PETITES AFFICHES DE LA FOUDRE
Fente de chevaux et de voitures. A vendre et non à louer, grande voiture de nouvelle invention. C'est une espèce d'omnibus, qui tient du fiacre, du pot-dc-chambre et de la charette. Quoique à pompe, elle roule dilllcilement et est sujette à rester dans l'ornière. Elle pourrait convenir à l'entreprise des déménagemens et des pompes funèbres; si l'acheteur veut en débarrasser prcmptement le vendeur, on la fera partir' en d'/Z/^'-e/ice, maison ne répond pas qu'elle ne versera pas en route.
S'adresser place du Carrousel. On prévient que ce n'est pas le char de l'arc de triomphe.
On voudrait trouver vni cheval pour une demifortune, qui pût servir en même temps à la selle pour les enfans de !a ii^aison qui aiment à jouer aux soldats, à iaire Je service d'un puits à n/ae à Ncuilly , et porter au marché
les légumes d'un jardin nouvelleiuent plante. On y mettrait jusqu'à o5o fsancs. "
S'adresser à M. Pincemaille, rentier. à ISeuilly.
Demandes particulières : Un cliaudionniei- ruiné
par le juste-milieu se recommande à ceux qui font métier de le soutenir. Quand 1 un cireux reiournera dans sou pays, il sfi fait forl, moyennant une lé;;cre rétribution, de l'accompaîjner avec une voiture cliargée des instrumcns de son état , qu'il distribuera (jratis aux cbarivariscurs et tapageurs qui saluent d'ordinaire l'arrivée de ces messieurs. II est parvenu après de longs travaux, à donner un so>'. très harmonieux aux chaudrons, poêles et poêlons /de cette manière, ceux qui l'emploieront ne seront pas plus désagréablement affectés de cette musique que d'une ouverture de Rcssini au grand opéra.
S'adresser, rue du ;;rand Hurleur, n° 221 .
Ln député du centre, que les interruptions et les
approbations fatiguent beaucoup, voudrait trouver un nain iiilelligentcju'il put mettre dans sa poche , p'iur crier quand il le pinceriiit : Très-bien! Ah! ah! Oh! oh! la clôture! Ce petit homme , se trouvant à la hauteur des circonstances, - ai'.r.iit, après la session , une bonne place pour récompense.
S'adresser a M. Ma"*"** de M****, au télégraphe à Montmartre. La taille du demandeur est connue, quant à sa poche, elle existe, on l'a mise à l'épreuve, elle est solide.
M. Fontaine , architecte, prie les personnes qui ont
des pierres à jeter au. juste-milieu, de les apporter aux Tuileries, où il s'en fait une grande consommation.
Meubles à vendre. Ua très beau lit de quatre pieds
de large , avec ses matelats, sommiers, lit de plumes , traversin et deux creillers. Il a appartenu à Mademoiselle Trois étoiles.
Une bergère un peu passée provenant du même mobilier, elle a beaucotip servi; mais malgré l'usure, on apperçoit encore les roses de sa tapisserie , et surtout les boutons. Rue Neuve-d'Orléans, n° 54-
Un sopha excellent pour la n.igrainc et le mal de
cœ//r. -S'adresser pour le voir, au r.oiîvel intendant de la liste civile.
Un fauteuil mal garni, i5ou 20 pliants de cour,
cinq tabourets ministériels, formant cn'toat un bon étal de sièges. On remplaccia si l'on veut les tabouicis par des sellettes. Place du Palais de Justice, n" 10.
yUmçnci s. On va établir deux nouvelles lignes de
voitures-omnibus. L'une, les Carolijies, conduira de la barrière du Trône au Louvre ; l'autre , les Orléanaises , du Louvre à la place de Grève.
M. Dugazon., coiffeur du héros des deux "Mondes, va
mettre en yente les vieilles perruques de sa pratique... Avis aux persfxines qui tiennent aux uionumens kistoriques! ou [)révient cependant qu'elles manquent de toupet. Les amateurs sont priés de se dépêcher, car le théâtre de la Gaîté eu a déjà fait cHrir {jros, pour eu coiffer les niais de ses mélodrames.
Des professeurs connus pur des succès qui font
beaucoup d'honneur à leur siècle , se proposent d'ouvrir incessimment un cours de paradoxes dans lequel ils démontreront entre autres vérités :
Que plus le peuple paie d'impôts plus il est riche ;
Que 1 3 fait moins que g ;
Que le meilleur sceptre pour en imposer à la France est un parapluie;
Que la nationalité de la Polo<;ne n'a pas péri ;
Que ie mot sur veut dire sous , et qu'enfin avec iSmillioiîS ()!i a tout au plus ce qu'il faut pour faire retaper de temps en temps un chapeau gris, rafraîchir la cocarde, boire un verre de coco 'faire mettre un bout à son riflard, et qu'on n'est, à tout prendre^ c{u'un pauvre homme!
S'adresser pour les conditions de ce cours au bout du Pont-Royal, demander MM. A., B.^ C, D.^ depuis une heure jusqu'à cinq; passé cette heure, ou les trouvera dans la salle à mander du i^' ministre quel qu'il soit.
