LE PANTHÉON
Image de la France telle que la révolution l'a faite , de ]a jeune France, pour nous servir du mot teciinique.
Gigantesque et fragile : ses pieds chancellent sar des abîmes, et sa tète semble toute prête à écraser ceux qui l'admirent.
De loin il vous en impose, on entre, ce n'cNt (|ue p'itre «:t cartonnage, rien ne vous remue, un froid triste et glacial vous saisit.... c'est un temple sans dieu , une tombe sans un mot d'immortalité.
Ouvrage jamais achevé, chaque ministère qui passe y
met une pierre qui 1<; dé(;{;urc plus ou moins, il {]raUc le frontispice , et il se sauve vile de peur d'eu elre éciasé.
Et le colosse n'en reste pas moins lourd, juenaraut, incomplet.
Après Voltaire Marat , après Marat les sénateurs de Bonaparte, après les sénateurs de Bonaparte, les héros de juillet : c'est l'atliéisme conduisant au crime, le despotisme rc.n:placé par le ridicule.
Pauvre Panthéon ! pauvre France (hi juillet I ils sont penches l'un et l'autre s-!us le poids du ridicule de la cérémonie qui a consacré nos héros derniers faits, et des vers qui les ont célébrés.
Ceux qui pie..- eusement sont morts pour la patrie. C'est à ne pas s en relever i
Et puisqu'd est question de vers et de Panthéon, qu'il
nous soit permis de citer une sinj>ulière prédiction faite en
i'j83. Nous avons le volume entre les mains, c'est un
dictionnaire]des hommes célèbres: on lità l'article Souflot ;
Templum augustuin , in^ens , reginà assurait in utbe;
ITrbe, et patronà virginc, d-j^na doui-ws. Tarda r»mîs pielas, vanos moliris honores; jVon sunt hœc , cceptis , tcmpora digna tuis. • Antè deo in S4immà quàn^ templum erexeris arce , Impietasftemplis toile t, eturbedeum.