‹ [Les Cancans]Chapitre 202 sur 297 · M. POTASSE. M^ POTASSE, M. DU FOSSÉ ET UNE VOIX · texte numérisé non relu

M. POTASSE. M^ POTASSE, M. DU FOSSÉ ET UNE VOIX

M. Potasse , épicier-droguiste, comme chacun sait, après une journée où il n'a même pas vendu de la bonne réglisse aux successeurs des bons gendarmes, est renfermv dans son arrière-boutique , les branches de ses lunettes recouvertes

de son bonnet en poil de loutre , il jette un regard dolent sur son registre, aujourd'hui menteur pour les rentrées, comme un programme de juillet pour les libertés ; exemple vivant d'une autre déception , son épouse .madame Potasse, vous savez , cette petite et toute ronde femme, qu'un crayon malin vous a représentée à son départ pour le bal , s'occupe d'enlever à la robe qu'elle portait ce jour-là, sa brillante garniture... Elle en est, comme son cher époux , réduite au souvenir^ et des illusions de juillet , il ne reste plus à l'un qu'une caisse vide, à l'autre, qu'un satin fané, enjolivé de fleurs artificielles , et bon tout au plus pour une doublure.... Caisses vides, moins une, artifice et doublures, n'est-ce pas toute la révolution de juillet? Les deux époux épiciers sont donc tous deux sous le coup des plus tristes réflexions et de l'humeur la plus noire. Après un long silence, elle s'exhale dans les phrases suivantes, et c'est notre première scène.

M. POTASSE , calculant.

Cent livres de fromage de Gruyère, dix barils d'huile d'olives.

MADAME POTASSE , avec lin soupir.

Son fils pourtant, grand poulot, comme ils l'appellent, était uii bien aimable danseur !

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