‹ [Les Cancans]Chapitre 193 sur 297 · VOUS NE DÉMENTEZ PAS UNE RACE FUNESTE · texte numérisé non relu

VOUS NE DÉMENTEZ PAS UNE RACE FUNESTE

« Mon père a mangé du Suisse... j'en veux manger aussi, » s'écriait un vainqueur de juillet en se jetant sur un malheureux soldat de la garde protégé par de dignes gardes nationaux ; lui, que dit -il? u Mon père a tué un roi , et je veux , moi , tuer une princesse H! »

Ce que c'est que Vémulatioii dans les familles!!!

La ducliesse de Berry en cour d'assises ! La sale- main d'un agent de police ou de gendarme , osant saisir le bras de la femme la plus noble , la plus; intéressante , la plus héroïque des temps modernes I celle que le peuple appelle encore la bonne duchesse, sur la sellette , ^n face de robins parjures, et forcée de répondre à un procureur du roi Louis-Philippe !I! Us savent bien que cela n'arrivera pas ; ils sentent aussi remuer en eux le sentiment qui leur dit que l'illustre proscrite est en sûreté partout , fut-elle réduile à frapper à la porte des plus grands ennemis de sa famille. Mais ce tableau qui les reporte à leurs beaux jours des con«?amnations de Marie-Antoinette et d'Elisabeth , énioustille leur vieille imagination de crime, semblables ij cet autre infâme dont ils sont dignes et qui , pour rappeler ie mot de Mirabeau , badinait avec la scéléra;tesse sans jamais en finir avec elle.

Deux ceignes magistrats de Poitiers ont quitté noblement leurs sièges sur lesquels le juste-milieu vient de vomir sa boue , n'y pouvant jeter du sang.

Que l'histoire grave les noms de Roques et Parigot à côté de ceux des Brisson , des Larcherl Nous , en leur payant aussi notre tribut de respect et de reconnaissance , nous inscrivons dans notre recueil la preuve que le peuple aussi a vu avec horreur l'acte dont il s'agit.

A Véditeur des publications de la Foudre.

Monsieur, l'arrêt de la Cour royale de Poitiers qui met en accusation son altesse royale madame la duchesse de Berry vient glacer d'horreur toutes les âmes honnêtes. L'indignation que fait naître cet acte abominable ne doit pas se bornera un silence qui serait coupable. Il est temps que les royalistes se réunissent , non pour s'inscrire à force ouverte contre cette infamie, mais pour se déclarer complices du prétendu attentat imputé à S. A. R. , afin d'encourir la même peine. Il faut que le nombre des prévenus effraie les bourreaux ! que dans chaque ville , tous ceux qui croient que c'est une noble action de se jeter entre la France et les étrangers coalisés contre elle, que c'est une noble action de

( 7 ) défendre les droits de son fils, d'arracher notre patrie aux fléaux qui la dévastent , aux malheurs plus grands qui la menacent encore, osent se prononcer, et portent leurs noms à l'autorité judiciaire... Alors nous attendrons l'issue d'un procès qui réveille les souvenirs affreux de g3! Un grand nombre de personnes sont prêtes à sousa'ire à l'acte qui les impliquera dans cette affaire.

J'espère qne voudrez bien insérer cette lettre dans votre estimable collection, et recevoir l'assurance du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être votre serviteur ,

Depaix , maître charpentier, passage St. -Maur , faub. St. -Germain.

ÉCLATS

Chose, lorsque la nuit nous rend l'obscurité^

En paraît, dit-on, attristé; Aurait-il des remords? D'une épine cruelle Son oreiller enfin serait-il rembouré , ' Et de spectres vengeurs se croib-il entouré?... Non^ mais c'est cjue le jour épargne la chandelle!

On annonce que la session ne comm^encera qu'avec le dégel. Gare la débâcle!

Depuis qu'on distribue le Bon Sens à Paris, CharentoU; Bicètre et l'hôpital sont trop petits.

Gratz ou Graetz, est une ville agréable à 70 milles de Vienne; de l'arsenal, situé sur un rocher élevé, on jouit d'un coup-d'ceil magnifique; la couronne ducale est conservée dans le palais impérial de cette ville... On lui confie en ce moment une autre couronne que bientôt, nous l'espérons, nous défendrons nousiiicmes.

LE COQ GAULOIS

Air : j4h! le bel oiseau.

Ah ! le bel oiseau vraiment Qu'à nos drapeaux chose

Impose !

Il vol', c'est assurément L'emblèm' du gouvernement!

Pauvre coq ! pourquoi vouloir Si haut prendre ta volée !

Garde à toi ! sur ton perchoir

T'as l'air d'un' poule mouillée !

Ah ! le bel oiseau, etc.

Pour ta fortune d'un jour Ne fais pas tant de {;iries !

T'es toujours dans la bass'cour, Quoiq'tu sois aux Tuileries I Ah ! le bel oiseau , etc.

Le lion t'attend... quand pars-tu?

Est-c' que tu craindrais les {jnioles?. ., T'as les ailes dans la fjlu :

T'es tombé dans 1' pot aux colles I Ah! le bel oiseau, etc.

L'aigle, pourquoi le changer?

L'aigle et toi sont parens proches :

L'un volait à l'étranger, Toi tu voles dans nos poches.

Ah! le bel oiseau, etc.

L'on afssure qu'à ta voix L's esprits tournent le derrièi'e.,.

