre avec lek gendarmes , et leur expliquer comme quoi une poule ne pouvait conspirer , on les emmena tous deux , pieds et poings lies , par devant le juge d'instruction.
— Pourquoi ta poule a-l-elle arbore' la cocarde proscrite ?
Reponds, mise'rable Manœuvre sourde et coupable , exci-
talioD à la haine et au mépris du gouvernement.
— Bah! dit le paysan , il n'y a rien de tout ça. Je va vous conter le cas : C'est une jeune powlelte qui pondait, et, sauf vot' respect, vos fines mouches ont pris pom- une cocarde, l'oeuf qu'elle avait au... au... au.... vous m'entendez bien. Si cette couleur-là' les chagrine tant, qu'ils disent à nos [x>ules de faire des œufs tricolores, je n' demandons pas mieux; îBais où diantre l'autorité va-t-elle fourer son nez?
DIALOGUE
La scène se passe à Saint-Malo.
Le Pi'ocureur du Roi de Saint-M..., et M. le Maire de P ,
village à un quart de lieue de Saint-M... [Hislorique).
M le Maire. (Bégayant beaucoup. )
Mo.... o.... o.... sieur lePro....o.... eu.... eu.... eu.,., eu.... reur du roi, je.... <■. .. e.... viens à vos.... os ordres. Le Procureur.
Fort bien , monsieur. C'est pour m'informer des auteuis du délit qui a été commis le 29 juillet dans votre commune , et vous remettre les trois mandats d'arrêt que voici, afin que tous en remplissiez les blancs.
Le Maire.
Je.... e.... e.... n'sais pas c'que c'est, mo ... o.... sieur le pro... o.... eu.... eu.... u.... reur du roi , je n' ce... o.... o...^ nais pas de délit.
Le Procureur.
Écoutez, monsieur, voici un rapport fait d'après M. D...^.*y un des citoyens les plus honnêtes de la ville.
Le Maire.
Mo.... o.... siaiir D.... D.... D.... c'es.... est un c^.... ca.... ca.... aHiste, et pa.... ar con... on.... on.... se'q lient il a inen... en.... en.... ti.
hc Procureur.
M. D....est un très-honnête homme, monsieur, et il assure que le drapeau a e'tc jeté' par un impertinent du haut du clocher en bas, et cela dans le cimetière , ce qui est d'autant plus fâcheux , que ces gredins de chouans ont cru qu'il voulait le faire enterrer , et vous concevez , M. le maire.... Le Maire.
Mais mo.... o — sieu, j' vous.... eus d'mandepa.... ardon , c' n'est pas un im....im.... pertinent.
Le Procureur.
Comment, monsieur, ce n'est pas un impertinent! et vous allez le défendre? je prends note de cela; mais suivons. On ajoute que deux individus passant par-là , se sont jetés sur le drapeau pour le déchirer, ces individus ue sont pas tîes carlistes peut-être?
Le Maire.
Non, du du tout Mo.... o... sieur, c'est.... Z,e Procureur.
Cela suffit monsieur, continuons. On dit qu*eo6n comme on poursuivait l'un d'eux, l'autre a emporte' l'oriflamme aux trois couleurs et a disparu sur les sables de la mer. Or, ici il y a un délit , et vous devez connaître leurs noms. Le 31 aire.
J'ai i honneur de Yous o — o.... observer que que que que c'est ti.... ti.... ti.... ti.... nulile, ca.... ca.... ca.... car les cou... cou... cou... cou... cou....
Le Procureur interrompant.
Comment, monsieur, inutile? et si on laisse de telles insolences impunies , dai.s six mo^s d'ici il n'y aura pas un drapeau tricolore en France , et avant quinze jours il n'y en aura pas un dans la Bretagne; ces chiens de carlistes! Le Maire.
Eh bien! c'est c'est c'est ju.... ustemeut ça; qu'est-ce que que que vous... eus... on; von... oulez f. . f.. f.. f.. faire à à à à des chiens ?
Le Procureur.
Pas de plaisanterie, monsieur le maire, ou je vous regarderai comme complice ; sachez remplir votre devoir , et que d'ici à ce .soir je connaisse ceux qui ont lacéré notre diapeau , ou plutôt que ce soir ils soient à ma disposition.
Le Maire.
Mais, mo... o.... o.... sieur , co... co... ce... comment faire ça ça ça ça....
LiC Procureur.
Vous m'avez entenrlu, monsieur, qu'on ne rdpMque pas.
Le Maire-.
Mais, monsieur, l'im impertinent qui qui a jetc' le drapeau, c'est le vent , et ceux qui qui qui l'ont de' <'e'. .. de'...
de de'.... de' de'.... cliiréc'e'taient des... es chiens.
Le Procureur.
Comment, monsieur
Le Maire.
Je dis que que que le vent a a a je e... te' le dra.... a
a.... peau parterre et et et que que que des cliieus l'ont.... ont de'chii'c'.
Co — co.... comment von ... ou ou'ez-vous que que que
l'on arrête le vent et qn....qu.... qu'on traduise des chiens en police co,... co.... correctionnelle.
Le Procureur.
