MUSIQUE ENRAGÉE
Vous ne le saviez pas? Chose aime Vharnwnie. Parole
d'honneur, il voudrait voir, autour délai, régner une bonne harmonie ; il songeait l'autre jour à se composer une musique pour sa chapelle et ses soirées.
Mais les artistes coûtent cher. Après avoir brossé ses favoris, il lui vint bien en tête de s'adresser aux clarinettes de la loterie j mais il y a un qiiinc qui le poursuit, et en les entendant , il croirait toujours qu'il est sorli.
Il a bien songé aussi à faire marché avec le Sauvage et les musiciens du café des Aveugles; mais sa sœur lui a fait observer que les sauvages étaient passés de mode , et que SCS aveugles 'cuveraient avec le siècle des lumières.
Après bien des chiffres posés, bien des mais, bien des si, il a été décidé qu'il n'y aurait de musique aux Tuileries que celle c|u'il ferait lui-même en société avec ses proches, ses ministres et ses amis du juste-milieu.
La nouvelle société lyrique se recrute donc tous les jours, et compte déjà uiî bon nombre d'amateurs.
M. deTalleyrand, par souvenir' de son premier état, veut bien y laire sa partie de serpent. •
Madame la baronne de Feuchèro aura la direction des instrumens à corde.
Monsieur Athaliu donnera du cor.
Grand-Pouîot compte faire sa partie de inirliton ; il est déjà fort sur les airs : Molbi^oug s'en va-t—cn guêtre et Turlulu rengaine.
Ou confiera à M. Souk l'orgue de barbari...
Mon ami Barthe a pris les plateaux de sa balance pour faire des cymbales, qui déjà rendent un son fêlé.
M. Thiers a déclaré qu'il ne jouerait (}ue de la puchetic.
Enfin le chef d'orchestre , renonçant à son goût liéréditaiie pour le triangle d'acier, se charge de la. grosse caisse. Si jamais il la crève, sa sœur sera là pour lui donner une peau.