VOILA DE L'HOSPITALITÉ I
Nous nous empressons de donner aux lecteurs de la Foudre des détails qui nous ont été transmis par csû Français arrivé récemment d'Edimbourg, et témoin du départ de l'auguste famille exilée.
« Dès le matin le bruit des fanfares se faisait entendre, le Rojc.l- Ecossais , en grande tenue j était rangé en bataille sur la place du château. On attend... tous les yeux sont tournés vers la porte... elle s'ouvre... Au milieu d'un brillant état-major on distingue un jeune enfant revêtu dr
V uniforme de la garcle royale de France! Sa déniarclie fst jioblc et gracieuse ; mais une teinte de tristesse est répandue sur ses traits; sa jeune ame paraît absorbée pai* de tristes souvenirs... c'est Mgr. le duc de Bordeaux I II se rend aux vœux dij Roj-al-Écossais , car les chefs de ce régiment ont sollicité du roi l'IioMneur d'être passés en revue par le jeune prince avant son départ. Au moment où le royal enfant arrive à la tête du régiment, le chant français se fait entendre : l'air chéri de p^ive Henri //^retentit dans les airs , et s'unit au cri mille fois répété par la feule accourue : F^ii'e Henri de France! vive le duc de Bordeaux ! A ces acclamations la figure du jeune prince paraît se ranimer^ ses yeux se remplissent de larmes; il presse la main des officiers qui se trouvent près de lui, et se retournant vers son gouverneur, il lui dit à demi-voix : Ah! M, de Damas^ si c' étaient des Français !
« Après avoir parcourti les rangs , le duc de Bordeaux fut conduit dans une salle de la caserne élégamment ornée ; on y avait dressé un trône entouré de drapeaux blancs et surmonté des armes de France saris collection; il s'y plaça avec une aisance qui prouve qu'il est dans sa destinée de n'avoir pas d'autre siège , après quoi le colonel du régiment le pria d'accepter un déjeûner qui se trouvait préparé dans cette salle. Le prince voulut le faire asseoir à ses côtés, il s'y refusa, iie voulant, dit-il, d'autre honneur que celui de le servir. Après ce repas, pendant lequel les vœux les plus sincères avaient été exprimés pour la conservation et le bonheur de l'enfant de la France, Mgr. le duc de Bordeaux monta dans la voiture qui allait l'enlever à l'Ecosse, et jeta un dernier regard, un humide et long regard, sur ces montagnes qu'il parcourut pendant dix-huit mois, et où il laissera tant de souvenirs nobles et touchans! »
C'est ainsi qu'en l^cosse on sait honorer et respecter les royales infortunes. Il lut un temps où la France méritait aussi le noble titre de terre hospitalière; à présent elle fait traîi>er an^ frontières les princes qui lui demandent asile. Gloire et honneur au trône de juillet I ! ! !....