Il paraît que plus d'un' fois T'as chanté d'vant 1' ministère.

Ah I le bel oiseau , etc.

C pouvoir de ton cri perçant Pourtant je n' puis le reconnaître j Car je sais un revenant Que tu n' f 'ras pas disparaître !

Ah! le bel oiseau vraiment Qu'à nos drapeaux chose

Impose ; K vol' , c'est assurément L'emblèin' du gouvernement!

Le Ceev. DESCRIVIEUX ,

Ex-aide de camn de feu M. Henri do la Rochejaquelia ,

Editeur rue Ptousseiet n" 5.

SE A^END

Au bureau des publications de la Foudre, rue Rlchepanse, n" i-

rv>n. — Imnrimerie de V' THUIU, i-ue du Cloître Saint-Benoît, n» 4-

SE Vi:,Ni) :

Au bureau des publications de la FOUDRE , rue Ricliepanse, n* i. i^\%\^■»\%»\^■x\\\w»^v\'^■*•»•il'a^^♦-*1^»*%^^^.%^^■»t■v■»\\v\.\\\v»vv\x\»

"CANCAKiÈRF.

Le lauvicr seul préserve de ]a foudie.

LES CA?vCA^'S.

Ce n'est point ici l'éloîîe d'un académicien qui s'étend, tîoiir dormir, sur le fauteuil où son devancier s'est endormi et qui, sur le point de commencer son somme, énuinère en style poétique, politique, emphatique, empiiijjourique et surtout léthargique, les titres littéraires de cette ininiortal/tfi morte qu'il remplace : c'est plulôt le mot de rejjret énerffiqtie^ le cri d'éloge sincère qui s'échappe de la bouche d'un soldat, envoyant tombera ses côtés son frère de caserne et de bivouac, dont il va occuper la place; c'est ce qu'il dit en se baissant sut" lui pour prendre les cartouches

qwi restent dans sa giberne « Bon Français troupier

fini — vengeo.vs-lel.... »

C'est une oraison funèbre qui en vaut bien une autre , n'est-ce pas? — oui, et nous qui nous jetons pour boucher un trou tait par le boulet du réquisitoire, dans les rangs des troupes légères du bon droit , nous avons aussi un éloge, un regret pour le combattant dont la place nous est échue.

Erave compagnon, pardieul vigoureux troupier dont le

fusil n'a jamais fait long feu Pan!... pan!.., oblique à

-droite!... oblique à gauche!... et l'arme blanche!... pas de charge!... enfoncé les Cosaques de Gisquet!.. Avec lui un coup n'en attendait pas un autre. Qu'il s't-sa.'i't bien ! Autant d'ennemis devant lui, autant d'atteintes snijasle-wilieiiy

et avec lui pas de ces blessures dont ou revient non!

sa balle avait été mâchée par le peuple. C'était avec les aspérités que lui avaient imprimées les dents du peuple, aiguisées par la misère, qu'elle arrivait. Qu'elle frappait, qu'elle s'enfonçait d'ans la chair ministérielle, pour n'en plus sortit.

Le peuple! on a vu ce qu'il pouvait quand les circonstances l'improvisaient sold.tt, le juste-milieu saura par les Cancans ce «qu'il peut t|ua:id les dét.eptions, rindignalion, le dédain , la moquerie , le font po<te . publiciste , satirique I

Les Cancans ! c'était la voix du j ciqjle, c'était un écho ne faisant qu un cri, de ses mille cris de place publique,

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(rcstaminct, de CliaiJi[)-de-Marfl, d'émeute ou de fête,. oui, n'en faisant ([u'uu seul cri, et pour cela péi)étrant adinilablcnicDt bien leur sens, et les traduisaiit eu termes vifs, pittoresques, colorés, saisissaiis de raison et d'à-propos coMune en trouve le peuple ([ui le faisait parler.

Et remarquez le pas ininicriSe que la raison pub!;f(ue a faite sous cette airulissantc. leslaiiralion i\\x\ a donné mal au cœui" d'un nommé Montalivet! Approchez les Cancans de ces turpitudes écrites de «ran;} et de fange dont le peuple se ré{;alait aux beaux jours du père Duchesiie et du procureur de la lanterne^ et dites-iuoi.si ce n'est pas passer du bouge le plus infâme où l'oiî assassine \cs honnêtes gens, au saloii d'une bonne et honnête maison , où l'on se moque amèrement ii est vrai mais avec une sorte de décence, des sots et des fripons.

Oui, le succès de ces feuilles légères que la muse du siècle a recueillies, n'a étcaussi complet que parce qu'elles ont parlé au peuple le seul langage qu'il puisse aimer, maintenant qu'il est las de cetfî soûlerie qu'on lui a faite avec la liberté et ta gloire, maintenant que la même ripopée offerte le dégoûte sans le rassasier.

Et puisqu'il en revient aux choses naturelles et saines , puisque sc:i instinct de conservation lui a fait porter la main sur la nourriture qu'il lui faut, nous lui en moudrons du bon grain..,, il y a si longtemps qu'on lui sè^ne de l'ivraiel Honneur à crlui (jui l'a mis en appétit! Nous tâcherons de i'itniter : comme lui nous savons t[ue même au pain de vérité, pour des estomacs blasés, il faut du sel .. du sel! nous en égrugerons jusque sur le dos du juste-milieu... du sel I il lui en faut : il demande tairt qu'on le conserve ! !

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