‹ [Les Cancans]Chapitre 26 sur 297 · L'EMEUTE AU BUREAU · texte numérisé non relu

L'EMEUTE AU BUREAU

Ecoutez, messieurs et mesdames, voici un fameux cancrn, un on du, un bruit scandaleux, comme vous le voudrez. Non contente de régner en souveraine dans les rues de Paris, dans la Chambre des députés, et jusque dans le conseil des ministres, l'Emente a éîu domicile dans les bureaux d'une certaine préfecture. — Pas possible! — Pai'donuez-rooi, dans le cabinet même de M. le prélet. Or, cette (ois, elle n'était pas luiuuilueuse , innombrable, aux mille têtes : non , deux individus en faisaient les frais, le préfet et son secréiaire.

Les voyez-vous, le poing fermé, l'œi! en feu, les cheveux hérissés , se ruant en lions l'un sur l'autre. « Je suis maître ici, je suis préfet! — Moi , j'ai été secrétaire du grand Casimir ; j'ai appiis de lui à ne pas céder facilement ma j)lace ! — Vous sortirez d'ici! — Je ne sortirai pas! » et à chaque apostrophe résonnait un coup de poing en guise de point d'exclamation. Les employés, témoins de la lutte, se tenaient dans une respectueuse neutralité ; mais ils se promettaient bien , quel que lût l'événement , de se ranger du parti du plus fort ; c'est la règle. Bref, la victoire se balançait depuis long-temps, incertaine entre les deux champions, lorsque îe vigoureux préfet , cl'iui coup lancé d'une main sûre, abattit son rival à ses pieds. Aussitôt les as- .sistansd'appiau(!iret de congratuler le vainqueur; mais, hélas! il ne devait plus régner dans les lieux conquis par sa valeur : le .secréiaire , en se relevant tout poudreux de l'arène , appela de la victoire.

Le tiiomphe fut déclaré nul et non avenu , et le vainqueur renvoyé' par Ca^mir hors de cour et de la préfecture. Voilà ce

que c'est <\ue d'avoir cte secréiaire de M. Casimir ; on est naturellemctil bien ('ans ses papiers.

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