Mais, monsieur , que ne pariiez-vous ?
Le 31 a ire.
Eh! Mo... o... o... o... sieur de... de... depuis a.... une heure je ne fais que cela, Mais leju... ju... juste milieu n'^coii... coule persorine.
C'était pendant une nuit du mois d'août i83o, je rêvais que fe'tais à Paris , sur la place du Palais-Royal, au milieu de ce bon peuple, qui ne cessait de crier : f^ive la liberté .^ vii'c la charte, vii'e le Roi-citoyen ., et mille autres vivats, tous trèsdivertissans pour les amateurs. Je voyais sur le toit une brillante compagnie, an milieu de laquelle s'élevait un personnage fantailique , aff'iblc' des attributs de la déesse de la liberté, qui jetait au peuple, d'un air goguenard et ironique, une multitude de petits papiers sur lesquels on lisait : Programme de Vhôtel-de-ville , ordre public , reconnaissance des puissances étrangères, confraternité avec les Polonais, sympathie avec les Belges, révolte des Italiens, honneur au héros des deux mondes ! Cette dernière devise m'c'chut pour ma part, je la lus à un de mes voisins qui me dit aussitôt : Levez les yeux, il y est aussi; je le vis en efï'et, cet enfant gâte de toutes les rëvolulions, ce courtisan de rois devenu en 89 courtisan de peuple , pour être lo premier de celte nouvelle cour, ii était obséquieux envers son maîlre , attentif à ses moindres caprices, au point d'ôler sa perruque brune chaque fois qu'on chantait le 4*^ couplet de la Parisienne , afin que chacuu pût hurler sans contresens visible , c'est la liberté des deujc mondes, c'tiJS,\.Lafayette en cheveux blancs; cependant je crus apercevoir sur sa figure /207?/e77^uc quelque trace d'iuquie'tnde, j'en fis part à mon voisin, qui me dit : Ce n'est rien, tout
an plus un regret , peut-être le souvenir de ce pauvre cheval blanc sur lequel il carracolait en 89 p(iur faire le joli cœur. Oh ! que non , dis-je à part moi , ce n'est pas cela , il y a qtielque anguille sous roche. Au même instant un (onnerre lointain se fit entendre, le ciel se couvrit de sombres nuages, le brillant soleil de juillet parut s'cleindre à l'horizon, toute la compagnie s'eclipsa en un clin-d œil , la foule epouvantce s'enfuit, les attributs de la liberté disparurent ; il ne resta sur le toit qu'une grande machine mue par des hommes d'assez mauvaise mine. Je crus d'abord que c'était le glorieux moulin de Jemmappes. Non, me dit l'un de ces hommes, c'est le grand tciJgraphe, admirable instriunent de gouvernement, «qui nous sert à fabriquer » les nouvelles et à groisir le Ijudget. Regardez , vous allez le I) voir travailler. » Tl tira aussitôt une corde , et la machine fit un craquement terrible; à ce signal , je vis sortir de toutes les maisons une grande quantité' d'hommes pâles et défigures, leur front portail la sombre empreinte du malheur ; ils étalèrent tristement sur la place leurs meubles, leurs linges, leurs lils,en s'e'criant douloureusement : «Tout cela est à vendre, qui viendra nous acheter ? » Alors l'homme du toit cria a son tour : LIBERTÉ, PROSPÉRITÉ, ABONDANCE! vendez, vendez et apportez voire argent , la machine à longs bras vous appcrte une bonne nouvelle. A l'instant il fit paraître un transparent fuv lequel on lisait victoire complè/e ! Ceux qui n'avaient pas vendu paraissaient alors satisfaits. Rentrons chez nous, se disaienî-ils , demain nous vendrons mieux. Ils rentrèrent donc, et les hommes (h) toit se pavanèrent. «Voyez, disaient-ils, comme avec un peu de gloire en transparenîon satisfait ces bonnes gens.» Celte plaisanterie m'irrila. Croyez-vous, leur dis-je, que ce moyen roussisse Long-temps? Oh! reprit-il, nous en avons bien d'autres à notre disposition ; et en disant cela, il me de'roula avec volubilité' une si grande quantité d'c mensonges , de mystifications , de tours de passe-pas^e , que si je ne m'clais rappelé par hasard la charle-bcrard, j'aurais cru que celte pauvre vérité à jamais ensevelie sous tant de déceptions , avait pour toujours disparu de ce u)onde. Je m'apprêlais à lepliquer, mais il ne m'en laissa pas le temps; au moyeu d'un tube qui! dirigea contre moi, il me lança ime si grande quantité d'eau que je fiis inonde' de la tête aux pieds. En même temps il frappa trois coups sur la machine, et j'en vis sortir un immense essaim de mouche» aruices d'a'guillous. Elles se seraient sans doute jetées siu- moi , SI un coup de canon tiré aux Invalide» ne m'eût réveille' on sursaut. C'était le roi-citoyen qui allait au Chanip-de-IMars. Sur !-on passage , le peuple cririt f^ii'e la liberté ! et je me rappelai avec émotion que c'était ainsi que mon rêve avait commence'.