‹ [Les Cancans]Chapitre 25 sur 297 · LA VOLONTÉ BU PEUPLE · texte numérisé non relu

LA VOLONTÉ BU PEUPLE

Qu'est-ce ceci? tonnerre! voyons. « Le 26 juillet » Ça

me regarde; lisons. «Le 26 juillet et jours suivans 1789 »

Dis donc i83o! «En présence des mandataires de six millions

« de Français » Oh bien oui! en présence! on ne savait oi!i

les pêcher. «Des mandataires de six millions de Français »

Dis donc de quelques malins qu'on appelle électeurs, et qui se disent la nation. «On fit le dépouillement des votes des qua- « rante mille communes de France , convoquées extraordinai- « rement par le roi pour exprimer leurs opinions sur la Cons-

« titution du royaume » Décidément, il radote, il n'y a eu

de convoqués que quelques centaines d'étudians par les présidens de ventes de carbonari , et quelques pauvres ouvriers des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau par de gros manuiacluriers : les uns et les autres se souciaient de la Constitution comme de l'an ^o; mais ils se battaient comme des enragés. Cependant, voyons jusqu'au bout ce que dit ce rabâcheur. «11 « y avait unanimité dans les cahiers sur les trois articles suia vans, parce qu'ils exprimaient la volonté constante delà na- « lion dans tous les siècles.

« Art 1*^'". Le gouvernement français est un gouvernement « monarchique.

« Art. 2. La personne du roi est inviolable et sacrée.

« Art. 3. La couronne est héréditaire de mâle en mâle.

« Sur les autres points , 00 trouvait quelques divergences ; « mais l'immense majorité s'était prononcée en faveur d'un « gouvernem-ent analogue à celui que nous a donné , vingt- « cinq ans plus tard, Louis XVHÎ , qui avait bonne mé- « moire.

« Le 26 juillet i83o, le peuple jouissait en paix, depuis « quinze ans, de la Constitution qu'il avait demandée en 1789 , « et acceptée avec enthousiasme en 18 14» lorsque tout à coup « on s'écrie que la Charte est violée par des ordonnances mi- « nistérielles... Les bons Parisiens s'indignent , courent aux ar- « mes, combattent, perdent six mille hommes dan» la lutte... ;

« mais ils triomphent... On dt vait croire la Charte à jamais « conso!i''ce, p;i.s du tout ! Huit jours nprès ( le 7 août) , deux « cent dix-neuf'dcpiilf's , (jiii lo'is av.Mtnt solennellement juré, n an moins dix t'ois, ol)/issnnreà celle Cltarîe; qui venaient de « renouveler cesciii entdansles college^^'l(■ctol•3^lx ; (|iii avaient, « dis 'ieiit-ils , man 'at spcViil de ladefendie; qui enfin du l'ond « des caves (où ils .•^'étaient prudemment réfugies pendant l'pc- « tion ) avaient <^x(-if(= !e peuple à -e faire tuer pour empêcher « qu'on n'y poiîâl atteinte... , investis par la victoire tl'un pou- « vo.r dictatorial , la dcVhiièrent, dcclarèrcnt la monarchie une «république, déirôncrent les rois heie' itaires, bâclèrej-.; en « quelques heures (comme dilCormenin) une nouvelle Charfe, « élurent i.n nouveau roi, et rendirent laFrame lieureu.se et « florissante, comme chacun voit. Pauvre peuple! » Il est bon là , ce ciihsle, avec .son radotage de Charte et .-a France heureuse et florissante!... Liberté', e'gahte , e'meutes et re'compenses nationales, tonnerre! le reste, e'e^t des bêliscs.

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