GoZ'eZe^i/zo , professeur de physique amusante, pres-
tigitateur du roi de Maroc, fixé depuis quelque temps dans celte ville , donne à juste prix des leçons de son art merveilleux. Plusieurs grands personnajjes qui se sont adressés à lui sont déjà fort bons escamoteurs. C'est lui qui a nîontrc à madame la baronne de .1 enchère le tour de l'espagnolette,' et à ?tî. de Schonen le tour du bâton qui îui a valu taîit de succès à sou passag-^ par Moulins. iMais sou plus fort élève est ce gros cjui dit avec tant de bonhc^niie , après avoir tout mis dans le sac à la malice, rieji dans les mains, dans les poches I C'est pour lui que la \)oudve prelinpinpin semble avoir été inventée. Ilsignor Gobeletim, sous les auspices de ce trèsillustre protecteur, travaille à une autre 'poudre merveilleuse dout son très-puissant élève sentira le premier les effets..... et c[ue l'on connaît vulgairement sous le nom de poudre d'escampette.
ÉCLATS
Tous les révolutionnaires présens, passés et futurs , .soit • ju'ils appartiennent à la meilleure des républiques, ou à la ]>ire des républiques, sont nos ennemis. Nous tes poursuivrons, nous les démasquerons, et nous les combattrons sans relâche comme tout bon chrétien doit combattre les sept
( 7 ) échés capitaux. Ceci soit dit une fois pour toutes, llainc à a révolution , fidélité à la monarchie légitime et à pas d'autre!... Voiià notre devise.
u Qui l'a fait roi ? Je ne répondrai pas comme ce personnage tragique : La victoire I Je répondrai : le hasard, l'inti igiie,la fraude, le portefeuille de Laffitte, la commisérailou de Lafayette , et peut-être une secrète envie d'abaisser la royauté en montrant sur quelles tètes Dieu dans sa colère jette quelquefois les couronnes.
vCour d'assises de la Seine, audience du i4 septembre}.
Depuis les ovations obtenues par M. Odilloii-Barrot à Strasbourg et à Lyon , la meilleure .des républiques a pàii, sa scBur akiée , la république de ce bon M. de Robespierre, a repris couleur. Elle devient de jour en jour d'un rouge plus foncé. Quand Odillon-Barrot sera ministre et Lafayette commandant en chef de- la milice citoyenne, le drapeau tricolore sera sang de bœuf.
On ait qu'an va défendre de chanter la ballade de la Dame blanche , parce que ces vers souvent répétés : Prenez garde!
La dame Llanche vous regarde!
empêchent T^f. Chose de dormu', et donnent le cauchemar à ]\Ime Athalie qui n'est pas blanche du touti
Lemierre avait trouvé le vers du siècle :
Le trident de Neptune est le sceptre du monde.
Le comte Lobeau a trouvé le mot de l'époque : Quel gacliis I Qui a dit cela? Quelqu'un qui se connaît ea gachis... M. de Talieyraud.
Il y a maintenant en France cinq hommes émincmnient recommandables sous cert (in rapport , ce sont : MM. trois étoiles, BricquevilUîi Vidoc, le marchand de fusils et Cadet l'apothicaire..,. Oh I diable I nous oublions M"*^ Athalie 1
LE MARCHAND PARISIEN EN i832.
A IX : Trou la la.
Je n' vends rien I
Quel moyen Que le commerce aille bien I
De not' bien
Le gardien Prend tout et n'achète rien.
En vain crai;;nant les cass'cous Le juste-milieu chez nous ,
R' tient les pavés dans leurs tio-us , L'commerce est resté dessous.
Je n' vends rien...
La Franc' par le slntii quù .
Dans son vin ayant mis d' l'eau, Il n'a faii, l' gros rocôco, Que renchérir le coco î
Je n' vends rien
En r voy.T.it dans 1' premier tems
Prendre la main des passans ,
Je m' disais: « Ces airs touchansl
« F'rout du bien aux marchands d' ^jantsl»
Je n' vends rien.,.
Pour des écus bien sonnans, Lui qui loge tant d' marchands , Devrait bien en même tems , Louer aussi des chalands I
Je n' vends rien...
Le sabre de nos héros Laiss' le gagn'-petit en r'pos ; Mais il compt' sur les journaux Tour fair' aller les ciseaux I
Je n' vends rien... 4
La conscience à Paris Se vend encore un bon prix :
Mais c'est un commerce pris Par Chose -et par ses amis.
Je n' vends rien. . .
On va mettre culott' bas ; Car les jacobins ont l'pas; Les drapiers ne sont-i's pas D'après ça, dans de beaux draps!
Je n' vends rien...
Plus de castors, des bonnets!
Plus de truffes , des navets î Et pour charmer nos banquets .
Plus d' chapons, mais des bisctsl
Je n' vends rien.. ..
.Quel moyeu Que le co!nmerce aille bien .
De not' bien,
Le gardien , Prend tout et n'achète rien.
Lr. CmEY. DiSCR'VlELX ,
Ex-aide 'îe carnn Je feu M. Henri de îaRochejaquel/n,
Edite L'R rue P.ousseiet n" 5.
unis. — Imprim»rie de V' TBUAU, rué du Cloître Sjint-CsnsU, n» l^.
SE VEND
Au bureau 'les publications de la l'OL'D/lE , rue Richepanse, n" r. *v»•v\■«vlVl,■v■»»\*v%*lVWV*'^^x■»\t^^\'«\\■*>^^\x»A\^•^1^•^^■^■^•^.■»;^,V»/v%,^